La Belgique peureuse s’abstient et ne vote pas pour les paysannes et les paysans

La Déclaration sur les droits des paysan.ne.s votée à l’ONU, mais sans la Belgique

Entretiens avec Florence Kroff (Belgique) Jean Feyder (Luxembourg) et Geneviève Savigny (France)

Assemblée générale des Nations unies © Manuel Elias/ ONU

La Déclaration sur les droits des paysans a été votée le 17 décembre 2018 par l’Assemblée générale des Nations unies. C’est une victoire qui a bénéficié du soutien de la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Quelques réactions ont été négatives, notamment de la part des USA. Les pays européens se sont également montrés divisés. La Belgique comme la France se sont abstenus.

Florence Kroff, coordinatrice et chargée de recherche et plaidoyer chez FIAN Belgium juge que « l’indécision de la Belgique est un manquement grave pour un Etat qui se prétend être un fervent défenseur des droits humains, acteur contre le changement climatique et pour un autre modèle agroalimentaire. Au vu des changements ayant menés à la dernière version du texte et de l’appui massif tant politique qu’agricole, citoyen et académique en Belgique, ce manque de courage politique de la Belgique au niveau fédéral est déplorable. »

Répondre à des vulnérabilités spécifiques

Que répondre à l’argument avancé, notamment par la Belgique, qui se prévaut de l’universalisme des droits de l’homme et à la crainte de créer des précédents avec des droits particuliers ? Selon Florence Kroff, « cette critique a été soulevée depuis le début des négociations par les Etats européens et la Belgique notamment. Malgré les multiples explications d’éminents juristes et d’organisations de droits de l’homme, ces Etats ont maintenus cet argument simpliste sans considération pour l’évolution des droits de l’homme. Le droit international a notamment pour objectif de répondre aux enjeux contemporains de la société actuelle. C’est pour répondre à ce mandat que le Conseil des droits de l’homme a adopté un certain nombre de textes internationaux protégeant les droits des personnes les plus vulnérables telles que les travailleurs migrants, les femmes, les enfants, personnes avec un handicap, les peuples autochtones, les minorités, etc. Les droits de l’homme existent pour protéger les plus faibles en organisant des protections spécifiques pour répondre à des vulnérabilités spécifiques. Il ne s’agit donc pas ici d’octroyer des privilèges. »

Geneviève Savigny, agricultrice dans le sud de la France, membre de la Confédération paysanne et de la Coordination européenne Via Campesina, a participé aux délégations paysannes internationales qui ont négocié les articles de la Déclaration. Elle espère que la Déclaration servira de référence pour l’établissement des politiques paysannes, « notamment dans les pays où elles font défaut ». Ce sera un outil important pour les défenseurs des droits humains. « En France, précise Geneviève Savigny, une institution publique indépendante chargée de conseiller le gouvernement et le parlement, la CNCDH – Commission nationale consultative des droits de l’homme, a publié un avis favorable à la Déclaration. Malgré tout, la France a décidé de s’abstenir au moment du vote. Selon Geneviève Savigny, il y a les objections officielles, comme l’attachement à une vision universelle des droits de l’homme, et sans doute des raisons plus officieuses de la France. Différents ministères n’étant pas d’accord entre eux il est probable que l’on ait choisi de faire profil bas. Officiellement, on retrouve les arguments habituels, mais plus officieusement, il faut sans doute compter avec les craintes pour les intérêts commerciaux des semenciers français. Notre réponse est qu’on ne peut pas forcer les paysans à acheter des semences au-delà de leurs nécessités. On invite plutôt ces semenciers à nous rejoindre dans notre réflexion pour une agriculture respectueuse de l’environnement qui ne porte pas préjudice aux acteurs des filières agricoles. »

Manifestation pour le droit des paysannes et des paysans organisée par SOS Faim en 2018, à Bruxelles.

Abstentions sur la base d’arguments très faibles

« Certains gouvernements craignent un conflit avec l’inaliénable droit à la propriété privée, explique Florence Kroff. De notre point de vue, l’affirmation du droit à la terre vise en réalité à ouvrir un débat public sur les conditions d’accès au foncier pour les nouveaux et petits agriculteurs et sur les impacts négatifs de la concentration des terres et de la spéculation sur le foncier agricole. Dans cette Déclaration, le droit à la terre n’est pas du tout reconnu comme un droit à la propriété privée exclusif et absolu mais comme un droit à pouvoir accéder aux ressources naturelles nécessaires à la subsistance, c’est un droit d’usage, d’accès, de participation aux décisions, cela peut être un droit partagé avec différents utilisateurs et à différents moments de l’année. »

Le diplomate luxembourgeois Jean Feyder est très fier du vote favorable de son pays. Il connait bien les Nations unies où il représentait Grand-Duché de Luxembourg jusqu’en 2012. Il démonte les critiques des gouvernements abstentionnistes. Ceux-ci se demandent entre autres quelle sera la valeur ajoutée par rapport aux Directives volontaires sur le droit à l’alimentation et la gouvernance foncière ? D’autres encore pointent des contradictions avec le TIRPAA, le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture…

Jean Feyder explique qu’il est important de distinguer les Directives volontaires sur le droit à l’alimentation, qui ont été adoptées par le Conseil de la FAO en 2004, des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, qui datent de 2012. « Ces Directives restent en vigueur et gardent leur pertinence. Cela dit, elles se placent dans la perspective de tous les êtres humains et non pas dans celle des paysans et de la population rurale qui sont les plus affectés en premier lieu par les problèmes de l’alimentation. S’y ajoute que les Directives de 2004 ne tiennent pas compte de plusieurs problèmes qui ont affecté les paysans et la population rurale durant les deux dernières décennies comme celui de l’accaparement des terres ou encore des partenariats publics-privés, deux processus qui ont conduit à priver de leurs terres, de gré ou de force, un nombre rapidement croissant de petits paysans, de leurs familles et des populations rurales. Sans parler du développement des multinationales soucieuses de développer leurs marchés dans les pays en développement et de s’organiser de nouveaux marchés pour leurs produits y compris pour les semences et les produits phytosanitaires. »

