Migrations : mieux soutenir l’agriculture pour éviter les migrations économiques

En octobre, Olivier Hauglustaine, Secrétaire Général de SOS Faim a accompagné une mission au Sénégal. Au programme : des rencontres avec les partenaires de SOS Faim, pour sensibiliser les trois gagnants d’un concours aux réalités et enjeux de l’agriculture paysanne. Un journaliste était aussi de la partie.

Cette mission avait la particularité d’aller à la rencontre des organisations de producteurs dans leurs villages et toucher ainsi au plus près la réalité des paysans.

Sur ce chemin, l’équipe a aussi fait des rencontres humaines autour d’une toute autre problématique : l’émigration. C’est ainsi qu’Olivier, Jean-Christophe, Jean-François, Anne-Françoise et Nicolas ont reçu de façon inattendue des témoignages d’hommes qui ont tenté la traversée vers l’Europe dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Les témoignages sont unanimes : ils ne partent pas par envie

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C’est la faim et la précarité qui les poussent à entreprendre ce périple, comme l’atteste ce témoignage parmi d’autres :

« Ici au Sénégal, tu travailles dur mais tu ne gagnes pas beaucoup d’argent. En Europe, tu travailles dur, mais tu gagnes beaucoup d’argent. J’ai 36 ans, je suis marié et j’ai deux enfants mais je n’ai pas de maison, pas de travail, pas de compte en banque ».

 

Papis, producteur de poulet, parti et revenu …mailing_tte_boite

Papis Bakary Coly est éleveur de poulets dans la banlieue de Dakar. Il a entrepris ce long voyage vers l’Europe en 2006 alors que les importations de poulets européens à prix bradés inondaient le Sénégal. Les effets? Déstructuration des marchés locaux, fragilisation de la filière avicole. Papis a vu son chiffre d’affaires dégringoler et a pris peur pour son avenir. Il a alors tenté sa chance en Italie où il a retrouvé un cousin. Alternant les petits boulots de vendeur à la sauvette, il erre entre l’Italie et le Portugal pour trouver de quoi envoyer un peu d’argent à sa famille.

Suite à l’interdiction de l’importation de poulets européens, Papis a pu revenir chez lui pour reprendre sa production avicole. Aujourd’hui, il produit plus de 3 millions d’œufs et 24 000 poulets par an.

Ce témoignage illustre l’importance de soutenir les secteurs de l’agriculture et de l’élevage dans des pays où près de 60% de la population vivent d’activités issues de ces secteurs. C’est là le cœur du travail mené par SOS Faim et ses partenaires.

 

Ensemble, soutenons l’agriculture pour un monde sans faim 

En savoir plus ?

Lire les articles de Jean-Christophe Herminaire publiés dans Vers l’Avenir sur les migrations :

 

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