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Faux lait en poudre : la concurrence déloyale de l’industrie européenne

Lait • 2 mars 2020

DÉFIS SUD & TCHAK!

DÉFIS SUD participe au premier numéro de TCHAK! la revue paysanne et citoyenne qui tranche, avec un article sur le faux lait en poudre

 

Entre 2015 et 2018, les exportations de l’industrie laitière belge vers l’Afrique de l’Ouest ont quasi triplé grâce à des prix très bas. Une concurrence déloyale pour les producteurs locaux africains. La solution ?  Elle passe notamment par une prise de conscience du politique et des consommateurs belges.

L’évolution est très marquée. Selon les derniers chiffres cités par Willy Borsus, ministre wallon de l’Agriculture (MR), les exportations de l’industrie laitière belge vers l’Afrique de l’Ouest ont grimpé de 812 à 2 112 tonnes entre 2015 et 2018. Une courbe qui ne fait que copier celle des exportations de l’Union européenne. L’impact sur les marchés locaux est à la hauteur de cette concurrence déloyale. Décryptage.

De quels produits laitiers est-il question ?

L’Europe exporte vers l’Afrique de l’Ouest deux types de produit : du lait en poudre classique, mais aussi et surtout du « mélange MGV » (abréviation de « matière grasse végétale »). A l’origine de cette nouvelle filière, la hausse du prix du beurre – produit à haute valeur ajoutée – sur des marchés mondiaux rémunérateurs. Une aubaine pour l’industrie laitière, qui non seulement profite de cette hausse mais en plus valorise ses résidus.

Le procédé est le suivant : en Europe, la matière grasse est extraite du lait pour en faire du beurre. Le résidu de lait, également appelé poudre de babeurre, est ré-engraissé principalement avec de l’huile de palme. C’est donc principalement ce « mélange MGV » qui est exporté vers l’Afrique de l’Ouest, où il est vendu 50 % moins cher que le lait local. Une concurrence évidemment déloyale, qui pèse sur le développement de filières de proximité.

Elle pose aussi question en termes de santé publique : selon les éleveurs et éleveuses d’Afrique de l’Ouest, cette poudre ré-engraissée présente moins d’avantages nutritionnels, ce que les consommateurs africains ne savent pas en raison de la faiblesse des lois locales en matière d’étiquetage.

Qui sont les acteurs européens de l’industrie laitière ?

Les exportations européennes de mélange MVG sont aujourd’hui nettement plus élevées que celles de lait en poudre classique : 276 500 tonnes contre seulement 92 500 tonnes pour l’année 2018.Une hausse de 234 % en deux ans ! {…}

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