Les Directives de 2012, rappelle Jean Feyder, s’occupent d’un problème spécifique, celui de l’accaparement des terres. « Elles portent essentiellement sur les devoirs et responsabilités des États, mais uniquement sur une base volontaire. La Déclaration sur les droits des paysans en revanche couvre une large gamme de droits et présente un éventail beaucoup plus complet des droits des paysans et des populations rurales (…) Quant au TIRPAA, il a été adopté par la FAO en 2001 et est entré en vigueur en 2004. Il s’agit d’un Traité donc d’un texte qui a une portée juridique pour tous les Etats qui l’ont ratifié. Il porte uniquement sur les ressources phytogénétiques, donc sur les plantes que cultivent les paysans alors que la Déclaration sur les droits de paysans porte sur une gamme beaucoup plus large de droits comme celui à la terre, aux semences, à l’eau, à l’alimentation, à l’éducation, à un environnement sain etc. » 

Selon Florence Kroff, « Il ne s’agit pas de distribuer des semences mais de mettre en place des cadres qui ne découragent pas les pratiques paysannes. La Déclaration, tout comme le TIRPAA, invite les Etats à choisir une règlementation qui protège les droits des paysans et qui empêche la marginalisation des systèmes de semences paysannes. La Déclaration, non contraignante, affirme même que les lois et règlements nationaux peuvent encadrer la mise en œuvre des principes qui garantir l’accès le plus large possible aux semences aux petits producteurs modestes et à petite échelle. »

La balle est dans le camp des gouvernements

Quand on observe de près le décompte des votes favorables, défavorables et des abstentions – 121 en faveur, 8 contre, 54 abstentions (dont la Belgique et la France) – on navigue de résultats attendus en surprises. Le refus des USA était assez prévisible. L’appui d’Etats peu recommandables en matière de droits de l’homme comme l’Arabie Saoudite est plus détonnant. Pour Florence Kroff, « la question de l’implication de certains pays tels que l’Arabie Saoudite est problématique (…) nous notons d’ailleurs que la Belgique a fait partie des pays ayant voté en faveur de l’Arabie Saoudite en 2017 pour qu’elle rejoigne les Etats membres de la Commission des droits des femmes, en totale incohérence avec les lois et pratiques du pays. »

Selon Jean Feyder, « l’appui donné par un gouvernement ne dispense nullement celui-ci de respecter tout autre Traité ou Déclaration en matière des droits de l’homme. L’appui donné par l’Arabie Saoudite ne privera en aucun cas des gouvernements et la société civile mondiale de poursuivre ses critiques à l’égard de ce gouvernement en ce qui concerne l’absence de libertés fondamentales dans ce pays surtout la discrimination à l’égard des femmes, ni la violation flagrante des droits humains au Yémen ni le cas meurtrier du journaliste Khashoggi. »

Geneviève Savigny fait également l’hypothèse qu’il existe des postures politiques, certains Etats abstentionnistes ne voulant pas s’aligner sur la Bolivie qui est à l’origine de l’initiative : « le jeu diplomatique aux Nations unies donne parfois des résultats surprenants qui en tant que paysans nous dépassent un peu. A notre niveau, après tout le travail que nous avons investi à Genève, à argumenter dans les commissions auxquelles nous avons participé, c’est la position de l’Europe qui est la plus décevante. » Seuls cinq Etats européens (Luxembourg, Moldavie, Portugal, Serbie, Suisse) reconnaissent en effet l’urgence d’appuyer les paysannes et paysans.

Tous les droits paysans dans un seul texte

Pour Florence Kroff, « la grande valeur ajoutée de la Déclaration est de regrouper dans un même texte international, négocié au sein des Nations unies, tous les droits fondamentaux spécifiques des paysannes, paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Jusqu’à présent ceux-ci se retrouvaient dans plusieurs textes différents et dans plusieurs instruments internationaux et régionaux. La possibilité de pouvoir réaffirmer ces droits préexistants dans un même texte s’avère important pour protéger leurs droits fondamentaux systématiquement violés aux quatre coins du monde.  De plus, la Déclaration est un texte de droit international des droits humains, ce qui lui permet de devenir une source d’inspiration direct pour les législation nationales et internationales, plus directe que les Directives. »

Propos recueillis par Pierre Coopman

À Consulterla Déclaration sur les droits des paysans

 

Retour sur le succès du festival Alimenterre pour sa 10e édition !

La 10e édition du festival s’est déroulée tout au long du mois d’octobre à Bruxelles et en Wallonie. Un mois riche en découvertes, débats, histoires et rencontres. Avec un total de 27 projections et de 2500 spectateurs, le succès grandissant du festival nous prouve qu’il existe un réel intérêt de la part du public pour les enjeux de la souveraineté alimentaire .

Le festival 2018 en chiffres

  • 2500 spectateurs
  • 7 films sélectionnés, dont 2 primés
  • 27 projections
  • Une cinquantaine de volontaires
  • Une soixantaine d’associations partenaires
  • Une cinquantaine d’intervenants qui sont venus échanger et débattre avec le public après les projections et présenter des alternatives de production et de consommation durables

7 films passionnants qui poussent à l’action !

7 films qui poussent à la réflexion et à l’action ont été projetés au festival Alimenterre :

2 de ces films on été primés :

  • « Les champs de la Colère » a remporté le Prix du public ET le Prix spécial du jury
  • « La planète lait » a reçu le Prix Alimenterre

Un Flashmob dont on se souviendra !

Dans le cadre du festival nous avons organisé, avec d’autres associations, un Flashmob pour revendiquer une réelle application du droit à l’alimentation pour construire la souveraineté alimentaire de tous les peuples !

