L’agriculture : acteur, victime et sauveur des changements climatiques

Le système agroalimentaire émet 45% des gaz à effet de serre (GES),  il faudrait 17 Belgique pour faire rouler les voitures que compte le pays,  2/3 des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont attribuables à seulement 90 multinationales dans le secteur des énergies fossiles …

Découvrez dans cette infographie des chiffres liés aux changements climatiques et à l’agriculture.

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Les changements climatiques sont intimement liés à l’agriculture et à la sécurité alimentaire. En effet, on peut considérer l’agriculture à la fois comme acteur, victime et sauveur des changements climatiques.
Malgré ce triple rôle évident, l’agriculture n’apparait pas en tant que telle dans les négociations.

Acteur

Le système agro-alimentaire est un des acteurs principaux des changements climatiques : il est responsable de 45% des émissions de gaz à effet de serre (GES) que sont :

 

  • le gaz carbonique (CO2),
  • le méthane (CH4)
  • le protoxyde d’azote (N2O).

De la fourche à la fourchette, la plupart des étapes libèrent des GES : labour et traitement des terres, production et épandage d’engrais sur les champs, mécanisation et chauffage des bâtiments et chaine de transformation et de diffusion alimentaire.

Victime

En retour, les changements climatiques impactent également le secteur agricole. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et affectent les cultures et les productions de matières
premières. La température augmente, le niveau de la mer aussi avec les risques de salinisation et d’érosion des sols. L’agriculteur devient à ce titre victime des changements climatiques. Et cela est d’autant plus préoccupant dans les pays du Sud où 60 % de la population active vit de l’agriculture,
contrairement à chez nous, où il ne reste que 2% d’agriculteurs. Ce sont en effet ces populations pauvres qui vivent dans les zones les plus affectées par les changements climatiques (sécheresses longues et à répétition, montée du niveau des mers, érosion des sols, fortes pluies et inondations). Et pourtant, les
émissions de GES sont très faibles dans les pays du Sud (moins de 2 % des émissions totales proviennent d’Afrique subsaharienne) !

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Sauveur

L’agriculture paysanne, pratiquée à l’échelle familiale, est une approche moins émettrice de GES (main-d’oeuvre manuelle, peu utilisatrice d’intrants, tournée vers l’autoconsommation et les marchés locaux) et offre des solutions durables à la problématique des changements climatiques. En effet, le travail manuel de la terre, l’association de plantes ou encore la fertilisation naturelle des sols par les animaux sont des
pratiques qui contribuent à la séquestration du CO2 (GES) dans les sols. Il est donc certain que l’agriculture influence le climat et l’environnement, qui à leur tour influencent l’agriculture, laquelle doit s’adapter afin de répondre aux défis climatiques. Le soutien aux agricultures familiales paysannes et aux pratiques agro écologiques est une piste de solution concrète à poursuivre.

Marie Lefèvre, bénévole

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