SOS Faim
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"N’exportons pas nos problèmes", la nouvelle campagne de SOS Faim pour soutenir les producteurs de lait, d’ici et d’ailleurs

Lait • 26 mars 2019

Aujourd’hui, la surproduction de lait dans l’Union européenne nuit gravement aux éleveurs européens et ouest-africains : ici, elle ne leur permet pas de vivre de leur travail et là-bas, elle étouffe les filières locales. Testez vos connaissances sur les grands enjeux de cette filière et découvrez pourquoi le lait sera le thème de la prochaine campagne de mobilisation menée par SOS Faim. Rendez-vous le 2 avril pour le lancement !

Selon vous, à quel prix les industriels achètent-ils le litre de lait aux producteurs belges ?

35,05 centimes d’euro en 2017[1]. Or il devrait être de 42,53 centimes d’euro le litre pour permettre, a minima, aux producteurs de couvrir leurs coûts de productions. Les producteurs vendent donc à perte. La suppression de la régulation via les quotas laitiers a précipité cette situation en provoquant l’envolée des quantités produites et, par conséquent, l’effondrement des prix.

D’après vous, combien d’exploitations laitières européennes ont-elles disparu entre 1983 et 2013 ?

81%. Le nombre d’exploitations laitières dans les 10 premiers États membres de l’UE a diminué de 81%. En France, par exemple, le nombre de producteurs, après être passé de 155.000 à 80.000 entre 1995 et 2010, pourrait se réduire à 20.000 seulement en 2035.


A votre avis, quelle part du lait consommé au Mali est importée d’Europe ?

90%. Les importations de produits laitiers augmentent de 3% par an et représentent une valeur d’un peu plus de 1 milliard d’euros. Permis par les politiques de libre-échange actuelles, ce déséquilibre commercial permet à l’Europe d’écouler sa surproduction mais étouffe le développement des filières locales. D’autant que ce « lait » européen est vendu 30% moins cher que celui local.

Savez-vous ce qu’ajoutent les industriels européens dans le lait qu’ils exportent en Afrique de l’ouest ?

De l’huile de palme. Pour profiter de la demande croissante en beurre au niveau mondial, les industriels écrèment le lait surproduit puis le réengraissent avec de l’huile de palme avant de l’exporter dans les pays d’Afrique de l’ouest. Les conséquences désastreuses pour l’environnement de la fabrication de cette huile sont largement connues. Il faut ajouter à cela la différence de qualités nutritives entre ce lait et celui produit naturellement, différence pas toujours mentionnée sur les étiquettes pour les consommateurs.

Cette situation vous semble aussi ahurissante qu’inacceptable ? Nous aussi. Voilà pourquoi SOS Faim va lancer avec Oxfam-Solidarité, Vétérinaires Sans Frontières et le European Milk Board, une campagne de sensibilisation et de mobilisation, à quelques mois des élections belges et européennes.

L’absence de régulation au niveau européen, la pratique de politiques commerciales libérales déséquilibrées, l’incohérence des politiques mondiales en matière agricole et de développement doivent être mises en lumière et dénoncées. Des solutions alternatives équitables, justes et cohérentes existent. Ensemble, nous allons les porter haut et fort !

Rendez-vous

Soyez à l’écoute le 2 avril pour découvrir notre nouvelle campagne !

Et préparez-vous :

  • à faire entendre votre voix le 10 avril pour une crêpe party géante au bon lait équitable devant les institutions européennes,
  • à en savoir plus le 11 avril au Cinéma Galeries de Bruxelles pour une séance du Ciné-Club Alimenterre qui proposera le film « La Planète Lait », suivi d’un échange avec des producteurs belge et burkinabè.
[1] Etude du BAL (Bureau d’agriculture et de sociologie agricole, Allemagne) réalisée à la demande de l’European Milk Board.