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Contre la déforestation, agir sur le terrain et réduire l’impact européen

Union européenne • Agriculture industrielle • 28 septembre 2020

A l’heure d’écrire ces mots, les forêts de ce monde sont de nouveau en proie aux flammes. Huit millions d’hectares ont déjà brûlé cette année dans la région arctique de la Russie, alors qu’en Amazonie brésilienne on dénombre, pour le mois de juillet, 28% d’incendies en plus par rapport à 2019.

Si l’augmentation du nombre d’incendies dans les pays du Nord peut être mise sur le compte du réchauffement climatique et sur l’augmentation des températures et des sécheresses, il convient de prendre conscience que les hectares de forêts partant chaque année en fumée dans les zones tropicales de notre planète sont bel et bien le résultat d’une déforestation massive liée à nos modes de consommation. Selon le Comité économique et social européen, entre 1990 et 2008, la consommation des Européens était ainsi responsable de 36% de la déforestation liée au commerce mondial. Aujourd’hui encore, 10% de cette déforestation sont toujours engendrés par les activités économiques de l’Union. Ainsi, si nous prenons l’ensemble des produits agricoles et d’élevage responsables du déboisement dans le monde, 33% et 8%, respectivement, de ces produits sont importés et consommés dans nos pays. C’est ce que l’on appelle la déforestation importée.

L’Europe prend toutefois des mesures afin de limiter son impact sur les forêts du monde. Ce fut le cas récemment avec sa nouvelle stratégie en faveur de la biodiversité adoptée en mai 2020, en 2003 avec son plan d’action FLEGT (acronyme anglais pour Applications des règlementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux) ou encore en 2010 avec le règlement sur le bois de l’Union européenne (RBUE). Il faut comprendre que les années qui arrivent devraient être celles des forêts : l’ONU en a décidé ainsi en faisant de la période 2021-2030 la « Décennie pour la restauration des écosystèmes », lançant dans la foulée son « Plan stratégique pour les Forêts » visant une augmentation de 3% de la surface forestière mondiale.

Seulement, entre régulation et application, il y a un pas.

Depuis l’avènement de Jair Bolsonaro à la Présidence brésilienne, les subventions allouées aux ONG brésiliennes travaillant à la conservation des forêts ont été supprimées. Comme en atteste Greenpeace Brésil, cette surveillance constante est pourtant primordiale en Amazonie où 99% de la déforestation se pratique de manière illégale par des agriculteurs ou des industriels désireux d’étendre leurs parcelles. Exemple parmi tant d’autres pour montrer que, s’il est en effet urgent, ici, de réguler, il est aussi primordial de donner aux acteurs de ces pays les moyens de mettre en place des mécanismes de gestion et de conservation des forêts audacieux et efficaces.

Conserver, oui mais comment ?

La préservation des forêts du globe ne pourra se faire au détriment des populations locales. Rappelons que plus de 900 millions d’êtres humains dépendent des forêts pour leur subsistance. Il est grand temps de suivre les recommandations des ONG de terrain, du GIEC ou encore de la FAO, afin de mettre en œuvre des mécanismes de protection, de monitoring et de prélèvements forestiers résonnés s’appuyant sur les connaissances et les compétences de ces populations locales. Cela est, selon nous, l’unique manière de garantir à la fois protection environnementale et justice sociale tout en garantissant, sur le long terme, une gestion forestière appropriée aux spécificités des territoires.

 

Rédacteur : Bastien Dullier