CAAP (Central Agro Andina del Peru)

Quatre organisations de producteurs de céréales créent la Centrale

La centrale agro-andine du Pérou est une organisation de second niveau qui émane de quatre organisations de producteurs de céréales traditionnelles andines de l’altiplano du Sud du Pérou. Cette région est isolée et très pauvre. CAAP nait de besoins partagés par ses organisations membres en termes de consolidation, de représentation de la filière des céréales andines et de manière globale d’appui à cette filière qui joue un rôle primordial pour la sécurité alimentaire de la population locale.

CAAP-cra

CAAP en bref

La CAAP est une organisation de second niveau qui regroupe cinq organisations de producteurs de céréales et pseudo-céréales basées dans les régions d’Apurimac, Puno y Cusco, au sud-est de l’altiplano péruvien. Les producteurs cultivent du quinoa, du kiwicha, du maïs, du blé, des légumineuses, etc.

La CAAP vise à améliorer les services de ses membres de manière durable par un renforcement de leurs capacités au niveau institutionnel et un renforcement des processus de production, transformation et commercialisation ; par la mise en réseau et l’articulation avec des organismes publics et privés. Ceci dans l’objectif d’améliorer le développement socio-écologique des familles de producteurs, et à la conservation de l’agrobiodiversité.

Vision : « A l’horizon 2021, la CAAP est une organisation faîtière reconnue et renforcée, qui promeut une économie sociale et solidaire, en développant des services pour ses membres dans tous ses processus, dans le respect de l’environnement et de l’équité de genre, afin d’améliorer la qualité de vie des familles rurales du Pérou ».

L’appui de la centrale à ses organisations membres concerne :

  • le renforcement de capacités et l’appui technique pour améliorer la production et la transformation (par l’outil agro-industriel) de manière durable (en accompagnant notamment la transition vers une production de type biologique) ;
  • l’amélioration de l’accès aux marchés, en priorisant les marchés locaux et nationaux ;
  • l’articulation avec d’autres acteurs, notamment des organismes publics, afin de promouvoir une reconnaissance et un appui au secteur (notamment financier) ;
  • un renforcement organisationnel en gouvernance, ressources humaines, outils de gestion etc.

La dimension du genre est prise en compte de manière particulière, dans un secteur où l’implication des hommes este encore largement majoritaire, en développant des activités adaptées pour les femmes et en encourageant leur participation dans les organes de décision.

CAAP et SOS Faim

Jusqu’en 2013, SOS Faim appuyait directement chaque organisation membre. Depuis 2014, l’appui de SOS Faim s’effectue à travers l’organisation de second niveau.

L’appui de SOS Faim vise à consolider la centrale au niveau institutionnel et renforcer sa capacité à accompagner et proposer des services à ses membres sur la plan de la gouvernance, la gestion, des techniques de production et de transformation et de l’amélioration de l’accès des producteurs aux marchés.

L’appui de SOS Faim vise également à mettre en réseau la CAAP et ses membres avec d’autres organisations pour favoriser des échanges et synergies, notamment en vue d’avoir une meilleure reconnaissance et représentativité de la filière des céréales andines.

Résultats obtenus

Le nombre total de membres actifs s’élève, fin 2016 à 2171. 2 nouvelles organisations se sont incorporées aux activités de la CAAP en 2016 (dont 1 est formellement devenue membre). La part des femmes, de 43%, a nettement augmenté au cours des dernières années.

L’appui de SOS Faim à la CAAP a permis d’améliorer les capacités de production, transformation et commercialisation de ses membres avec une prise en compte croissante de l’importance du respect de l’environnement. Elles ont ainsi renforcé leurs équipements, notamment les unités de traitement et de transformation, et augmenté les surfaces cultivées de manière biologique. Plusieurs de ces organisations fournissent des produits à des programmes publics d’alimentation scolaire qui sont d’importance pour la zone en termes de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

A niveau institutionnel, la centrale promeut un modèle de coopératives, et toutes les structures sont des coopératives, ou en cours de conversion. Ce modèle est plus favorable à l’activité économique, la participation démocratique et la représentation des membres, afin qu’ils soient acteurs de leur propre développement.

Perspectives

La consolidation de la centrale permettra de renforcer sa capacité à accompagner ses membres pour faire face aux nombreux défis auxquels ils sont confrontés : défis environnementaux, de sécurité alimentaire, d’amélioration des conditions de vie dans ces zones pauvres, et de participation des femmes et des jeunes. Des échanges et synergies avec d’autres organisations devraient également se concrétiser par l’incorporation de davantage d’organisations dans la CAAP.  Enfin, à terme, une meilleure représentation de la filière au niveau national est visée afin de défendre et d’obtenir plus de moyens auprès des autorités pour ces produits traditionnels andins et les petits producteurs qui les cultivent.