L’agroécologie, un modèle qui tient la route

Au Burkina Faso, depuis 2008, l’Association pour la Promotion des Initiatives Locales (APIL) a résolument choisi l’agroécologie. Avec l’appui de SOS Faim, APIL met en œuvre un programme de maraîchage agroécologique combinant l’utilisation de fumure organique, la fabrication de bio-pesticides, la récupération des terres dégradées et l’agroforesterie.

L’expérience d’APIL est présentée dans la dernière édition (février 2017) de Dynamiques paysannes, la publication de SOS Faim qui vise à faire connaitre les initiatives prises par les organisations paysannes. Intitulé «L’agroécologie, un modèle qui tient la route ?». C’est dans le sous-titre que l’on trouvé résumé le message principal : « Des principes à la pratique avec APIL au Burkina Faso ».

La présentation des résultats obtenus par APIL (1.640 familles bénéficiaires, six périmètres irrigués sur 71,5 hectares gérés principalement par des femmes) est en effet l’occasion de rappeler les principes de base de l’agroécologie.

Au contraire de l’agriculture biologique, l’agroécologie permet l’utilisation d’intrants chimiques dans certains cas, notamment lorsque les sols sont très appauvris. On peut résumer les principes en quatre grandes catégories : la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, la limitation des externalités négatives, la génération de revenus sûrs et locaux et la valorisation de l’humain et des dynamiques sociales.

Mais de nombreux obstacles se dressent face à ces principes, à commencer par le manque de moyens (pour financer l’achat des charrettes, des animaux de labour), l’insécurité foncière et le besoin de formations adaptées.

Il faut dégager des ressources pour faciliter cette transition et convaincre les bailleurs internationaux comme la Banque Mondiale et la FAO que l’agroécologie est une voie à suivre vers la sécurité alimentaire. De ce point de vue, la partie est loin d’être gagnée.