SOS Faim
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Journée Internationale pour les Droits des Femmes: SOS Faim pour l’égalité des genres

Femmes et agriculture • 18 mars 2019

En cette journée du 8 mars, Journée Internationale pour les Droits des Femmes, la Belgique connaîtra sa première grève des femmes pour montrer que « si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête ».

SOS Faim s’est souvent fait porteuse d’un tel message ; les femmes étant responsables de la moitié de la production alimentaire, elles sont un véritable pilier de l’agriculture. C’est d’ailleurs pas moins de 225 000 paysannes dans le monde qui sont appuyées par nos programmes. Mais, pour que l’égalité se répande, ça commence aussi par chez nous.

La coopération et le genre

Dans les années 70-80, le monde de la coopération se rend compte de l’impact de la présence des femmes dans la réussite des projets. Leur intégration dans les actions de développement se fait parallèlement à la promotion de l’approche genre. Ce terme, apparu dans les années 90, fait référence à la construction sociale de la masculinité et de la féminité. Il est donc entendu que les relations entre hommes et femmes sont déterminées par la société et donc modifiables.

Deux stratégies sont alors développées pour intégrer les femmes et favoriser l’égalité : la discrimination positive et le gender mainstreaming. Ce dernier, intégré à une loi votée par la Commission Européenne en 2004 qui fut adoptée en 2007 par la Belgique, s’illustre de plus en plus par son efficacité. Prônant l’intégration automatique du genre dans les politiques de développement de manière transversale et dans toutes les étapes d’un programme, il propose une prise en charge globale de la problématique de l’égalité.

SOS Faim suit, bien entendu, le mouvement en adoptant une approche genre en son propre sein et en encourageant également celle-ci chez ses partenaires.

Une charte, des engagements

En signant, en 2018, la Charte Genre du C.N.C.D., notre organisation s’est engagée à améliorer ses pratiques. En effet, ce socle commun pour les organisations de la société civile et les acteurs institutionnels induit, par sa signature, la promesse d’un élan positif autour de l’égalité de genre et d’actions nécessaires pour que ces intentions se matérialisent.

La Charte, détaillée en 8 points, prévoit autant une révision des objectifs et des approches, qu’une représentation équilibrée des femmes, des hommes et des personnes transgenres et intersexuées dans les instances de décision et de gouvernance, en passant par des mesures plus pratiques et par l’empowerment des femmes et des groupes sociaux discriminés.

Un groupe de travail s’est alors formé en interne pour établir des critères et vérifier l’intégration du genre chez SOS Faim, dans nos démarches et nos projets, et chez nos partenaires au Sud. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire? Grilles d’analyse, check list et guide des bonnes pratiques sont actuellement définis pour nous aider à veiller à une égale représentation des genres à chaque niveau, à adopter une communication inclusive et respectueuse, à prendre en compte les besoins exprimés par les femmes, à ce que les résultats atteints soient bénéfiques pour chacun.

Que ce soit les programmes, le budget, le congé parental, les formations, tout est considéré d’un nouvel œil pour s’assurer que notre fonctionnement s’accorde avec nos engagements.

L’égalité : pas une tendance, une condition

Certains points seront plus difficiles à améliorer que d’autres. Atteindre l’égalité sera un travail de longue haleine, mais en tant qu’ONG de développement soutenant des femmes dans 10 pays à travers le monde, SOS Faim ne peut que travailler à la diminution de ces inégalités. Que ce soit aujourd’hui, 8 mars, ou n’importe quel jour de l’année, SOS Faim est déterminée à encourager le droit des femmes à travers l’égalité de genre qui, plus que jamais, s’illustre comme condition pour un modèle de coopération et de développement qui se veut durable et sain.

On se mobilise !

C’est pourquoi l’équipe de SOS Faim fera du bruit pour donner un écho aux réclamations pour les droits des femmes, portées en cette journée particulière. Si vous passez près de la rue aux Laines vers 14h, vous entendrez nos klaxons, casseroles, youyous, couverts et bien sûr nos voix s’élever ensemble pour réclamer un changement. Et vers 17h, nous rejoindrons le mouvement à la Gare Centrale pour marcher, crier et fêter avec les femmes et les hommes engagés pour plus d’égalité. Pour reprendre les termes du Collecti.e.f 8 maars, «faisons du 8 mars 2019, une journée intense de lutte et de libération». Tous  et toutes ensemble !

Alice Wéry 

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