Bolivie : transition agroécologique pour 50 producteurs de café

Claire Stoeckel, responsable des partenariats au Pérou et en Bolivie, rentre tout juste de mission sur le terrain. L’occasion de partager avec vous des nouvelles fraîches et plus particulièrement des associations FINCAFE et AOPEB. Toutes deux sont partenaires de SOS Faim et collaborent dans le cadre d’un projet de renouvellement de plants de café.

IMG_1547Des plants de café et des producteurs vieillissants

Le projet vise dans un premier temps à renouveler des plants de café vieillissants dont la productivité est très faible. Certains ont entre 30 et 40 ans alors que la productivité maximale a lieu entre 7 et 10 ans.

Dans un second temps, le projet cherche aussi à maintenir les jeunes dans les zones rurales puisqu’ils s’adressent aux jeunes producteurs de café. Concrètement, 50 jeunes producteurs de café sont parties prenantes du projet situé dans la zone de Caranavi, région semi-tropicale située au Nord de La Paz, où est concentrée la quasi-totalité de la production nationale de café.

Les partenaires de SOS Faim offrent des services financiers et une assistance technique

FINCAFE est une institution de microfinance qui octroie des crédits sur mesure aux producteurs. FINCAFE a développé un crédit spécifique adapté qui combine :

– des fonds de roulement pour permettre aux producteurs de pré-financer la collecte et la vente future de café

– un crédit à l’investissement pour financer les nouveaux plants de café et les autres cultures associées, les outils et la main-d’œuvre nécessaire pour les nouvelles plantations. Les crédits sont individuels et octroyés à un taux de 16% sur une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans.

L’AOPEB (Association des Organisations de Producteurs Ecologiques de Bolivie) quant à elle intervient dans l’assistance technique. En tant qu’organisation de producteurs écologiques, l’AOPEB leur propose de ne plus travailler en monoculture mais en cultures associées. L’AOPEB a également développé des modules de formation spécifiques sur les systèmes agroforestiers et sur la gestion de l’exploitation selon les principes d’économie solidaire. Parmi les participants, 30 producteurs ont d’ailleurs suivi cette formation. Enfin, l’AOPEB mène en parallèle un travail de plaidoyer politique au niveau national pour des politiques plus favorables aux petits producteurs de café, et plus particulièrement pour promouvoir la production et la consommation de produits écologiques.

Un projet qui ouvre la voie à la transition agroécologique

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Producteurs posant devant leur pépinière de nouveaux plants de café

L’association de cultures est une pratique agroécologique. Dans ce cas-ci, la culture de café est associée à des cultures de maïs, d’haricots et de fruits (agrumes). Les plants de maïs, gourmands en eau et azote, servent de tuteurs aux haricots qui poussent à leur pied. Ces derniers leur fournissent une partie de l’azote dont ils ont besoin (ils font partie des légumineuses fixatrices d’azote). Ces cultures peuvent aussi être associées à des cultures de sols comme les courges qui permettent de conserver l’humidité de la terre, captent les insectes et freinent l’érosion.

Des enjeux économiques, de développement et de sécurité alimentaire

Ce genre de projet constitue une réponse à plusieurs enjeux :

Développement rural : il permet aux jeunes de trouver du sens dans une activité agricole et peut ainsi freiner l’exode rural des jeunes.

Economique : il permet d’assurer des revenus diversifiés grâce à l’association des cultures et ainsi de réduire les risques financiers souvent considérables dans les activités agricoles.

Sécurité alimentaire : les productions de maïs et d’haricots permettent aux producteurs et à leurs familles de sécuriser une partie de leur alimentation. Dans un contexte où la culture de la coca est plus séduisante pour les producteurs parce que plus rémunératrice et qu’elle donne plusieurs récoltes par an, le fait d’associer des cultures vivrières peut concurrencer la culture de la coca et donc sécuriser davantage les familles de ces producteurs boliviens.

Ecologique : zone impactée par le changement climatique (plus de maladies et apparition de nouvelles maladies), la gestion diversifiée de la parcelle permet de diminuer des impacts négatifs.

En savoir plus?

Lire « L’agroécologie, une solution?« , Défis Sud 103, nov. 2011

Lire « L’agroécologie, où en est-on?« , Bulletin de Souveraineté Alimentaire n°2, sept. 2011