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L’agroforesterie au service des producteurs de café

Bolivie • Agroécologie • 3 octobre 2019

En Bolivie, les producteurs de café ont la vie dure. Entre 2014 et 2015, une attaque de rouille (champignon) a mis à mal près de 70% des plants de café de la zone de Caranavi située au nord de la capitale. Notre partenaire local l’AOPEB accompagne et forme donc les producteurs concernés pour faire évoluer leurs cultures en bio, grâce à l’agroforesterie, et améliorer leurs conditions de travail et de vie.

La technique consiste à planter des arbres d’ombrage pour protéger les plants de café contre la prolifération de maladies et améliorer la fertilité des sols. Pour s’épanouir dans les meilleures conditions, le plant de café doit bénéficier de 20 à 40% d’ombre : en deçà, il est trop exposé au soleil, au-delà le risque d’attaques de ravageurs s’accroît. Par ailleurs, les feuilles tombées des arbres forment un tapis d’humus qui dispense d’apporter des engrais chimiques au sol.

FORMATION EN CHAMPS-ÉCOLES

Les formations de l’AOPEB offrent une approche très pratique. L’apprentissage des techniques se fait en champs écoles : analyse et préparation des sols, production de compost biologique, calcul du degré d’ombre, mise en place de haies vives font partie de ces travaux pratiques, auxquels s’ajoute une sensibilisation à l’intérêt environnemental de l’agroforesterie. L’accompagnement technique des producteurs sur leurs parcelles pendant les premières années de mise en place est aussi assuré par l’AOPEB, via ses ingénieurs.

Voici le témoignage de Demetrio, ingénieur agronome, qui accompagne les producteurs de café au nom de l’AOPEB dans l’intégration de l’agroforesterie à la culture de leurs parcelles.

« Les analyses de sol effectuées montrent que le sol est très acide dans la zone, nous devons travailler à le rendre plus neutre. Il faut l’amender avec de la chaux pour le rééquilibrer. Sans cela, les plants de café resteront vulnérables à l’attaque des maladies. Au-delà de cette solution technique, nous devons corriger le problème en amont et sélectionner des variétés résistantes. La sélection des plants pour avoir des variétés pures (souche dont tous les individus sont génétiquement identiques) est un enjeu pour nous car pour le moment, nous travaillons avec des variétés trop hétérogènes. »


 

UN SYSTÈME GAGNANT-GAGNANT PRODUCTEUR/CONSOMMATEUR

Edgar, ingénieur, en témoigne : « Un producteur change de méthode s’il comprend ce qu’il va gagner. C’est pourquoi l’AOPEB présente l’agroforesterie comme source de diversification des revenus, et donc de rentabilité financière de l’exploitation. L’introduction du bananier pour assurer de l’ombre aux caféiers permet tout autant de nourrir la famille que compléter ses revenus. Et en plus, l’arbre maintient une humidité salutaire au sol. »

Quelques résultats en 2018 

Quelques témoignages encourageants

Maritza QUINTANILLA
« Mon fils et moi avons participé à l’école écologique à raison de 3 jours par mois pendant 5 mois. Ce que j’ai surtout aimé, c’est l’approche très pratique de cette école. On apprend directement sur le terrain. J’adhère aussi à la conscientisation que nous avons reçue sur l’impact environnemental de certaines pratiques agricoles comme le brûlis qui détruit toute la vie organique du sol »

Ana Vera Quispe
« Le café donne une récolte annuelle, l’objectif pour moi serait d’avoir d’autres cultures pour diversifier mes revenus. Nous faisons face à beaucoup de maladies, nous devons identifier les variétés résistantes, et pour cela nous avons besoin de l’appui de l’AOPEB. »

Mauro Tejerina Quintanilla
« Grâce à l’approche agroforestière, nous avons appris comment nous pouvons associer plusieurs variétés d’arbres compatibles avec nos plants de café, comme le ceibo, le cicilus, le cèdre ou encore le toco colorado. »

Parallèlement, l’AOPEB met en place des systèmes participatifs de garantie (SPG) pour certifier une certaine qualité du produit au consommateur. Associant producteurs et consommateurs, ces systèmes portent sur des normes de qualité de production, de distribution, et de prix, et permettent aux paysans de se réapproprier la certification de leur produit.

CHUTE DES PRIX DU CAFÉ: QUEL AVENIR POUR LES PRODUCTEURS ?

Le cours actuel de l’Arabica sur le marché du café de la bourse de New York est inférieur à 100 dollars pour 100 livres (environ 45 kg) pour du café vert lavé.

En aucun cas, ce cours ne permet aux producteurs de cultiver du café de manière durable et encore moins d’en tirer un revenu décent pour mener une vie digne. Ce niveau de prix met en péril les 25 millions de familles à travers le monde qui dédient leurs vies à la culture du café. Par ailleurs, ce cours mondial au plus bas depuis 30 ans n’a aucune répercussion sur le prix payé par les consommateurs, qui reste à un niveau très élevé.

AVEC 210$, LES PRODUCTEURS PEUVENT VIVRE DIGNEMENT

Grâce à leur café de haute qualité et aux certifications bio et du commerce équitable, les producteurs de café de l’AOPEB peuvent bénéficier du prix de 210 dollars pour 100 livres de café vert Arabica lavé, ce qui leur permet de produire de manière durable. À ce prix, les producteurs ont pu augmenter leurs revenus et améliorer les perspectives pour la nouvelle génération de cultivateurs, avec le soutien sans faille de ses partenaires commerciaux.

En soutenant SOS Faim, vous aidez l’AOPEB à mener son travail auprès des producteurs de café boliviens. Vous leur permettez donc de vivre dignement d’une production respectueuse de l’environnement, tout en bénéficiant au consommateur avec un café bio de qualité. 

 

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