Association pour la Promotion de l'Elevage en Savane et au Sahel - APESS
Le contexte: A travers toute la bande sahélienne (située au sud du désert du Sahara et qui s’étend du Sénégal à l’Ethiopie), divers groupes (Peuhls, Touaregs, Goranes, …) ont développé depuis des millénaires un mode de vie original basé sur l’élevage transhumant. Pendant la saison des pluies, l’herbe pousse rapidement et fournit une alimentation riche et abondante aux animaux, qui produisent alors beaucoup de lait. Cependant, après la fin de la saison des pluies, les pâturages s’épuisent rapidement et il faut alors emmener les troupeaux sur des distances parfois très longues pour assurer leur alimentation.
Continuellement en transhumance dans de grands espaces avec leurs troupeaux, les éleveurs traditionnels ont développé une relation étroite avec l’animal qui, au-delà de l’intérêt porté pour ses productions économiques (lait, viande, peaux) est au centre d’un système complexe de valeurs sociales, de croyances et de sentiments.
Un projet au service de la population. Ce mode de vie est aujourd’hui menacé car, sous la pression démographique, les populations d’agriculteurs étendent de plus en plus leurs cultures, au détriment des espaces pastoraux traditionnels. Considéré comme archaïque, l’élevage traditionnel ne suscite qu’un intérêt très limité de la part des autorités publiques.
Face à cette situation, l’Association pour la Promotion de l’Elevage en Savanne et au Sahel (APESS) propose aux éleveurs de sédentariser au moins une partie de leurs troupeaux en sélectionnant à cet effet les meilleurs animaux et de nourrir ceux-ci en saison sèche avec du foin, stocké dans des hangars construits par l’association. Récolté au bon moment et bien stocké, le foin est un aliment beaucoup plus riche que l’herbe séchée sur pied qui permet de maintenir la production laitière toute l’année. En y maintenant une activité permanente, l’éleveur sécurise son espace de production.
Cependant, pour des éleveurs fortement attachés à leurs traditions, l’adoption de telles propositions demande un changement profond de mentalité. C’est pourquoi, en préalable aux formations techniques, l’APESS organise toujours des ateliers de réflexion sur la culture et le développement. Dans ces ateliers, l’APESS vise à la fois à ouvrir l’esprit des éleveurs à l’initiative et au changement et à valoriser les éléments culturels qui restent pertinents dans le contexte d’aujourd’hui et méritent dès lors d’être conservés. En effet, l’APESS ne vise pas seulement à maintenir l’élevage traditionnel en tant qu’activité économique mais également à sauvegarder et à enrichir la culture de ceux qui pratiquent cet élevage.
Une sédentarisation qui donne des résultats. Créée en 1989, l’APESS compte aujourd’hui environ 6.000 membres répartis dans plus de 10 pays et organisés en 56 « régions » et plus de 400 « zones ». Fin 2004, 4.649 hangars « remplis de bon foin » étaient recensés.



