Afrique de l’Ouest : les acteurs de la filière riz réclament une régulation des importations

Les acteurs de la filière riz d’Afrique de l’Ouest lancent un signal à leurs gouvernements. Malgré une politique offensive et une croissance de productivité permettant d’atteindre un équilibre entre l’offre et la demande domestique en riz blanc, ils sont inquiets. En effet, pour valoriser et commercialiser le riz local, il faut le préserver de la concurrence. Or, la CÉDÉAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) fixe le droit de douane à 10%. Cette mesure qui vise à protéger le marché du riz face à la concurrence externe est jugée trop faible par les acteurs de la filière.

Organisés en concertation (Cadre Régional de Concertation des Organisations des Producteurs de Riz du ROPPA -CRCOPR), les acteurs de la filière riz se sont réunis les 10 et 11 novembre à Bamako au Mali dans le cadre d’un atelier de réflexion sur la régulation des importations du riz en Afrique de l’Ouest. Ils ont adressé à leurs décideurs un document de plaidoyer afin de mieux réguler ces importations.

Tirer des expériences des crises alimentaires pour gagner en souveraineté

Sachant que le riz est un produit très fortement consommé par les populations d’Afrique de l’Ouest. Et au vu des incidences économiques et sociales causées par les crises alimentaires, les acteurs de la filière riz sont soucieux de renforcer leur marché du riz afin de diminuer leur dépendance alimentaire face à cette denrée stratégique.

Cet espace d’échanges et de dialogue leur a permis de mutualiser les résultats d’études et recherches menés dans différents pays de la région et d’observer que : « les importations de riz blanc n’ont pas connu une baisse significative en fonction de la production. Au contraire, elles ont connu une remontée sensible, bien que la situation diffère d’un pays à un autre. Ainsi, le droit de douane du tarif externe commun (TEC) à 10 % est une subvention à l’importation dans nos États. »

Le CRCOPR réclame une révision des tarifs douaniers et taxes d’importation, notamment pour des filières stratégiques comme le riz, en vue de protéger leurs marchés et d’assurer ainsi une meilleure sécurité et souveraineté alimentaires dans leurs pays. Ils appellent leurs Etats à mettre en place une politique cohérente en matière de régulation basée notamment sur :
• le contrôle et le contingentement des importations par l’instauration de quota permettant de coupler les achats locaux de riz avec les importations ;
• des facilités de paiement à accorder aux importateurs de riz pour effectuer des achats locaux de riz ;
• la généralisation et l’effectivité de la priorité accordée au riz national dans les achats institutionnels.

SOS Faim, partenaires de plusieurs organisations de producteurs de riz, espère que cette demande sera entendue par les décideurs et plus encore que cela débouchera sur la mise en place de mesures effectives.

 

En savoir plus?

Lire la DECLARATION DE BAMAKO REGULATION DES IMPORTATIONS DE RIZ VF

Découvrir nos partenaires actifs dans la production de riz :

  • SEXAGON (Syndicat des Exploitants Agricoles de la Zone Office du Niger)
  • COPON (Fédération des coopératives des producteurs de la zone Office du Niger)