SOS Faim
drapeau luxembourg Faire un don

Forêts à vendre, forêts à défendre

Agriculture industrielle • 28 septembre 2020

La forêt et la vie.

Aujourd’hui, lorsqu’on évoque les forêts, on pense presqu’immédiatement à l’Amazonie en feu, victime d’une agriculture industrielle toujours plus gourmande en terres fertiles. Et le désastre est en effet colossal : entre 2010 et 2015, près de 45 millions d’hectares de forêt ont disparu dans le monde. Mais la forêt n’est pas seulement la victime collatérale d’une consommation de viande qui explose. Depuis plusieurs années, elle suit le chemin de l’agriculture, celui d’un secteur productif rentable et à rentabiliser au maximum.

Le commerce du bois, pour des besoins énergétiques, de chauffage ou encore d’habitation, mal et/ou insuffisamment régulé, nourrit un secteur parallèle et illégal qui détruit les dernières forêts primaires du monde, dans le Bassin du Congo par exemple.

Les plantations de palmiers à huile en Indonésie ou d’épicéas dans le Massif central  français remplacent les jungles luxuriantes et les forêts diversifiées et vivantes.

Car ne nous y trompons pas : en Europe, si les autorités annoncent souvent avec fierté une augmentation nette de la superficie forestière sur l’ensemble du territoire, elles évitent de préciser qu’il s’agit souvent davantage de « plantations d’arbres » avec comme objectif une production à marche forcée bien loin du rôle environnemental, de la réserve de biodiversité et du temps des forêts.

Et bien loin, aussi, de leurs liens aux hommes. Car au milieu des forêts, il y a des hommes et des femmes. Celle et ceux qui contribuent malgré eux à la déforestation parce que les forêts sont leur seul moyen d’assurer leur subsistance. Celle et ceux qui utilisent et affinent sans cesse les techniques d’agroforesterie et de sylvopastoralisme. Celle et ceux pour qui les forêts sont porteuses d’une signification mystique, offrent un lieu de loisirs ou fournissent de quoi se guérir. Celle et ceux qui consacrent leur énergie à sauver, restaurer, protéger un bien qui, par ce qu’il nous apporte, nous est commun à tou.te.s.

Et puis, il y a nous. Nous qui pouvons agir, aussi, en réduisant notre « déforestation importée » : consommer moins de viande, suivre les certifications pour s’assurer que le bois pour les meubles ou le papier que nous utilisons vient de forêts gérées durablement, mettre la pression sur les décideurs politiques pour que les règlementations à tous niveaux soient ambitieuses, contraignantes et efficaces. Dans une forêt, on voit, on entend, on sent, on goûte et on touche la vie. Préservons-la.

Au sommaire :

En bonus

 

 

Lire le numéro complet