SOS Faim
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Rencontre avec Fatou, productrice de lait au Sénégal

• 29 novembre 2017

Au Sénégal, SOS Faim appuie la structuration d’organisations paysannes. En collaboration avec le GERAD (le Groupe d’Étude, de Recherche et d’Aide au Développement), notre ONG a financé le programme de développement intégré de Fatick (PDIF) dont bénéficie entre autres, Fatou Diouf, une éleveuse de chèvres. Celle-ci était en Belgique fin novembre pour témoigner dans plusieurs universités. Alors, Fatou, c’est qui ?

Fatou connaît bien les chèvres, puisque déjà petite, elle aidait ses parents à les élever. À 10 ans, elle vend ses cinq coqs pour s’acheter sa première chèvre à 12 500 francs (19€). Plus tard, elle voyage en France et au Maroc, et y découvre que grâce à son élevage de chèvres, elle peut valoriser sa production et gagner de l’argent. Elle part en voyage d’étude à la découverte des fromageries et de la transformation familiale, avant de se lancer dans sa propre fabrication artisanale de produits à base de lait de chèvre, à Fatick.

Parce que si au Sénégal le lait se vend à 0,50€ le litre, sa transformation peut en augmenter considérablement la valeur ! En effet, en tant que tel, le lait ne se conserve pas longtemps. Et avec ses 14 chèvres, Fatou produit jusqu’à 5 litres par jour. Cela représente une production importante à écouler. Mais, en collectant 5 autres litres chez des éleveurs voisins, Fatou a assez de lait pour le faire valoriser. Elle le transforme alors en yaourts, crèmes glacées, savons, et même en fromages. Certains de ces produits valent alors 1,52€ le litre, ce qui représente la valeur triplée du litre de lait ! Avec ses productions, Fatou est capable de soutenir sa famille et de scolariser ses enfants.

Tout ça, c’est possible grâce au PDIF qui a permis la structuration de l’élevage de chèvres à Fatick, ainsi que la création de l’Association Régionale des Éleveurs Caprins de Fatick (ARECAF). Aujourd’hui présidente de l’ARECAF, Fatou explique lors de ses conférences que grâce à l’association, plus d’éleveurs ont maintenant accès à une formation sur la valorisation du lait et sa transformation. L’identification, la vaccination et le déparasitage des chèvres ont eux aussi été améliorés grâce à l’ARECAF.

Mais le secteur du lait au Sénégal nécessite encore du progrès. À ce jour, seulement un tiers du lait consommé dans le pays y est produit. Le reste est principalement du lait en poudre importé massivement d’Europe ou de Nouvelle-Zélande. Ce lait en poudre se vend moins cher que le lait africain et constitue donc une concurrence déloyale pour la production locale ! C’est pourquoi le travail d’éleveurs, tels que Fatou, est si important : ils permettent d’augmenter la production locale, de rendre plus accessible les produits consommés, de soutenir l’agriculture familiale et donc de lutter contre la pauvreté.