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Arariwa, le gardien des terres

Pérou • Développement territorial • 13 septembre 2019

Région de Cusco, au sud-est du Pérou. Une zone perchée à 3400 mètres d’altitude au milieu de la Cordillère des Andes. C’est là qu’Arariwa a posé ses bagages avec pour mission d’améliorer les conditions de vie des cuzquénien.ne.s.

Fin des années 60, la réforme agraire est annoncée; les terres appartenant aux propriétaires deviennent la possession de l’Etat et sont distribuées aux paysans. Vingt ans plus tard, après plusieurs changements de pouvoir, les propriétaires ont récupérés la majorité de leurs biens. De nombreux paysans se retrouvent appauvris avec comme seul moyen de subsistance un petit lopin de terre. C’est dans ce cadre qu’Arariwa a été fondé en 1984, dans le but de sortir les paysans et plus spécifiquement les femmes et les jeunes de la précarité.

Depuis 35 ans, Arariwa, institution de promotion de développement rural, porte des projets de renforcement des capacités et organise des formations. Avec toujours la même intention : éviter l’émigration de jeunes et des moins jeunes vers la capitale, Lima ou ailleurs.

Un centre pour former les jeunes

Eviter l’émigration, c’est offrir des perspectives d’emploi et d’avenir pour les jeunes. C’est dans ce but qu’Arariwa a développé le CENFOPAR, centre de formation et de production à Urubamba. Le centre propose une alternative éducative pour le développement rural de la vallée sacrée.

 » Nous voulons offrir des possibilités d’emploi aux jeunes de la région et leur donner l’opportunité de poursuivre leurs études, malgré des ressources limitées. C’est l’aspect le plus prégnant de notre travail aujourd’hui, sans perdre de vue pour autant notre volonté de renforcer leur identité sociale et culturelle. » Francisco Cueva García, directeur.

Le centre compte plusieurs filières technologiques de niveau post secondaire, ainsi que des écoles de langues et différents programmes de formations de courte durée débouchant directement sur un emploi. Selon l’option choisie, cinq certificats sont décernés aux étudiants en tant que spécialistes dans les domaines suivants : technologie de l’information, guide du tourisme rural, formulation de projets, production agricole et gestion des affaires.

L’association développe ainsi le capital humain de la région. Elle s’occupe également de la promotion de petites entreprises rurales et sociales comme un restaurant école ou encore une pisciculture dédiée à la commercialisation de la truite.

Gastronomie et art culinaire au restaurant-école Paraqay

Ce projet éducatif porte le nom du maïs géant d’Urubamba, Paraqay. Cette année, le restaurant-école compte 61 étudiants inscrits. Le programme dure 3 ans et mêle cours théoriques et formations pratiques. Après quoi l’étudiant peut opter pour son Diplôme Technique Professionnel en Gastronomie.

« Il me semble important de soutenir notre pays par le biais de la cuisine et de la gastronomie. Un de nos élèves, Walter, a créé son entreprise de restauration dans la région avant même de terminer sa formation et d’obtenir son diplôme. Elmer, un autre ancien étudiant, dirige actuellement son propre restaurant touristique à Urubamba. » José Luján Vargas, chef et professeur à Paraqay.

Le restaurant vise l’autosuffisance et travaille avec des producteurs locaux créant ainsi une chaîne de bénéfices pour toute la communauté à travers la valorisation de la tradition culinaire de la région.

Ces micro-entreprises sont de beaux exemples d’initiatives qui augmentent l’offre d’emploi et qui peuvent convaincre les étudiants d’investir dans leur région. Selon les dernières enquêtes menées par Arariwa, parmi les jeunes diplômés, 80% développent des activités économiques différentes à travers le pays.

Arariwa : l’origine du nom

Arariwa signifie « le gardien des champs en quechua ». Il tenait à l’œil les voleurs, les animaux et les oiseaux qui essayaient de voler le blé.

Aujourd’hui, l’Arariwa est le sage du village. Celui qui transmet les coutumes,  qui coordonne les semis et qui s’occupe des rituels  durant la période de semer et de récolter. Pour sa récolte, le paysan suivra toujours les conseils et les interprétations de l’Arariwa.

 

Rédaction : Carole Stavart et Jessica Pipyn

En savoir plus

Lire le numéro complet du Supporterres n°9 de septembre 2019 : « Migrations : le monde rural en mouvement »