Kits de projection : 2 nouveaux films font leur entrée

Pour continuer à faire vivre le festival Alimenterre, SOS Faim vous propose de diffuser vous-mêmes un film sélectionné par le Festival via les « Kits de Projection Alimenterre ». Deux nouveaux films viennent d’être ajoutés aux kits : « La planète lait » et « L’empire de l’or rouge ».

Ce que comprend un kit :

  • Le film via un lien de téléchargement ou une clé usb
  • Une fiche pédagogique (comprenant des pistes d’animations de débat)
  • Un Mini-Guide organisation projection
  • Des droits de projection adaptés (de gratuit à 350€) en fonction du type de votre événement.

Pour plus d’infos sur les kits : https://festivalalimenterre.be/kits-de-projection/

Pour en savoir plus

SOS Faim, engagée pour le climat !

Le 2 décembre, nous étions plus de 65 000 selon la police et entre 70 000 et 75 000 selon les organisateurs à marcher, rouler, crier, chanter et danser dans les rues de Bruxelles. Une mobilisation historique ! A l’appel de la campagne « J’peux pas, j’ai climat ! », tous ensemble, alles samen, nous avons réclamé un engagement politique plus important pour sauver le climat. Au premier jour de la COP 24, le message aux dirigeants était clair : c’est maintenant qu’il faut agir !

SOS Faim est fière d’avoir participé à ce rassemblement. Parce que protéger notre planète est l’affaire de tous. Et parce que climat et agriculture sont intimement liés : l’agriculture intensive contribue au réchauffement climatique qui a un impact négatif considérable sur les petits paysans et, à l’inverse, l’agriculture familiale promeut une utilisation durable des ressources.

Une telle mobilisation nous motive donc encore plus pour poursuivre nos actions en faveur des paysans du Sud. On continue !

Coopérer avec les paysanneries du Sud au lieu de chasser les migrants

Le gouvernement belge veut mener une politique de coopération au développement qui contrôle les migrations internationales irrégulières. Ce gouvernement n’écoute pas la FAO, qui conseille plutôt de veiller à la cohérence entre les politiques agricoles et les politiques migratoires

En 2018, le rapport annuel de la FAO consacré à l’Etat de l’alimentation et de l’agriculture  se concentre sur les liens entre migrations et développement rural. Le thème de la migration est au centre de l’actualité. Le Pacte sur les migrations des Nations unies divise aujourd’hui les États qui veulent y adhérer et ceux qui le rejettent. Simultanément, en Belgique, le projet de nouvelle loi sur la coopération au développement définit la lutte contre la migration irrégulière comme un objectif et un critère d’évaluation de la politique belge de développement, tout en étant un critère de sélection des pays partenaires.

Les migrations ne s’arrêteront pas

La majorité des migrants internationaux se déplace d’un pays en développement vers un autre pays en développement (Source : FAO).

Ce que dit le rapport annuel 2018 de la FAO à propos des migrations ne coïncide pas toujours avec les finalités de la coopération au développement telles que conçues par l’actuel gouvernement belge. Le rapport confirme d’abord des tendances connues et qui ne s’arrêteront pas : les déplacements sont bien plus importants à l’interne qu’à l’international. En 25 ans, 1,3 milliard de personnes vivant dans les pays en développement se sont déplacés à l’intérieur de leur propre pays. C’est sept fois plus que les migrants internationaux. Parmi ceux qui partent à l’étranger, la plupart se déplace d’un pays en développement vers un autre pays en développement… Last but not least, le rapport livre une information fondamentale pour bien comprendre les liens entre les crises des agricultures et des migrations : le nombre de ceux qui émigrent dans l’année qui suit leur premier exode rural à l’intérieur de leur propre pays est cinq fois plus élevé que le nombre de ceux qui émigrent dès leur premier départ.

Les politiques migratoires doivent tenir compte de l’agriculture

Une partie importante des émigrants a donc d’abord subi un déplacement interne, le plus souvent en provenance des zones rurales. Un constat important du rapport de la FAO est dès lors trop peu mis en avant dans l’approche belge : « il est essentiel d’assurer la cohérence entre les politiques migratoires, les politiques agricoles et de développement rural si l’on veut faire en sorte que les migrations soient sûres, ordonnées et régulières. Les politiques ne doivent pas viser à réduire ou à accélérer les flux migratoires, mais à optimiser leurs bienfaits économiques et sociaux tout en réduisant au maximum les difficultés auxquelles sont confrontés les migrants et les sociétés. »

Les entreprises privées ne vont pas arrêter les migrations

© Philippe de Kemmeter

L’autre faiblesse du nouveau projet de loi belge sur la coopération au développement pourrait être son insistance à privilégier le rôle des entreprises et du secteur privé, notamment en zones rurales des pays pauvres. Beaucoup d’ONG belges pensent que l’approche du secteur privé à but lucratif ne témoigne pas d’une volonté d’inclusion de toutes les paysanneries des pays en voie de développement. Les laissés pour compte du monde paysan viennent alors grossir les rangs des populations urbaines, sans disposer de ressources suffisantes pour payer l’aventure migratoire internationale.

Un article consacré aux migrations dans l’édition de novembre 2018 du Monde diplomatique (1) rappelle que dans les États les plus pauvres, plus que partout ailleurs, la vision classique et libérale du développement économique n’est pas synonyme de prospérité pour tous : « la hausse de la productivité agricole transforme le monde rural en laissant sur le carreau une main-d’œuvre abondante, souvent jeune, que l’économie urbaine émergente ne parvient pas à absorber (…) Bloqués dans les campagnes ou aux marges des villes, les laissés pour compte sont distancés par ceux qui tirent leur épingle du jeu et peuvent profiter des bienfaits de la consommation.»

Il s’agit donc de bien comprendre que l’appui au secteur privé dans les pays pauvres ne renverse pas l’exode rural et les déplacements internes. Si cet appui est mal exécuté, il peut même aggraver ces déplacements. La minorité qui émigre a souvent d’abord connu une migration interne en provenance des campagnes, mais au final, la majorité paysanne, victime des inégalités, se retrouve coincée à la marge des grandes villes de son pays d’origine.

