En direct de la Semaine Africaine de la Microfinance

La deuxième édition de la Semaine Africaine de la Microfinance (SAM) s’est clôturée vendredi 3 juillet avec pour fil rouge : « Innover pour accélérer la finance rurale en Afrique ». Trois représentants de SOS Faim participaient à l’événement. Laurent Biot, Responsable du Service Appui Partenaires nous a livré ses premières impressions en direct.

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Représentation massive d’Afrique de l’Ouest et Centrale

Plus de 500 participants ont fait le déplacement pour se rendre à cet événement. L’Afrique de l’Ouest et centrale (RDC notamment) est largement représentée. Du côté d’Afrique de l’Est, la présence est plus timide. Pourtant, cette zone est considérée comme une des plus dynamiques dans le secteur. La distance géographique et l’usage prédominant du français ont sans doute freinés leur participation.

Cette grande messe réunit des représentants d’institutions de microfinance (IMF). Plusieurs partenaires de SOS Faim sont présents :

PAIDEK (RDC),
KAFO JIGINEW (Mali),
UBTEC (Burkina),
FONGS-FINRURAL (Sénégal),
Renaca (Bénin)

Des ONG européennes, des bailleurs internationaux, des investisseurs éthiques, des banques privées, des consultants sont aussi de la partie.

Le milieu paysan sous-représenté

Mais, alors que la thématique centrale est la (micro) finance rurale, dans laquelle le financement de l’agriculture est évidemment un enjeu très important, pratiquement aucune organisation de paysans et petits producteurs n’était invitée !

Nous distinguons seulement… deux organisations paysannes (OP), le SEXAGON du Mali et MOORIBEN du Niger, … toutes deux invitées à l’initiative de SOS Faim.

Comme le faisait remarquer en plénière le représentant du SEXAGON, « Messieurs les banquiers, vous parlez d’innovations financières en faveur de l’agriculture, mais comment voulez-vous faire cela alors que les producteurs eux-mêmes, ceux à qui sont adressés ces services, ne sont pas là ! ».

Cela démontre encore le chemin à parcourir pour développer des solutions viables, adaptées et qui puissent atteindre une échelle importante dans le domaine du financement des agricultures familiales.

Articuler les producteurs et les institutions de financement rural

SOS Faim a ainsi participé à un panel, avec nos deux partenaires OP, sur les «Articulations entre organisations de producteurs et institutions de financement rural : une clé pour l’avenir du financement des exploitations familiales ». Cette inclusion des OP dans l’élaboration de solutions financières est probablement une des marques de fabrique de SOS Faim.

Malgré tout, de manière générale, de nombreux bailleurs ont rappelé l’importance de l’articulation entre les différents acteurs ainsi qu’entre les différents outils mis en œuvre dans le domaine. Cela va dans un bon sens.

Pour conclure la SAM, Alpha Ouedraogo, ancien secrétaire général de la CIF (réseau d’IMF mutualistes d’Afrique de l’Ouest) a, de manière très juste, réaffirmé toute l’importance de la prise en compte des petits producteurs et des besoins multiples de financement des exploitations familiales : il ne faut pas uniquement soutenir les filières porteuses mais appréhender les exploitations familiales dans toute leur complexité (cultures vivrières, activités rurales non agricoles, besoins en matière de consommation, santé, éducation…).

Bonne nouvelle, SOS Faim œuvre déjà en ce sens avec ses partenaires !

Laurent Biot, Responsable Service Appui Partenaires

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