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Agriculture : place aux jeunes ?

Burkina Faso • Agriculture familiale • 7 juin 2018

Le constat est saisissant ! L’âge moyen des chefs de petites exploitations familiales en Afrique subsaharienne est de l’ordre de 60 ans. Et plus de 60 % de la population de la région a entre 15 et 35 ans. La question de l’avenir des jeunes dans l’agriculture s’impose dès lors comme de plus en plus centrale, avec une pression démographique croissante et le besoin de créer des emplois décents par millions.

La jeunesse est en effet une formidable force de travail potentielle pour un secteur, l’agriculture familiale, qui va continuer dans les prochaines années à être la principale source d’emploi : plus de 175 millions.

Et pourtant, la situation semble peu évoluer, faute de politiques publiques adéquates et intensives, sans doute aussi pour des raisons liées à la tradition. Un autre facteur est le manque de reconnaissance du métier. L’agriculture est perçue comme une profession difficile, lourde et peu rémunératrice. La ville reste le mirage principal pour bon nombre de jeunes ruraux.

Parallèlement, on peut observer que dans les organisations paysannes représentatives, les jeunes peinent à émerger. Les leaders actuels, arrivés jeunes aux responsabilités, tardent à laisser la place et des artifices sont trouvés, tels que la création de « collèges » spécifiques, plutôt que d’intégrer réellement les jeunes dans les structures de décision.

Amérique latine : même constat ?

Au Pérou, l’âge moyen des producteurs agricoles est de 49,5 ans et la tendance est au vieillissement et au départ vers la ville.

Cinq coopératives membres de la centrale café-cacao du Pérou ont mené il y a quelques années un travail de diagnostic social de leurs membres : celui-ci a abordé la question des jeunes et a concerné trois régions différentes du pays.

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69,7 % des enfants de producteurs ne souhaitaient pas se consacrer à l’agriculture, estimant que les meilleures opportunités pour eux étaient en ville.
Et 73 % des parents ne voulaient pas voir leurs enfants reprendre leur activité, jugeant ce métier comme trop dure et pénible. Certains affirmaient également que l’activité agricole avait été le dernier choix pour eux.

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Alors que faire ?

On l’a évoqué : mettre en place des politiques publiques pour l’accès à la terre, au financement,… L’assurance d’une meilleure sécurité alimentaire dans le futur est à ce prix : il faut assurer la relève générationnelle dans le domaine agricole, en rendant notamment ses lettres de noblesse à la profession.

Et sans doute également, changer de modèle ! Les récentes prises de position de l’organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO ; avril 2018) en faveur de la systématisation de pratiques écologiques est un signal fort ! Et l’agroécologie présente le grand avantage de requérir une forte intensité de main-d’oeuvre, tout en ayant une approche de gestion durable et raisonnée des ressources disponibles. Un défi pour la jeunesse rurale.

 

Rédaction : Marc Mees, responsable de la Gestion des Connaissances

 

EN SAVOIR PLUS

Cet article est tiré du Supporterres n°4 de juin 2018 « Jeune & agriculture : une équation possible ? ». Pour en savoir plus, découvrez le numéro complet.