Assez de simplismes !

Il n’existe pas de recettes de développement simples qui seraient en mesure de ralentir les flux migratoires, qu’ils soient internes ou internationaux, réguliers ou irréguliers. Défendre cette idée fausse témoigne d’un simplisme effarant. Certains politiciens s’y accrochent malgré tout, leur curseur étant sans doute bloqué sur leurs prochaines échéances électorales.

Rédaction : Pierre Coopman

(1) Benoit Bréville, Immigration, un débat biaisé, Le Monde diplomatique, n°776, novembre 2018.

 

 

Burkina Faso : investir la fierté d’être paysan

Avec les témoignages de Fulgence Yameogo, responsable de l’association BAOBAB et de Roukiattou Ouedraogo, chargée de communication et de plaidoyer au SPONG.

La carte publiée par la diplomatie française… plus aucune région n’est en vigilance normale.

En octobre 2018, la diplomatie française mettait à jour ses informations concernant la sécurité au Burkina Faso et publiait une carte (voir ci-contre) indiquant la dangerosité des différentes régions du pays. La situation paraît alarmante, la « vigilance normale » n’est de mis nulle part. La capitale, Ouagadougou, a été plusieurs fois frappée par des attentats jihadistes.

Le Burkina Faso ne mérite pourtant pas l’image d’un pays aux prises avec le jihadisme et l’insécurité.  Les sociétés civiles et paysannes du Burkina sont très dynamiques.

Elles ont dénoncé la gabegie de l’ex- président Blaise Compaoré en 2014 et elles redoublent d’efforts pour prendre des initiatives de lutte contre la pauvreté.

Aujourd’hui, les Burkinabé se mobilisent pour des politiques participatives

Fulgence Yameogo (BAOBAB) : les paysannes et les paysans apprennent à défendre leurs intérêts.

Fulgence Yameogo, responsable de BAOBAB, un partenaire burkinabé de l’ONG belge Autre Terre (membre, avec SOS Faim, du programme SIA), regrette que son pays suscite autant de craintes :

Des recruteurs-jihadistes circulent dans les quartiers défavorisés de Ouagadougou, la capitale. Le phénomène prend de l’ampleur au Burkina, de plus en plus de jeunes sont favorables à l’extrémisme religieux…

Je suis sidéré par le nombre de radios de confessions religieuses, chrétiennes ou musulmanes, qui tiennent toutes un langage de plus en plus radical et intolérant.

Mais dans le centre du pays, le recrutement jihadiste n’est pas quantitativement important. On entend parfois parler d’un ou deux recruteurs.

C’est surtout dans l’extrême nord du pays que des témoignages parlent de jeunes qui disparaissent et puis reviennent avec de grosses motos, avec un niveau de vie qui a changé, avant de redisparaître. 

Des jeunes motivés mais sans emploi

Rokiattou Ouedraogo (SPONG) : mobiliser les Burkinabé.

Pour Roukiattou Ouedraogo, chargée de communication et de plaidoyer au SPONG (le Secrétariat Permanent des ONG au Burkina Faso), les mobilisations populaires qui ont mené à la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre 2014 démontrent que le Burkina est caractérisé par une société civile forte et une jeunesse en ébullition (plus de 60% des 17 millions de Burkinabé ont moins de 20 ans) qui a joué un rôle moteur dans les mobilisations ces dernières années  (1).

On peine donc à comprendre ce qui vaut à ce pays jeune et dynamique d’être classé dans la « no-go zone » du jihadisme. Est-ce dans la crise de l’emploi des jeunes et ses conséquences qu’il faut chercher les réponses à ce paradoxe ? Roukiattou Ouedraogo rappelle que le SPONG a publié en 2014 un rapport sur la problématique de l’emploi et des jeunes qui constatait que la population burkinabé en âge de travailler dispose d’un faible niveau d’employabilité. En effet, plus de 71% de la main-d’œuvre potentielle n’est ni instruite ni alphabétisée. Seulement 12,3% de ces potentiels actifs ont le niveau secondaire. 78,5% des femmes en âge de travailler ne sont ni instruites ni alphabétisées, contre 62,8% d’hommes ; 9,1% de ces femmes ont le niveau secondaire, contre 16,2% chez les hommes. Aussi, les femmes accèdent moins à l’alphabétisation que les hommes : 1,4% des femmes en âge de travailler sont alphabétisées, contre 2% des hommes.

Pourtant, l’Etat burkinabé organise l’enseignement jusque dans les communautés rurales du pays. L’histoire personnelle de Fulgence permet de comprendre ce qui amène beaucoup d’enfants à décrocher :

Mes parents vivaient en zone péri-urbaine, aux abords de Ouagadougou, sans eau courante, sans électricité. Ils étaient instruits et ont voulu me donner une éducation identique. Ils m’ont envoyé en milieu rural pour pouvoir me rendre à l’école.  J’ai passé six ans loin de mes parents, ne les voyant qu’une fois par an pour les vacances.

J’ai eu l’opportunité de vivre chez mon maître, qui était également mon tuteur, ce qui m’a permis de suivre une scolarité complète jusqu’aux études supérieures. Beaucoup d’enfants en zone rurale n’ont pas cette chance, doivent marcher plusieurs heures par jour pour se rendre en classe.  A priori, l’État installe des écoles, même rudimentaires, dans les communautés rurales, mais la majorité des enfants abandonnent vers l’âge de 8 ou 9 ans sous la pression des parents qui ont besoin d’eux pour les accompagner dans les travaux agricoles. Chez nous on dit que les adultes ne courent pas derrière les chèvres pour les garder, ce sont les enfants qui font cela… Après deux ou trois ans de classe, le réflexe est de se dire, ok, maintenant ça va, tu sais lire un minimum, maintenant tu viens m’aider aux champs… alors qu’en réalité le niveau d’alphabétisation de ces enfants reste encore minimal ou risque de s’effondrer dans les années suivantes par manque de pratique de la lecture.

