EGAB, la défense de l’élevage pastoral

EGAB, entente des groupements associés pour le développement à la base, est un partenaire de SOS Faim au Sénégal depuis bientôt 10 ans. C’est une association d’éleveurs active depuis 30 ans dans le nord du Sénégal. L’organisation compte 2086 membres qui élèvent principalement des vaches, des chèvres et des moutons. Noémie Lambert, bénévole SOS Faim, a eu la chance de rencontrer EGAB au Sénégal. Dans cet article, elle nous présente ce partenaire hors du commun en trois points : son identité, son champ d’action et sa raison d’être.

La gestion de l’eau, premier défi à relever pour EGAB

Le premier problème à régler pour EGAB était celui de l’accès à l’eau. Les éleveurs de cette zone dépendaient alors des précipitations et ne pouvaient vivre là que quelques mois sur l’année. L’association est parvenue à amener des partenaires dans cette région désertée par l’État et a construit une quinzaine de puits, ce qui a permis à la population de s’installer durablement.

Ensuite, EGAB a réalisé des actions dans le domaine de la santé et de l’éducation, notamment avec l’alphabétisation en langue locale. Aujourd’hui, l’eau est disponible grâce à la construction de nouveaux forages dotés de moteurs diesel et de châteaux d’eau et de nombreux villages ont une case de santé et une école primaire.

EGAB se concentre maintenant de plus en plus sur l’amélioration de l’élevage. Avec des partenaires financiers, elle réalise des projets visant à améliorer la production, apporter des infrastructures aux éleveurs (parcs de vaccination, magasins d’aliments de bétail, santé animale, etc.) et organiser la transhumance.

Pourquoi, en 2017, vouloir maintenir l’élevage pastoral ?

“ Ici, la pluie peut être rare. L’État et les autres organisations doivent maintenir l’élevage extensif. Si on va vers un élevage plus intensif, c’est un risque pour nous éleveurs. Avec l’amélioration des races, les bêtes ne résistent pas à ce climat. Alors oui, je suis pour la transhumance. ” Habi Ka, présidente de la fédération féminine

 

Les menaces qui pèsent sur le pastoralisme

Dans cette région enclavée, sans route ni électricité, la commercialisation n’est pas encore vraiment à l’ordre du jour. L’objectif actuel est plutôt de sécuriser le pastoralisme, qui nourrit les familles mais est menacé par un ensemble de facteurs.

Le premier est politique : peu de décideurs soutiennent le pastoralisme. Nombreux sont ceux qui voudraient plutôt développer un système de production intensif à l’européenne, pourtant inadapté à l’échelle du pays.

Ensuite viennent les facteurs naturels. Les sécheresses sont fréquentes, les feux de brousse menacent les pâturages et des épidémies touchent parfois les troupeaux.

Enfin, les vols de bétail augmentent, tout comme les conflits entre agriculteurs et éleveurs et les pratiques de déforestation (notamment pour la fabrication de charbon de bois). Dans toutes les communes apparaissent aussi des demandes d’affectation de terres : les grands cultivateurs d’arachide, situés juste au Sud, grignotent progressivement la zone sylvo-pastorale et des exploitants de gomme arabique commencent à s’installer.

Face à toutes ces menaces, EGAB travaille, avec ses partenaires, à préserver une mobilité apaisée, sans conflit, notamment par un travail de marquage et d’accords sociaux autour de couloirs transhumants. L’Entente apporte aussi des infrastructures à ses membres afin de maintenir des troupeaux en bonne santé donc productifs tout au long de l’année.

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