Lutte contre la faim, l’approche solution développée par SOS Faim

La quasi totalité (98%) des personnes qui souffrent de la faim sont concentrées dans les pays en développement. Ce sont les zones rurales qui sont les plus touchées. Si on pousse l’investigation plus loin, près de la moitié de ceux qui ont faim dans le monde viennent de petites communautés agricoles.

Marginalisation, possibilités réduites de financement, manque d’accès à l’information et à la technologie, nombreux sont les facteurs qui concourent au maintien de cette précarité. Les zones rurales doivent bénéficier d’une attention particulière !

SOS Faim a décidé d’ancrer son action en zone rurale en Afrique et en Amérique du Sud avec 3 axes d’intervention illustrés ici par des exemples concrets.

 

POLITIQUE : FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES PAYSANS

Les producteurs sont rarement consultés par les gouvernements lors de l’élaboration des politiques agricoles. Afin de peser sur les décisions économiques et politiques, certaines organisations paysannes ont choisi de se regrouper autour de la défense d’intérêts communs.

C’est notamment le cas du Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR) au Sénégal, une organisation soutenue financièrement par SOS Faim. Par son action au niveau national, elle cherche à sensibiliser le gouvernement aux préoccupations des acteurs ruraux et à encourager la mise en place de politiques agricoles qui leur sont favorables. Dernière action en date : en septembre 2017, le CNCR a initié une rencontre avec des représentants de l’Agence Régionale Agricole en Afrique (ARAA) afin de réfléchir à l’élaboration de programmes d’aide à l’insertion et à l’accompagnement des jeunes agriculteurs en Afrique de l’Ouest. Lors de cet atelier, l’ARAA s’est dite disposée à débloquer une enveloppe de 120.000 euros visant à financer des fermes détenues par de jeunes ruraux.

À un niveau plus local, JIG Jam, organisation paysanne de base (OP), a réussi à infiltrer les conseils ruraux et à faire reconnaître publiquement les périmètres fonciers sur lesquels travaillent les paysans face à la menace de l’accaparement de terres.

FINANCIER : FACILITER L’ACCÈS AU FINANCEMENT

Volatilité des prix des produits, risques climatiques, ressources financières limitées, revenus incertains, … sont autant de freins qui empêchent les producteurs d’accéder à un crédit traditionnel.

C’est à ce niveau qu’intervient le Fonds de Garantie en Amérique Latine (FOGAL). Créé en 2004, à l’initiative de SOS Faim et de deux autres associations, le FOGAL cible les producteurs présents en Bolivie, Équateur et Pérou. En établissant des partenariats à la fois avec des institutions financières et des organisations paysannes, il permet aux agriculteurs de bénéficier de services financiers adéquats, tout en garantissant les crédits octroyés. En 2014, le FOGAL avait déjà accordé son aide à une centaine d’associations de producteurs.

PRODUCTION : AMÉLIORER LA PERFORMANCE AGRICOLE

En Bolivie, l’AOPEB (l’Association des Organisations de Producteurs Écologiques de Bolivie) a mis en place des champs écoles pour partager et socialiser avec ses membres des pratiques agroécologiques. En plus de ces espaces de formation, elle propose un accompagnement technique sur l’exploitation de ses membres.

Au niveau de la commercialisation, la coopérative CCCH cible son action sur la transformation et le conditionnement de céréales. Grâce à la qualité de la production de ses membres, elle s’est imposée lors d’un appel d’offre national organisé par l’état péruvien et écoule désormais sa production dans le cadre du programme alimentaire scolaire Qali Warma.

Inès Dupin
Bénévole