Former une nouvelle génération de paysans

 Au fil de son parcours personnel, Fulgence est devenu le responsable de BAOBAB. Cette association a commencé par retisser des liens de solidarité entre les populations rurales et urbaines du Burkina grâce à la création de pièces de théâtre-actions. Dans un second temps, elle a entamé des projets en milieu rural visant à l’autonomisation des femmes. Nous avons commencé par un centre d’alphabétisation pour femmes adultes à Koudougou (une soixantaine de kilomètres à l’est de la capitale). Nous avons constaté que les enfants de ces femmes n’étaient pas scolarisés à cause de la distance entre le foyer familial et l’école. Nous avons donc créé un enseignement itinérant qui se rapproche des enfants. Il s’agit de projets pilotes, à vocation d’exemple, où nous suivons une cinquantaine d’enfants entre 9 et quatorze ans pour une période de cinq ans d’apprentissage. Puis nous délocalisons pour choisir un autre endroit propice et accessible pour une quarantaine d’enfants pendant 5 ans. A partir de l’âge de 12 ans nous combinons les cours avec une formation agricole pour essayer de leur inculquer la fierté d’être paysan. La formation est axée sur l’agroécologie. Nous en sommes à la fin du cycle de cinq ans dans notre troisième village. Nous sommes donc actifs depuis 15 ans. En incluant le taux de déperdition, nous avons formé plus ou moins 100 enfants jusqu’à présent. Nous avons réussi à intégrer 9 enfants au collège. Et cette année, une des filles du premier village termine ses études secondaires.

Promouvoir l’économie sociale et solidaire

Nous considérons aussi que d’autres ont réussi en s’investissant dans leur fierté d’être paysan. Je songe à un ancien de chez nous qui s’est installé pour faire de l’élevage. On envoie ceux qui s’intéressent le plus à l’élevage se perfectionner dans les fermes. L’ambition est de ne pas les déconnecter. Neuf autres élèves se sont installées pour faire de la couture, quelques-unes le maraîchage. 

 Nous veillons également à ce que les gens que nous avons formés puissent à leur tour former leurs pairs. BAOBAB veut illustrer comment il est possible pour des paysans bien formés de créer des filières de production, de transformation et de commercialisation. L’association s’est donc, entre autres, lancée dans l’appui d’une filière de transformation :  une coopérative de Ouagadougou achète du beurre de Karité à Koudougou pour le transformer en savon. BAOBAB et Autre Terre ont financé les équipements qui permettent la transformation. Et nous mettons en place une chaîne similaire entre des producteurs de céréales à Koudougou et des fabricants de farine à Ouaga.

Dans une logique d’économie sociale et solidaire, depuis 2012, BAOBAB a également ouvert un centre de tri de vêtements de seconde main à Ouagadougou. Fulgence est fier d’annoncer que ce centre emploie 15 personnes et permet de renforcer le financement des activités en zone rurale. BAOBAB parvient à valoriser 200 tonnes de textile de seconde main chaque année. 

L’arbre deviendra grand

Le Burkina c’est 16 millions d’habitants. Nous sommes donc loin d’être en mesure de résoudre les problèmes du pays, conclut Fulgence, mais nous considérons que les paysannes et les paysans qui ont bénéficié de nos formations peuvent mieux défendre leurs intérêts. 

Sans oublier que d’autres organisations paysannes au Burkina Faso sont actives dans l’alphabétisation, la formation et le renforcement des sociétés paysannes.  On citera, parmi les partenaires de SOS Faim, la FNGN (Fédération nationale des groupements Naam) et l’APIL (Action pour la promotion des initiatives locales).

Dans ces cas là, on dit que le petit arbre poussera … et même que le baobab deviendre grand, si ce n’est pas déjà le cas.

Rédaction : Pierre Coopman

(1) Interview de Roukiattou Ouedraogo, Croco.solsoc.be, avril 2017.

La place des agricultures conventionnelles pour lutter contre les changements climatiques

Un entretien avec Philippe Baret

Président de SOS Faim et Doyen à la Faculté de bioingénieurs de l’UCL

Philippe Baret : « établir des alliances avec les agriculteurs et les agricultrices d’aujourd’hui. »

À l’heure de la COP24 à Katowice en Pologne, SOS Faim se joint aux revendications pour une politique climatique plus ambitieuse au niveau mondial.

Le Baromètre des agricultures familiales publié en octobre avec Iles de Paix et Autre Terre pose la question du rôle important joué par l’agriculture dans le réchauffement climatique.

Le Baromètre défend l’idée que l’agroécologie est une alternative qui permet aux agriculteurs de mieux respecter l’environnement.

Mais comment mettre en œuvre cette agroécologie si prometteuse ?

Philippe Baret : Les constats du Baromètre sont exacts, mais il reste à savoir comment mener efficacement un plaidoyer pour que les acteurs qui ont des responsabilités dans le réchauffement climatique soient réellement convaincus que leurs changements de comportements feront la différence. 

Le Baromètre 2018 est une coédition de SOS Faim, Iles de Paix et Autre Terre.

Manger moins de viande est nécessaire pour diminuer les conséquences du réchauffement, mais il faut se rendre compte que certains acteurs ont de bons arguments pour démontrer que,  finalement, la viande industrielle est très efficace et qu’on peut envisager de manger moins de viande en ne mangeant que de la production industrielle… 

Je crois qu’il s’agit de mettre entre parenthèses les discours très généraux et de pouvoir argumenter filière par filière. Il faudra décliner par produit agricole, repenser le système viande, réévaluer la façon de produire et consommer du lait, etc. Si des constats se font à l’échelle mondiale, les vraies solutions et les trajectoires nouvelles partiront de niveaux plus proches de la réalité du terrain. 

Il faut donc éviter la dualisation ?

