Erythrée : Programme de Développement des Cultures Vivrières
Le contexte: Dans la moitié nord de la région administrative de Gash-Barka, à l’ouest de l’Erythrée, zone au climat sahélien, il n’existe qu’une seule saison pluvieuse de juin à septembre, de plus en plus courte à mesure que l’on s’éloigne vers le nord. Très variables dans le temps et l’espace, les précipitations consistent en quelques orages violents séparés par des périodes sèches pouvant durer parfois plusieurs semaines.
Dans ces conditions, sans irrigation, la culture de céréales (mil ou sorgho) ne peut réussir qu’environ 1 année sur 6. Cependant, la région est traversée par un grand nombre de rivières intermittentes, à sec la plupart du temps, mais qui charrient des quantités importantes d’eau dans les heures qui suivent chaque orage. En déviant une partie de ces crues pour l’irrigation de parcelles, il est possible d’obtenir d’excellents rendements de mil ou de sorgho. C’est ce que font traditionnellement certains paysans, à petite échelle, avec des moyens de fortune (pierres, branchages, etc).
Des projets au service des populations. En 2001, après avoir commandité une étude, SOS Faim a entrepris, en collaboration avec le Bureau Régional de Gash-Barka du Ministère de l’Agriculture, la réalisation d’un programme visant à créer ou réhabiliter environ 14 aménagements hydro-agricoles permettant l’irrigation de 1.355 ha pour y obtenir 1.211 tonnes de céréales supplémentaires par an. La technique pratiquée traditionnellement était, en effet, très lourde en main d’œuvre et ne pouvait se pratiquer que sur des surfaces limitées. Ces moyens modernes permettent donc d’étendre les cultures à des surfaces plus importantes. Outre les travaux de génie rural, le projet comporte également un volet de promotion de techniques agricoles améliorées ainsi que des actions de renforcement des capacités des cadres du Ministère de l’Agriculture et des associations regroupant les paysans bénéficiaires.
L’irrigation donne des résultats. Fin 2007, les travaux d’irrigation du 8ième périmètre irrigué du projet à Wedi Keyar ont été achevés, portant à 1.592 ha la capacité totale des aménagements créés depuis 2001 dans le cadre de ce projet. Cette année-là, les rendements moyens sur les parcelles irriguées ont été estimés à 9,2 quintaux / ha, soit environ le double de ceux observés sur les parcelles adjacentes sans irrigation (4,6 quintaux / ha). Ainsi, sur les 8 sites créés avec l’appui de SOS Faim, 966 familles paysannes ont pu récolter une production supplémentaire estimée à 519,5 tonnes de grains et 951,5 tonnes de tiges de mil et de sorgho.
Suite à une évaluation globalement positive du projet en 2006, une nouvelle phase de 5 ans (2008-2012) a été élaborée en 2007 et approuvée par le Fonds Belge de Survie (FBS) à la fin de cette même année. Cette nouvelle phase sera plus axée notamment sur le volet agronomique par la promotion de variétés améliorées (de sorgho et de mil), de la diversification (légumineuses et cultures maraîchères) et de diverses techniques telles que le repiquage. Un accent sera également mis sur le renforcement des capacités des associations paysannes bénéficiaires afin que celles-ci puissent assumer une part croissante de la gestion et de l’entretien des aménagements, aujourd’hui assurée encore en partie par le Ministère de l’Agriculture.



