Cameroun : ACDIC
Le contexte: . Dès 1995, le Cameroun
assiste à une explosion des importations de poulets congelés
venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine. Ces
produits sont vendus à très bas prix sur les marchés
locaux, dans des conditions d’hygiène désastreuses.
Dès 2001, la situation devient dramatique : les éleveurs avicoles
du pays ne peuvent plus écouler leurs productions et font faillite.
Le SAILD, Service d’appui aux initiatives locales de développement,
avait longtemps encouragé les paysans à se lancer dans la
production de poulets, secteur alors très rentable. Il endosse la
mission de lancer une campagne sur ces importations
: c’est la création
de l’ACDIC, immédiatement soutenue par SOS Faim.
Un projet au service de la population. Afin de réguler les importations et de relancer ainsi le secteur de production local, mais aussi tous les métiers liés (plumeurs, transporteurs, marchands, grainetiers,…), l’ACDIC mène campagne. Au Cameroun, mais aussi en Europe, car la problématique des importations est intimement liée à la politique européenne.
Des résultats sont engrangés de part et d’autre : au Cameroun, la société civile se réveille et entend bien faire bouger la classe politique ; en Europe, des bénévoles se mobilisent et récoltent à travers l’Europe plus de 65.000 signatures en faveur d’une réécriture des règles du commerce mondial.
Une campagne qui donne des résultats. Des quotas d’importation ont été établis et le poulet congelé est désormais soumis à une taxe qui le rend plus coûteux que le poulet produit par la filière avicole locale. L’ACDIC soutient les paysans dans la relance d’un marché local du poulet.
Par ailleurs, toujours plus active en province, grâce à une structure décentralisée, l’association mènera dès 2006 une nouvelle campagne sur la question de la souveraineté alimentaire : tomates, riz, céréales, … les combats à mener ne manqueront pas.



