SOS Faim
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Lutte contre la faim : 3 partenaires témoignent de leurs stratégies

Éthiopie • Faim • 13 décembre 2017

MALI

Les banques de céréales pour sécuriser l’alimentation

De 1970 à 1980, en réponse aux crises alimentaires, le gouvernement a développé différentes stratégies visant à atténuer le contexte d’insécurité alimentaire. C’est ainsi que les Banques de céréales ont été promues. Initialement, l’objectif des banques de céréales était de réguler l’approvisionnement des zones déficitaires, et par la même occasion de freiner l’envolée des prix des céréales fixés en grande partie par les commerçants.

Gahoussou Traoré, Secrétaire Général de l’ONG CAEB : « Le Mali est victime d’aléas pluviométriques responsables de récoltes insuffisantes. Ce déficit de production local engendre des déficits alimentaires relativement chroniques, parfois sévères. Les banques de céréales atténuent les crises alimentaires car elles constituent des espaces de stockage alimentaire de proximité à un prix à la portée des bourses des populations locales. »

L’ONG CAEB (Conseil et Appui pour l’Education à la Base) est notre partenaire chargé de réhabiliter les banques de céréales pour assurer un approvisionnement toute l’année aux populations déficitaires. Le Mali compte 91 banques de céréales villageoises qui bénéficient à 28.558 personnes réparties en quelques 4080 ménages de producteurs. La majorité d’entre-eux ne couvrent leurs besoins alimentaires que 9 mois par an, le reste du temps ils sont dépendants des produits commercialisés.

ETHIOPIE

SFPI mise sur les caisses rurales pour fournir un service financier de proximité

Melese Tiruwerk, 30 ans, divorcée et 5 enfants, cliente de SFPI : « Grâce au crédit que j’ai contracté à SFPI, j’ai pu me lancer dans la fabrication de jus de bissap. Mes crédits précédents m’ont permis d’acheter un âne et d’engager une personne pour s’occuper de l’hectare de terre dont je dispose pour mes cultures de maïs, d’orge et de sésame. Ces activités me permettent de subvenir seule aux besoins de mes 5 enfants et de les envoyer à l’école. Je parviens aussi à dégager 30 birr (1.11 €) par semaine pour une épargne collective avec un groupement de femmes. »

Un épargnant de SFPI : « Pour ceux qui placent une épargne mensuelle, le fait de disposer d’une caisse rurale au village de Timchit représente un gain de temps de 24 jours par an. Avant, nous devions aller jusqu’à Debre Marqos pour bénéficier de services financiers, soit 2 jours de marche aller-retour. Le temps épargné nous permet de nous consacrer aux activités agricoles et d’économiser l’argent du transport. »

La SFPI (Specialized Financial and Promotional Institution) est une institution de microfinance partenaire de SOS Faim. Afin de rendre des services financiers aux populations rurales, elle met en place des caisses rurales dans certains villages avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations locales en octroyant du crédit ou en collectant l’épargne de ses membres.

Les caisses rurales sont encadrées par un « comité de gestion » constitué de membres de la population. Ce comité évalue les demandes de crédit et conseille l’IMF. Etant donné son ancrage local, ses membres connaissent chaque sollicitant et sa capacité de paiement, ce qui explique la grande réussite des crédits en termes de remboursement.

PEROU

Les coopératives de producteurs pour certifier la production, l’appui technique et  la valorisation d’une production organique.

COOPAIN CABANA est une coopérative de producteurs de quinoa dans la région de Cuzco. Elle compte 612 membres. Chaque membre est censé vendre 70% de sa production à COOPAIN et garder 30% pour sa consommation propre. Les produits commercialisés par COOPAIN sont certifiés biologiques et équitables. La coopérative est aussi reconnue pour son rôle de régulateur de prix étant donné la quantité de quinoa qui y est centralisée.

Interrogé sur les avantages à appartenir à la coopérative COOPAIN CABANA, voici ce que le technicien nous répond :

  • Les producteurs bénéficient de conseils techniques de notre part,
  • leur parcelle est certifiée,
  • ils peuvent bénéficier de micro-crédits via notre appartenance à CIDERURAL,
  • ils bénéficient de semences certifiées,
  • ils ont une garantie sur le prix de la production qui est fixé à l’avance et moins volatile qu’auprès des commerçants,
  • les membres de la coopérative ont leur mot à dire dans les décisions à prendre pour la coopérative.

Ces services sont précieux dans un contexte où les embûches peuvent être nombreuses comme en atteste le témoignage d’Estefa Quispe Torocawha, membre de Coopain Cabana : « Cette année est très mauvaise, les récoltes de quinoa ont diminué de moitié par rapport à la normale à cause du climat. Il y a gelé beaucoup trop souvent, des grêlons ont amputés une bonne partie de la récolte. En plus de cela, la pluie est venue bien plus tard. Normalement les premières pluies arrivent en octobre, novembre. Cette année elles sont arrivées fin décembre, début janvier. »

Rédaction : Mina Bouazza, bénévole

EN SAVOIR PLUS

Cet article est tiré du Supporterres n°2 de Décembre 2017 : « Le paradoxe de la faim, produire sans pouvoir se nourrir ». Pour en savoir plus sur ce paradoxe, n’hésitez pas à consulter le numéro complet.