L’agroécologie relance la production sur des terres fragilisées

Comme un peu partout ailleurs, l’utilisation répétée d’engrais chimiques et de pesticides a fortement dégradé les terres du Burkina Faso, laissant aux agriculteurs des terres pauvres en nutriments, peu propices à l’agriculture. La baisse de production qui en résulte met leur sécurité alimentaire en danger.

La solution passe par l’agroécologie

L’agroécologie permet d’augmenter la productivité et donc d’améliorer les conditions de vie des producteurs tout en assurant le renouvellement de la fertilité des sols et des ressources naturelles. C’est pour ces différentes raisons que SOS Faim soutient l’Association pour la Promotion des Initiatives Locales (APIL) qui met en œuvre un important programme de maraîchage mené en agroécologie depuis 2008.

Ce programme bénéficie actuellement à plus de 1640 familles réparties dans 4 communes des régions du centre nord et du plateau central du burkina faso. 59% des parcelles cultivées sont gérées par des femmes. Depuis le début du programme, les rendements des deux principales productions maraîchères a augmenté de façon significative: de 15 tonnes à 21 tonnes par hectare pour l’oignon (+42%) et de 19 tonnes à 30 tonnes par hectare pour la tomate (+37%). Pour en savoir plus, consultez le dernier Dynamiques paysannes sur l’agroécologie.

Un centre de formation en agroécologie

En 2016, l’APIL a mis en place un centre de formation à destination des producteurs de Bissiga, au Centre-Est du Burkina Faso. Nous avons rencontré le responsable de ce centre, Saïdou Bamogo. Selon lui, l’agroécologie est la solution pour contribuer à la sécurité alimentaire des agriculteurs de manière pérenne. L’objectif de ce centre est d’une part de renforcer les capacités des agriculteurs en matière de pratiques agroécologiques et d’autre part de conscientiser la population par rapport aux risques de l’agriculture chimique.

« Les agriculteurs sont influencés par la fausse publicité des grandes entreprises agroalimentaires qui mettent en avant les intrants chimiques comme étant la seule solution pour produire mieux ». Saïdou Bamogo, APIL

Rien de mieux que des formations pratiques pour faire prendre conscience aux agriculteurs que l’agroécologie permet d’améliorer leur production sur des terres fragilisées, tout en respectant l’environnement. Pour ce faire, le centre de formation de l’APIL dispose, entre autres, de champs écoles et de parcelles de démonstration.

Les champs écoles

Les champs écoles permettent aux agriculteurs d’êtres formés sur tout le processus allant de l’aménagement des parcelles jusqu’à la récolte et le stockage, en passant par le labour et la fabrication de biopesticides.

Les parcelles de démonstration

Il s’agit là de mettre deux parcelles en vis-à-vis, l’une est travaillée avec des fertilisants chimiques et l’autre avec des fertilisants biologiques. L’objectif est donc de comparer les résultats obtenus par chacune des deux techniques agricoles. « Les agriculteurs sont interpellés par les résultats de la parcelle travaillée sans produits chimiques et suite à cette expérience, ils adoptent facilement les techniques agroécologiques » nous raconte Saïdou.

Les agriculteurs formés deviennent formateurs

Pour augmenter la portée des formations dispensées par le centre, chaque personne formée va ensuite former les autres agriculteurs de son village. Le centre assure le suivi de cette démarche. « Cela nous permet de toucher et de conscientiser beaucoup plus de personnes ».

Des résultats encourageants

En 9 mois, le centre a formé 764 producteurs dont 53% de femmes. L’objectif pour les années à venir est de former 1200 producteurs par an. Saïdou ajoute que « l’objectif  sera aussi d’assurer la visibilité du centre au niveau national afin de toucher des agriculteurs issus de différentes régions du Burkina ».

« Je suis très fier de ce centre et c’est grâce à de nombreuses personnes que c’est un succès. Je remercie du fond du cœur les producteurs, les formateurs et SOS Faim ! »