Ph B : Oui, car dans la réalité, les agriculteurs de taille moyenne sont quasi invisibles dans une médiatisation qui ne montre que des petites expériences alternatives et des mastodontes industriels. Les agriculteurs conventionnels situés entre ces deux extrêmes sont un levier d’action important pour lutter contre le réchauffement climatique. Si leur choix est de s’orienter vers un modèle plus agroécologique, ils auront, vu leur importance relative, un impact important sur les indicateurs de biodiversité et de changement climatique. Consommateurs et pouvoirs publics doivent soutenir des modèles qui correspondent aux principes de l’agroécologie, comme le bio à petite échelle, mais l’impact de ce type de filière sur le système global reste limité.

En parallèle, il importe donc de soutenir aussi les agriculteurs conventionnels dont la vision et les pratiques se rapprochent du bio. Ils sont nombreux et les laisser être soit convaincus par le système industriel à grande échelle, soit abandonnés à un endettement et un découragement croissant, n’est pas une solution. Bien accompagnés, ces agriculteurs peuvent être aussi des acteurs de la transition. Celle-ci doit se faire avec un maximum d’agriculteurs et d’agricultrices, tout en gardant un cap radical : plus d’autonomie, moins d’impacts environnementaux et le respect du travail des paysans.

La dualité n’apportera aucune solution durable. Les fermiers, coincés entre les exigences d’une agroécologie radicale et la fuite en avant du système industriel, sont tous en train de disparaître. Il faut donc pouvoir travailler avec des agriculteurs qui sont peut-être plus proches du monde industriel que les nouveaux agroécologistes, mais dont une partie a envie d’essayer autre chose de plus cohérent environnementalement. Ces paysans-là ne vont pas changer en quelques semaines, il faudra de la patience. Sans oublier que si ces fermiers-là abandonnent, il y a beaucoup de chances que leurs terres partent aux tenants d’un modèle industriel à grande échelle. On aura alors tout perdu. 

Le contexte politique et économique actuel ne favorise pas l’agroécologie. © Juan Mendez.

Existe-t-il des expériences qui vont dans le sens de ce travail avec l’axe du milieu ?

Ph B : Oui, en France, le réseau des Civams (les Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) accompagne ce type  agriculteurs  et les aide, si ils le désirent, à passer vers l’agroécologie.

En Belgique, au sein de la FUGEA (la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs) , un cadre est créé pour des agriculteurs et agricultrices qui cherchent plus d’autonomie et de durabilité.

Comment consolider l’agroécologie ?

Ph B :  En partant du constat que l’agroécologie est encore fragile et que si on veut la consolider il faut vraiment construire des capacités d’action et établir des alliances avec les agriculteurs et agricultrices d’aujourd’hui..

Je suis inquiet pour l’agroécologie au Brésil. C’est une agroécologie fortement soutenue par les pouvoirs publics qui pourrait donc être rapidemement fragilisée par un chef d’Etat comme Bolsonaro, acquis à l’agrobusiness.

Les politiques publiques sont de plus en plus démunies car la maîtrise des options techniques et des flux de marchandises en agriculture sont aux mains d’acteurs privés. Les exportations ne se font plus entre la France et l’Egypte, elle se font entre l’unité de Cargill qui achète en France et l’unité de Cargill qui vend en Egypte. Aujourd’hui, les politiques publiques ont de moins en moins la contrôle des politiques agricoles et surtout des politiques alimentaires. 

Quelle est la troisième voie ?

Ph B : Entre une agroécologie radicale et à petite échelle et une agriculture industrielle, il y a un modèle qui doit prendre sa place, celui d’une agriculture conventionelle qui évolue vers des pratiques plus agroécologiques. Le renforcement de ce modèle et son adhésion la plus rapide et complète possible aux principes de l’agroécologie dépend surtout du rapport de force à l’intérieur du système agro-alimentaire.

Je constate que les agriculteurs les plus autonomes financièrement et qui sont maîtres de leur moyen de production sont les plus motivés et aptes à entamer une transition. Ils souhaitent reprendre leur destin en main mais le système de prix et de subsides ne les aide pas. Redonner de l’autonomie aux agriculteurs et agricultrices, c’est aussi relocaliser les chaînes de commercialisationn tant au Nord (exportateur) qu’au Sud (importateur).

On pourrait ainsi sortir d’une mise en concurrence entre les agriculteurs du monde. A l’autre bout de la chaîne, et par analogie avec la crise bancaire,  je pense que le modèle d’agrobusiness à grande échelle comme au Brésil et au Etats-Unis est non seulement incohérent mais instable à long terme. Je rêve qu’on fasse passer à ces systèmes des « stress tests » comme pour les banques. On verrait alors que leur résilience est probablement très faible, à la fois d’un point de vue environnemental (notamment par l’appauvrissement des sols en matière organique) et économique (la course à la  compétitivité conduisant à sacrifier toujours plus de perdants de cette course). Comment le Brésil, qui a multiplié son volume d’exportations agricoles par 6 entre 2000 et 2013 , résisterait-il à ce type de test? 

Ce dont les agricultures familiales agroécologiques ont besoin,  ce sont surtout  de nouvelles alliances plus que des solutions techniques. Quand des citoyens et des acteurs économiques s’associent avec, entre autres, l’appui des pouvoirs publics, cela fonctionne et cela ouvre la voie à la mise en place de pratiques plus durables et résilientes. 

Propos recueillis par Pierre Coopman

 

#JOB : chargé-e de production et de diffusion d’outils pédagogiques et d’information

Contexte

SOS Faim est une ONG qui lutte contre la faim et la pauvreté en milieu rural en Afrique et en Amérique latine. Elle soutient l’agriculture familiale en donnant aux organisations paysannes les moyens de mener des actions concrètes et efficaces pour améliorer les revenus des agriculteurs et défendre leurs intérêts. Au Nord, elle sensibilise et mobilise les citoyens pour influencer les politiques qui ont un impact sur les conditions de vie des populations rurales au Sud.

