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L'ANDPI soutient le développement des cantines scolaires au Sénégal

Agriculture paysanne • 17 juin 2022

Au Sénégal, seulement 13% des écoles disposent de cantines scolaires. En zone rurale, beaucoup d’enfants se rendent à l’école sans prendre de petit-déjeuner le matin et de déjeuner à midi. La malnutrition demeure un problème majeur dans les zones rurales et les enfants en sont les premières victimes. Depuis trois ans, SOS Faim et son partenaire au Sénégal l’ANDPI (Association Nationale des programmes de Développement intégré) tentent d’enrayer ce phénomène, en finançant des cantines scolaires dans 15 écoles de village. Deux repas équilibrés sont apportés par semaine à 4300 enfants.

MANGER LOCAL DANS LES CANTINES SCOLAIRES

Bien que 72% de la population vivent de l’agriculture, de nombreux exploitants agricoles ne parviennent pas à trouver des débouchés pour leurs produits. Ils rencontrent des difficultés pour écouler leurs productions sur les marchés locaux alors même que beaucoup de produits consommés sont importés. La sécurité alimentaire des populations est donc très liée aux importations étrangères, surtout dans les grandes villes. Aujourd’hui, le Sénégal cherche à faire évoluer les rapports de force entre produits importés et locaux.

SOS Faim et l’ANDPI, soutiennent la relocalisation du système alimentaire en encourageant l’essor des partenariats entre les producteurs locaux et les établissements scolaires. Ainsi, une partie de la production agricole locale est destinée à alimenter les écoles. Les cuisines centrales et cantines s’approvisionnent directement chez les exploitants familiaux. Les denrées sont achetées à des prix rémunérateurs et garantissent des revenus réguliers aux producteurs, ainsi que l’écoulement de leur production.

Les cantines scolaires ont un rôle important dans le développement durable des territoires et des humains et sont un axe central, dans la reterritorialisation de l’alimentation.

LÉGUMINEUSES ET LAIT DE CHÈVRE POUR DES REPAS ÉQUILIBRÉS

Grâce au projet, 80 maraîchers approvisionnent les cantines avec plus d’1 tonne de légumes par an. Un réseau de 300 éleveuses, produisant 5 000 litres de lait, transformés ensuite en yaourts, s’est constitué. Elles ont diversifié leur activité, en passant de simples
productrices à transformatrices. Ce projet soutient particulièrement les femmes, membres de l’Association Régionale des Éleveurs Caprins (ARECAP), dans la transformation et la
commercialisation du lait de chèvre dans deux communes de la région de Fatick.

Derrière le projet des cantines scolaires, les acteurs promeuvent une cuisine locale et saine. C’est en effet l’occasion de proposer des plats typiques, conçus avec des denrées locales. On retrouve des produits céréaliers tels que le riz, le mil, le sorgho, des légumineuses comme le niébé, ou encore du lait de chèvre pour réaliser des yaourts.
Un travail de sensibilisation est fait avec les jeunes, principaux vecteurs de ce changement, en pointant le fait qu’une cuisine équilibrée et variée peut être conçue avec les produits du terroir.

LES CANTINES BIO AU SÉNÉGAL : DES ENJEUX MULTIPLES

La portée positive de cette initiative se mesure aussi via la hausse de la fréquentation scolaire. En effet, dans les établissements où le dispositif est mis en place, on note que les effectifs des classes ont doublé voire triplé. Selon Bamol Guisse, directeur d’école à Colobane, cette initiative renforce aussi les capacités d’apprentissage.

Au départ, nous avions un effectif de 100 élèves. Aujourd’hui, nous en avons quasiment 350. Cette augmentation est due au programme de cantine scolaire.

Bamol Guisse, directeur d’école à Colobane.

Reconnaissant ce dispositif d’utilité publique, la Sénégal souhaite financer les cantines scolaires, en consacrant une partie de son budget de 2022.

Enfin, sur le plan économique, les circuits courts alimentaires stimulent l’économie des
territoires en mobilisant des ressources locales variées telles que les matières premières, les savoir-faire, les compétences ainsi que la main d’œuvre. Enfin, les volumes d’achat et la contribution de l’État permettent en général d’obtenir des prix rémunérateurs.

Soutien aux activités des petits producteurs, éclosion de pratiques agricoles durables, proposition de repas équilibrés et nutritifs dans les écoles, lutte contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire, diminution de l’absentéisme scolaire et amélioration des résultats scolaires, développement territorial, impulsion d’une nouvelle économie locale. Ce sont autant de résultats positifs qui poussent les politiques publiques et les acteurs locaux, à
répliquer les modèles de cantines scolaires aux produits locaux.

Rédigé par Leslie Dessery, volontaire pour le Supporterres « Manger, c’est supporter ! »

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