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Les organisations paysannes : différentes manières de se réunir pour être plus fort.e.s

Belgique • Agriculture familiale • 16 mars 2021

Pour les paysan.ne.s du monde entier, se réunir peut prendre diverses formes. Certaines organisations paysannes naissent afin de rendre l’activité agricole plus collaborative et moins pesante. D’autres offrent des avantages moins directs tels qu’une meilleure défense commune des droits paysans ou encore des partages de connaissances et de savoir-faire.

Silvia MONTESINO HUALLPA, Trésorière de l’association de 282 femmes cultivatrices/maraîchères du District de Lamay (ADIMUL) et maraîchère biologique au Pérou.

Une répartition efficace des activités

L’association est formée de 14 comités répartis dans toutes les communes du district de Lamay. « Il y a une assemblée directive centrale et chaque comité à sa propre petite assemblée directive » explique Silvia. L’association est axée sur la recherche de la sécurité alimentaire, en mettant en œuvre des projets d’élevage d’animaux et de maraîchage. « Dans les zones les plus hautes, les comités sont spécialisés dans l’élevage d’alpagas et la culture de pommes de terre indigènes. D’autres comités font de l’artisanat avec les fibres d’alpagas, de l’élevage de cochons d’inde, de la culture de fruits de vergers, de maïs, de quinoa ».

Les femmes agricultrices, unies pour leurs droits

Ces dernières années, « le leadership des femmes a été renforcé grâce à une meilleure prise en compte du genre ». Pour Silvia, « les femmes de l’association voudraient, à terme, pouvoir réellement engager des changements dans la politique locale » en assumant certains rôles importants de conseillère ou mairesse, dans leur district.

« L’association cherche également à rendre les femmes plus indépendantes économiquement. Nous ne dépendons plus de nos maris sur le plan économique, nous produisons nos propres revenus, avec nos animaux et nos légumes ».

Un capital commun pour plus d’entraide

Les fonds de l’association sont réunis de manière solidaire. Cet argent est mis en commun puis ensuite distribué à chaque comité selon les nécessités. « Acquérir des animaux de manière collective garantit une meilleure qualité de ceux-ci » défend Silvia. Aussi, « le manque de pluie, la grêle et les gelées causent toujours des préjudices mais, grâce au  travail et à la solidarité del’association, on peut mieux affronter ces difficultés ».


Kalidou BA, Secrétaire général de l’Entente des Groupements Associés pour le développement à la Base (EGAB) de Barkédji au Sénégal et Yagouba KA, agropasteur et membre de l’EGAB.

L’EGAB : un soutien pour les paysan.ne.s

Kalidou explique que l’EGAB est « une association qui, depuis sa création (en 1987), intervient dans le développement des activités socio-économiques du milieu agricole. En mettant en place des infrastructures éducatives ou des constructions de base comme des puits ».

Yagouba, l’un des bénéficiaires, fait principalement de l’élevage et de l’agriculture. Depuis quelques temps, il est aussi responsable du puits foré au village avec l’aide de l’EGAB. « Les gens du village m’ont confié la responsabilité du puits ».

Des formations pour résoudre les problèmes rencontrés

Yagouba affirme que l’« EGAB a beaucoup facilité [son] travail de paysan », aussi grâce à la formation. En effet, au sein de l’EGAB, il y a un pôle constitué de 12 animateurs qui sont mis à disposition des familles. « Actuellement, on est à 65 familles suivies régulièrement. La famille de Yagouba en fait partie. Les animateurs viennent dans une famille et essayent de diagnostiquer les difficultés. »

Plus de confiance en l’avenir

« Concernant l’organisation en étable [pour nourrir les animaux], on ne connaissait pas cette technique. Ça nous a beaucoup servi » rapporte Yagouba.

« C’est vraiment un grand progrès à notre profit pour l’entretien des animaux. Ces dernières années, notre production a beaucoup augmenté ».

En partie grâce à l’apport de connaissances que propose l’EGAB, l’avenir est plus serein. Yagouba confie que ce qu’il fait, il « souhaiterai[t] bien le continuer ».


Catherine TELLIER, Mandataire du Mouvement d’Action Paysanne (MAP) à Gembloux en Belgique.

Le Mouvement d’Action Paysanne lutte pour les droits

Le Mouvement se concentre sur la défense des « paysan.ne.s qui pratiquent l’agroécologie paysanne, pour la défense de la souveraineté alimentaire, l’accès à la terre, la rémunération juste et les droits des paysan.ne.s ». Il y a aussi beaucoup de missions de plaidoyer pour « faire pression sur les politiques agricoles (au niveau fédéral, européen, international) avec différents alliés ».

Le MAP a aussi son centre de formation : l’École Paysanne Indépendante (EPI).

Les organisations paysannes du monde se soutiennent

Grâce, notamment, à la Via Campesina, dont fait partie le MAP, des partenariats à travers le monde se forment pour des projets et intérêts communs.

« Des alliances se sont construites. On se (re)connait et on échange. Autant pour des campagnes de lutte que pour partager des bonnes pratiques et des formations ».

Ensemble on se fait mieux entendre

Catherine est convaincue que « le mouvement paysan sert essentiellement à faire entendre ensemble une voix de terrain, les opinions de celles et ceux qui produisent notre nourriture et prennent soin de la terre ». Ensemble, on pèse davantage sur les décisions.

« Seul.e on n’a ni le temps, ni l’énergie, ni le poids suffisant pour influencer et modifier les règles imposées par les lobbies de la société capitaliste ».

Rédactrice : Adèle Funès, volontaire

Cet article est tiré du Supporterres n°15 de mars 2021 « Organisations paysannes, l’union fait la force! »

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