SOS Faim
drapeau luxembourg Faire un don

Des forêts partout menacées, des communautés locales engagées

Sénégal • Agriculture familiale • 28 septembre 2020

Jean GOEPP, fondateur et directeur de Nebeday

SÉNÉGAL

Quelle est la principale pression qui s’exerce sur les forêts sénégalaises actuellement ?
La raison première de ces prélèvements est le besoin de la population en bois de chauffe et en charbon de bois. Aussi, les Chinois installés en Gambie sont demandeurs d’essences nobles mettant ainsi une pression sur nos forêts.

Quelles sont les stratégies mises en place afin de remédier à cette problématique ?

Nebeday développe un bio-combustible à base de paille qui se substitue au charbon de bois. Nous menons aussi, chaque année, l’opération 1 million d’arbres pour lancer des reboisements massifs afin de contrer la déforestation.

Quelle est la place donnée aux populations locales dans ces stratégies ?

Ces populations sont le secret pour remédier à la déforestation massive. Il faut que tous les citoyens se lancent dans la plantation d’arbres et dans l’utilisation de combustibles de substitution.

Pour ce faire, nous menons des campagnes de ciné-débats afin de mobiliser les populations. Nous sommes aussi actifs dans les écoles où nous touchons 10 000 enfants avec pour but de former les écocitoyens de demain.

On aide aussi les pépiniéristes en les formant et en achetant leurs arbres. Pour les semences sauvages, on travaille avec les populations. Elles collectent les graines et nous les leur rachetons ensuite.

Il y a également des gens, dans différentes localités, qui nous connaissent, qui veulent se mettre à planter. Autant que possible, on essaie de répondre à leurs demandes en les accompagnant.


Lizandro CHILA, consultant pour les organisations liées à la mangrove

EQUATEUR

Comment la mangrove peut-elle résister durablement à la pression démographique sur son écosystème ?

Dans les communautés, la génération d’outils permettant la production durable de ressources, tels que « l’accord d’utilisation durable et de conservation des mangroves », a donné de bons résultats ces dernières années en contribuant à réduire la pression
sur l’écosystème. En coordination avec les organisations, ils aident à avoir une gestion intégrée de la zone de concession des mangroves et génèrent également une gouvernance à tous les niveaux pour la protection des zones de conservation.

Il faudrait également donner une valeur ajoutée aux produits extraits des zones, générer un système de taille et de poids pour la pêche et la récolte mais aussi renforcer les jardins familiaux et les élevages de volaille pour que les familles ne dépendent plus entièrement des mangroves.

Enfin, il faudrait aussi améliorer la coordination entre les institutions responsables de la production agricole et du contrôle de l’environnement, pour un meilleur entretien des zones de mangrove.

Le rôle des jeunes et des femmes dans la promotion de la protection des mangroves est-il valorisé ? Comment ?

Oui, le rôle des jeunes et des femmes a été une constante, un « plus » important dans la dynamique de socialisation et de sensibilisation à la protection de la mangrove.
Nous pensons que nous, les jeunes, sommes capables de travailler main dans la main avec les autorités et les organisations pour nous approprier davantage ce qui est, pour nous, la plus importante industrie de notre canton.

Les femmes ont été et sont nos guerrières, toujours en lutte dans la défense des mangroves depuis leurs débuts jusqu’à aujourd’hui.


François BAAR, gestionnaire forestier

BELGIQUE

Quelle est la principale pression qui s’exerce sur les forêts belges actuellement ?

La suractivité humaine, la pollution générée et l’exploitation intensive des forêts avec  comme conséquences : perturbation du microclimat forestier, assèchement, dépérissement, pertes de biodiversité et tassement des sols. Les surdensités de gibiers, au bénéfice de la chasse, créent également une pression excessive d’abroutissement de la flore forestière dégradant l’ensemble de la pyramide écologique des milieux forestiers.

Quelles sont les stratégies mises en place afin de remédier à cette problématique ?

Une politique de sensibilisation à la gestion des forêts en peuplements naturels irréguliers, mélangés et diversifiés, protégeant les arbres morts, ceux d’intérêt biologique et les sols, est lentement mise en place. Ce type de gestion montre un niveau de biodiversité, de production de bois de qualité et de résilience supérieur au
système intensif. Ce sont des forêts qui, en outre, captent plus de CO2. La labélisation forestière pourrait aider à gérer encore mieux les forêts si les contraintes étaient revues à la hausse.

Quelles sont les freins à la mise en place d’une gestion plus durable des forêts ?

Les intérêts privés et particuliers et les mentalités influencent les propriétaires, les gestionnaires et le politique à pratiquer une gestion des forêts en peuplements artificiels, peu diversifiés et coupés entièrement une fois arrivés à maturité financière.
L’importance de la chasse empêche également les gestionnaires et propriétaires d’avoir de réels moyens pour réguler le gibier afin d’atteindre l’équilibre permettant un développement optimum de l’écosystème forestier.

 

Rédacteur : Bastien Dullier