Vous faites partie du service information qui agit au Nord (en Belgique) et vous travaillez en étroite collaboration avec le service communication. Vous êtes chargé(e) de la production des vidéos, de l’élaboration et du lancement d’une stratégie de diffusion d’outils pédagogiques et d’information pour l’ensemble de l’ONG.

En matière de suivi de production vidéo, vous serez en lien avec les prestataires vidéos externes et les associations partenaires de production et vous serez principalement mobilisé-e sur trois projets d’ampleurs et de natures différentes :

  • Un documentaire co-produit pas SOS Faim, Iles de Paix et Autre Terre
  • La mise à jour d’une vidéo d’animation de 10 min
  • La production d’une ou plusieurs courtes vidéos web pour appuyer la prochaine campagne de mobilisation de SOS Faim

Compétences et expériences requises

  • Vous avez de l’expérience (minimum 3 ans) en gestion de projet audiovisuel
  • Vous avez l’habitude de travailler avec des professionnels de ce secteur et maîtrisez leur langage;
  • Vous avez de l’expérience en gestion de projet avec plusieurs acteurs, savez élaborer un planning, mobiliser les partenaires pour le respect des échéances, diriger et coordonner des réunions multi-acteurs
  • Votre capacité d’analyse stratégique vous permet de faire des propositions concrètes pour la diffusion d’outils pédagogiques et de publications en Belgique francophone.

Profil

  • Vous êtes passionné/e par l’audiovisuel, avez un œil incisif pour repérer une image surexposée ou une saute d’axe ; vous savez distinguer un bon storytelling et une histoire bien construire d’un montage tape à l’œil ;
  • Vous êtes organisé(e), créatif/ve, polyvalent(e) et vous avez le souci du détail;
  • Vous êtes doté(e) d’un bon sens relationnel et vous êtes capable de travailler en équipe;
  • Vous maîtrisez le français parfaitement à l’écrit et à l’oral ;
  • Vous êtes curieux/se et vous vous intéressez aux enjeux de société;
  • Vous avez une connaissance du secteur non marchand et pédagogique en Belgique francophone.

Ce que SOS Faim vous offre

  • Un contrat 1/2 temps à durée déterminée (CDD) de 4 mois à partir du 1er février 2018 ;
  • L’opportunité de travailler sur des projets vidéos qui ont du sens;
  • Un cadre de travail agréable et une ambiance conviviale ;
  • Une rémunération en lien avec votre expérience et le secteur.

Pour postuler

  • Envoyez un CV et une lettre de motivation à maryse.williquet@sosfaim.ong
  • Des entretiens individuels auront lieu dans les premières semaines de janvier dans les bureaux de SOS Faim à Bruxelles

CLIMAT : une mobilisation sans précédent en Belgique

La prochaine conférence des Nations Unies sur le climat (COP24) se déroulera à Katowice en Pologne du 3 au 14 décembre 2018. Pour marquer le début de la COP24 et faire pression sur nos décideurs politiques, une grande mobilisation nationale pour le climat « Claim the climate » aura lieu, le dimanche 2 décembre à partir de 12h à Bruxelles. SOS Faim y sera, et vous ?

AU PROGRAMME DE LA JOURNÉE

  •  Grande marche et animations dans Bruxelles
    Départ de la gare de Bruxelles Nord à partir de 12h, pour réclamer un engagement politique plus fort contre le réchauffement climatique. La marche sera ponctuée par diverses animations pour les grands et les plus petits.
  • Spectacle de clôture au parc du Cinquantenaire
    Pour clôturer la marche, un spectacle climatique aura lieu à partir de 17h dans le parc du Cinquantenaire. Venez manger, boire et danser avec nous !

LA JUSTICE CLIMATIQUE, UNE PRIORITE EN 2018

Depuis une vingtaine d’années, les dirigeants mondiaux se réunissent lors de la « Conference of the Parties » (COP) pour discuter du réchauffement climatique. Cette année, près de 20 000 personnes provenant de 190 pays sont attendues à Katowice en Pologne :

  • Hommes politiques ;
  • Représentants d’organisations non gouvernementales ;
  • Représentants de milieux scientifiques ;
  • Représentants d’entreprises, etc.

Mais le climat est l’affaire de tous et il reste plus que jamais une priorité en 2018 (émissions de CO2 en hausse, vague de chaleur en été, etc.). C’est le combat de Climate Express, un mouvement qui mène depuis 2013 des actions pour un monde plus juste et en équilibre avec les capacités de la Terre. De son côté la Coalition Climat réunit environ 70 associations belges toutes concernées par la lutte pour une meilleure justice climatique.

En tant que mauvais élève du climat, il est impératif pour la Belgique de limiter la hausse de la température globale à 1,5°, conformément à l’Accord de Paris. Il y a aussi urgence de soutenir les pays les plus fragilisés par le réchauffement climatique.

Rendez-vous donc le 2 décembre pour faire entendre votre voix !

INFOS PRATIQUES

  • Quand ? dimanche 2 décembre 2018, 12h – 17h
  • Où ? au départ de la gare de Bruxelles Nord

PLUS D’INFOS

EXKi récompense les producteurs de café en transition agroécologique en Bolivie

Depuis 3 ans, SOS Faim et EXKi (avec ses fournisseurs Café Liégeois et Coffee Team) se sont associés pour soutenir les producteurs boliviens de café en transition agroécologique en mettant en place un concours qui récompense les plus impliqués et dotés d’un esprit d’entreprise. La remise des prix a eu lieu le 24 octobre dernier à Caranavi en Bolivi. À cette occasion, EXKi, Café Liégeois et Coffee Team se sont rendus sur place pour rencontrer les producteurs de café et leurs organisations et remettre les prix du concours.

Un concours qui récompense les efforts des producteurs et les encourage à un esprit d’entreprise !

L’objectif de ce concours était de récompenser les producteurs les plus engagés dans leur pratiques agroécologiques et d’encourager l’entreprenariat social leur permettant de compléter leur activité de production de café par d’autres cultures associées pour diversifier leurs sources de revenus. En effet, en zone rurale, les producteurs et en particulier les jeunes ont l’esprit d’entreprendre.

