
On peut très certainement devenir bénévole par hasard au sein de SOS Faim que ce soit suite à une discussion ou au détour d’une rencontre sur l’un de nos stands. Afin que cet engagement « prenne racine », évolue dans la durée et s’épanouisse en qualité, de nombreuses activités sont ainsi proposées aux bénévoles et sympathisants de l’organisation. Parmi celles-ci, les rencontres en direct avec certains partenaires du Sud constituent assurément l’un des rendez-vous les plus prisés du réseau.
Ce jeudi 12 mai 2011, pas moins de 5 partenaires ouest-africains sont ainsi venus à la rencontre des bénévoles et autres sympathisants de SOS Faim. Cette table-ronde autour du plaidoyer politique revêtait un caractère exceptionnel de par le nombre important de partenaires présents. En effet, ces derniers étaient venus en délégation et en collaboration avec SOS Faim pour soumettre leurs revendications auprès de la 21ème Assemblée Parlementaire Paritaire (A.P.P) qui se tient actuellement, du 14 au 18 mai 2011, à Budapest.
Le film intitulé « Une question de développement » a été projeté en guise d’introduction à cette rencontre. Chacun des membres de la délégation ainsi qu’un permanent de SOS Faim ont poursuivi en présentant le travail de plaidoyer réalisé conjointement auprès des différentes A.P.P des années précédentes. Chacun, à tour de rôle, a pu ainsi s’exprimer sur le rôle et les retombées qui ont découlés de leur participation à ces APP.
A titre d’exemple, Nadjirou Sall, représentant de la FONGS (Fédération des ONG du Sénégal), a pu exposer à l’assistance ce qui constituait, selon lui, des apports et avancées concrètes induits par l’action menée par leur délégation lors des différentes APP ayant déjà eu lieu.
Il a tout d’abord soulevé la question identitaire et l’opportunité pour ces représentants de pouvoir prendre leur destin en main au travers des diverses actions. Il a ensuite enchaîné sur les conséquences positives de leur travail de plaidoyer en termes plus « pratiques ». Selon lui, la participation de ces représentants d’organisations paysannes aux A.P.P leur a notamment permis de connaître davantage leurs députés nationaux respectifs. Il s’est exprimé sur l’un des problèmes majeurs auquel le monde paysan est confronté. Celui-ci réside dans le fait que les politiques ne s’approchent pas (assez) des organisations paysannes (OP) afin de se rendre compte des réalités et difficultés du terrain vécues par les exploitations agricoles familiales. Rencontrer les politiques « face à face » permet ainsi, selon lui, de pouvoir discuter et exposer sans détour des réelles difficultés rencontrées par le monde paysan au quotidien.
Faire partie de cette délégation signifie également pour eux de pouvoir être au contact d’autres représentants d’OP venant d’autres pays. De telles rencontres permettent de mutualiser les observations et revendications de terrain afin que ces dernières puissent bénéficier davantage d’échos auprès des diverses parties présentes.
Enfin, il s’est exprimé sur un autre aspect de l’action de cette délégation qui est de sensibiliser les acteurs du Nord dans le but ultime que ces derniers puissent se rendre compte combien il est urgent que le soutien à l’agriculture paysanne soit à présent considéré comme un réel vecteur de développement pour les populations des pays du Sud.
La rencontre s’est prolongée au travers des interpellations des membres de l’assistance donnant lieu à des échanges de questions-réponses entre orateurs et public. Comme à chaque rencontre, la soirée s’est bien entendu terminée en discutant de manière plus informelle et dans la bonne humeur autour d’un buffet dinatoire. Ce genre de rencontre est riche tant du point de vue humain qu'informatif. Au delà de ces apports, cela permet surtout à chacun des protagonistes de pouvoir se conforter dans le rôle qu'il s'est donné pour le soutien et la défense d'une agriculture paysanne durable!
Cindy MAHIEZ, bénévole à SOS Faim depuis 2007