Bon vent Freddy !

Freddy, c’est un peu une institution dans l’institution, une figure emblématique de SOS Faim mais aussi du secteur. Qui ne connait pas Freddy? Il faut dire qu’après 30 ans de carrière dans notre ONG dont 19 ans en tant que Secrétaire Général, Freddy a eu le temps de s’impliquer et de marquer les esprits. Avant de prendre le large, il nous accorde une dernière interview. 

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Tu as occupé différents postes chez SOS Faim avant de devenir Secrétaire Général, peux-tu retracer ton parcours au sein de notre organisation ?

J’ai été engagé chez SOS Faim en 1984 comme Responsable de la Communication et de l’Information, mais aussi avec l’objectif de créer une fonction de récolte de fonds. En 1989, je suis devenu Responsable des projets au Sénégal, Mali, Burkina Faso, Cameroun et Congo Brazzaville. Et finalement, en mai 1996, le Conseil d’administration m’a désigné comme Secrétaire Général.

Au vu de ta longue expérience, comment décrirais-tu SOS Faim ?

C’est une ONG dynamique et créative sur différents plans.

Sur un plan sectoriel, nous avons été une ONG pionnière dans la microfinance et l’appui aux organisations paysannes dès 1984, à une période où ces thématiques n’étaient pas à la mode.

Sur un plan institutionnel, nous avons participé à la création de plusieurs institutions telles que SOS FAIM Luxembourg, le FOGAL (fonds de garantie Amérique latine), l’institution de micro finance le PAIDEK au Kivu, Inter Réseaux – développement rural en France et plus récemment nous avons créé avec la Fédération des groupements NAAM au Burkina Faso une coopérative de greniers de sécurité alimentaire.

Sur le plan de l’édition et de la production d’information, nous avons créé Défis Sud, Zoom Micro finance, Dynamiques paysannes, Dajaloo et récemment nous nous positionnons via un Position Paper.

Enfin sur le plan des relations de partenariat, SOS FAIM a depuis le début des années 90, associé ses partenaires à la définition de sa stratégie et intégré des personnalités du Sud dans ses instances de décision AG et CA.

Si on te demandait de n’évoquer qu’un seul souvenir chez SOS Faim, lequel choisirais-tu ?

Sans hésiter, la découverte de l’Afrique sub-saharienne et la richesse des relations humaines avec les partenaires de SOS FAIM. Mon premier voyage en 1986 au Mali a été déterminant pour renforcer ma conviction que rien de grand ne peut être fait sans des hommes et des femmes de qualité au sein des organisations, quelle que soit leur nature.

Comment vois-tu l’avenir de SOS Faim ?

La mission fondamentale de SOS Faim est d’être au service d’un développement équitable et durable dans un monde de plus en plus globalisé.

Cette mission s’inscrit dans un cadre de solidarité internationale et d’une démarche citoyenne.

Solidarité qui contribue aux processus de changements sociaux qui visent à lutter contre les inégalités et la pauvreté en milieu rural et améliorent la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations en promouvant un modèle agricole durable qui mise sur les exploitations familiales.

Démarche citoyenne qui contribue à l’émergence d’une citoyenneté globale en faveur d’un monde plus juste et durable, qui se mobilise pour influencer les politiques et les comportements qui ont un effet structurant sur l’avenir de notre planète.

Pour remplir sa mission, SOS Faim doit renforcer ses points forts et continuer à innover dans le financement rural et dans l’appui aux organisations paysannes. SOS Faim a un réseau de partenaires stratégiques qui pourrait dans l’avenir se formaliser pour donner une dimension plus internationale à notre association. Les investissements institutionnels déjà réalisés pourraient servir de base à cette dynamique d’internationalisation. Par ailleurs des alliances avec d’autres structures associatives belges et européennes travaillant sur des thématiques proches pourraient venir renforcer nos actions.

Que souhaites-tu à SOS Faim ?

De garder son esprit militant tout en maintenant un niveau élevé de professionnalisme dans nos actions. SOS FAIM a une équipe d’une très grande qualité pour ce faire.

Propos recueillis par Stéphanie Jaquet