L’événement de remise des prix a eu lieu le mercredi 24 octobre, au cours duquel les 11 candidats au concours ont reçu un prix, en présence des autorités locale et de la presse . Les 3 gagnants principaux ont proposé :

  1. L’élaboration d’une pépinière pour la commercialisation de plans de café et d’espèces forestières (utilisées en système d’agroforesterie) ;
  2. L’élaboration d’un « jardin agroécologique », c’est-à-dire une diversification et intensification productive avec d’autres espèces fruitières et vivrières ;
  3. La commercialisation d’intrants biologiques (engrais et fertilisants organiques, etc.).

Ils ont reçu respectivement l’équivalent de 5000 €, 4000 € et 1500 € qui seront remis sous forme de matériel et d’équipement nécessaire pour concrétiser leur projet, pour lequel ils seront accompagnés par l’AOPEB.

Les 8 autres participants ont reçu l’équivalent de 500 € sous forme de fourniture de produits agricoles biologiques. Ils auront la possibilité de se représenter lors du prochain concours organisé en 2020. La remise des prix a eu lieu en présence de représentants de EXKi, Coffee Team, Café Liégeois et SOS Faim.

Un programme complet d’accompagnement des producteurs de café

Le concours a été organisé dans le cadre d’un programme d’accompagnement de producteurs vers le renouvellement de plants de café de manière agroécologique, mené par SOS Faim et son partenaire l’AOPEB dans la province de Caranavi :

  • Environ 220 producteurs de café sont accompagnés par l’AOPEB. Ce sont prioritairement des jeunes et des femmes prêts à s’investir à moyen terme pour renouveler leurs plants de café avec une approche agroécologique ;
  • Parmi eux, 50 ont participé en 2018 à « l’école du café » de l’AOPEB qui associe à la pratique des modules de formation plus théoriques sur les pratiques culturales et la gestion économique de leur parcelle ;
  • Les 30 producteurs les plus motivés et dotés d’un esprit « entrepreneur » ont participé à des ateliers spécifiques sur l’entreprenariat pour développer des activités complémentaires à la culture du café et diversifier ainsi leur source de revenus ;
  • Au terme de ces ateliers, 11 producteurs ont participé au concours en présentant une idée de projet entrepreneurial et un plan d’affaires simplifié.

Un projet qui répond à plusieurs enjeux

  • Économique : il vise à augmenter la productivité des plants de café et donc, à améliorer les revenus des producteurs et leur capacité à alimenter le marché de café certifié. Les sources de revenus sont également diversifiées, par l’association avec d’autres cultures et espèces forestières (recours à la pratique agroécologique appelée le Système d’Agro-Foresterie (SAF)) ;
  • Social : dans une zone fortement touchée par l’exode rural, il vise à maintenir les jeunes dans la zone en redonnant du sens à une activité agricole et entrepreneuriale rémunératrice ;
  • Alimentaire et nutritionnel: les cultures associées au café (maïs, fèves, fruits, etc.) sont consommées par les producteurs et leur famille et le surplus est vendu sur le marché local. Dans un contexte où la culture de la coca est plus séduisante pour les producteurs parce qu’elle est plus rémunératrice et qu’elle donne plusieurs récoltes par an, l’association des cultures vivrières peut concurrencer la culture de la coca et améliorer la disponibilité d’aliments de qualité au niveau local ;
  • Écologique : dans une zone vulnérable au changement climatique, le système d’agroforesterie (SAF) a des effets bénéfiques en protégeant la parcelle.

Sur le même sujet

Le quotidien des producteurs de café en Bolivie
L’agroécologie : à la croisée des chemins

CONFÉRENCE : L’agriculture familiale, une solution pour l’Afrique ?

Olivier De Schutter et OSRA, une ONG éthiopienne, débattront de l’agriculture familiale en Afrique lors d’un événement, organisé par l’association Poursuivre et SOS Faim, qui aura lieu le samedi 1er décembre à 17h à Bruxelles. 

Au programme de la soirée

Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation entre 2008 et 2014. Il est actuellement membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU et co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food). Il abordera les questions suivantes :

A quels problèmes se confronte l’agriculture mondiale, et plus particulièrement en Afrique ? Le marché mondial ? La capacité à nourrir durablement ? L’accaparement des terres ? Qu’apporte le développement de l’agriculture familiale ? Au niveau des personnes ? Au niveau des cultures elles-mêmes et de l’économie locale ? Au niveau de la protection de l’environnement ?

Alemayehu MECHESSA, Directeur Général d’OSRA en Éthiopie. Il présentera son expérience de situations concrètes vécues par OSRA. Il reviendra également sur les thématiques suivantes :

  • Promotion de la femme ;
  • L’agriculture familiale et ses ‘exigences’ ;
  • Diversification des cultures agricoles ;
  • Protection de la mise sur le marché des produits par les banques de céréales ;
  • Gestion du bétail.

A propos d’OSRA

OSRA est une ONG de développement créée en 1995 et soutenue par SOS Faim depuis 2017. Elle a pour but d’améliorer le quotidien des communautés rurales en région Oromo, à l’Est de l’Éthiopie. Ses principaux domaines d’intervention sont les suivants :

  • La promotion des banques de céréales et des coopératives de producteurs ;
  • L’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’éducation à l’hygiène ;
  • La protection environnementale ;
  • La promotion de l’accès à des services financiers adaptés pour les ruraux.

Infos pratiques 

  • Quand ? Samedi 1er Décembre 2018 à 17h00
  • Où ? La Vénerie – Espace Delvaux, Place Keym, 1170 Watermael-Boitsfort – Bruxelles – Belgique
  • Tarifs ? 8,00 € (tarif plein) ; 7,00 € (senior) ; 5,00 € (demandeur d’emploi / -26 ans)
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