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Luxembourg: contre la spéculation sur les matières 1ères agricoles

[26-03-2013]

Lettre ouverte à M Jean-Claude Juncker, premier-ministre, M Luc Frieden, ministre des Finances, M Laurent Mosar, président de la Chambre des Députés.

Le Cercle de Coopération asbl appelle le Gouvernement et la Chambre des députésà interdire les fonds spéculatifs sur les matières agricoles domiciliés au Luxembourg !

Et ceci, afin que le Gouvernement demeure cohérent dans sa volonté infaillible de lutter efficacement contre la pauvreté et la faim.

Luxembourg, le 25 mars 2013

 

 

Monsieur le premier-ministre,

Monsieur le ministre des Finances,

Monsieur le président de la Chambre des députés,

 

Les associations membres du Cercle de Coopération des ONG de développement au Luxembourg, réunis en leur Assemblée Générale ordinaire le 19 mars 2013, appellent le Gouvernement et la Chambre des députés à 

 

Interdire les fonds spéculatifs sur les matières agricoles domiciliés au Luxembourg.


Le 17 septembre 2012, le Cercle des ONG et trois de ses membres (Caritas Luxembourg, ASTM et SOS Faim) adressaient une lettre ouverte au Ministre des Finances lui demandant de préciser les mesures qu’il pourrait prendre (sur les plans national et européen) en vue de limiter la spéculation financière sur les matières premières agricoles qui aggrave la pauvreté et la faim dans le monde.

Deux semaines plus tard, le Cercle des ONG publiait la première édition du « baromètre sur la cohérence des politiques luxembourgeoises pour le développement » (www.fairpolitics.lu). Sept exemples d’incohérence y étaient mentionnés, dont celui relatif à la spéculation financière sur les matières premières agricoles.

Peu auparavant, le 11 septembre 2012, Monsieur le Député Henri Kox adressait une question parlementaire (n° 2289) au Ministre des Finances afin de savoir si des Fonds d’Investissement dans les matières premières agricoles étaient émis au Luxembourg. Si tel était le cas, quels seraient-ils, quel volume représenteraient-ils et par qui ils seraient émis. Enfin, Monsieur Kox demandait, si le Gouvernement partageait l’idée d’une plus grande régulation de tels fonds.

Dans sa réponse écrite du 20 novembre 2012, Monsieur le Ministre a précisé que de tels fonds, émis par différents groupes d’origine étrangère, ne représentaient – au 31 août 2012 -, que 0,04% du patrimoine global des fonds d’investissement domiciliés au Luxembourg. Soit environ 900 millions d’EUR d’actifs nets. S’agissant de la nécessité d’une plus grande régulation, Monsieur le Ministre estimait que la régulation actuelle – tant nationale que communautaire – était déjà particulièrement développée.

Il semble acquis que de tels fonds domiciliés au Luxembourg sont marginaux, tant par leur nombre que par le total de leurs actifs, même si d’autres compartiments de fonds et de sous-fonds devraient augmenter quelque peu les montants avancés par le Ministre. Il est également communément accepté que ces fonds d’investissement favorisent la spéculation sur les matières premières agricoles et qu’elles contribuent ainsi à une plus grande volatilité des marchés. Cette spéculation a des conséquences désastreuses pour les petits producteurs agricoles en particulier et pour les populations vulnérables en général.

Si ces fonds d’investissements sont marginaux en les comparant au total des actifs des fonds d’investissement luxembourgeois, ils représentent tout de même trois fois l’APD 2011 du Luxembourg.

 

De tels fonds spéculatifs sur les matières agricoles pourraient être totalement interdits sans causer préjudice à la Place financière.


Notre Premier Ministre a rappelé dans la préface du livre de Jean Feyder, « La faim tue » (pp. 10 et 11) : « (Ö) Nous avons accepté que les jongleurs des marchés financiers avec leurs opérations de spéculations perverses fassent exploser aujourdíhui les prix alimentaires, mus par leur seule cupidité, et que, demain, ils fassent chuter ceux des produits alimentaires des pays en développement sans les moindres scrupules. (Ö) Accepter cela comme ëdommages collatérauxí est le contraire díune économie de marché fondée sur des principes éthiques. Cela, il ne faut pas seulement le rejeter, ceci est tout simplement criminel. »

Nous sommes bien sûr à votre disposition pour toute information supplémentaire. N’hésitez pas de nous contacter.

En vous remerciant pour votre attention, veuillez agréer, chers Messieurs, l’expression de notre haute considération.

 

Christine Dahm

Secrétaire générale
Cercle de Coopération des ONG de développement du Luxembourg
a.s.b.l.
13, av. Gaston Diderich
L ñ 1420 Luxembourg

Tél : +352 26 02 09 11
Fax : +352 26 02 09 26