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« Mon lait est local », une campagne pour plaider la cause des éleveuses et éleveurs africains.

Burkina Faso • Lait • 5 avril 2019

Hindatou Amadou, responsable du plaidoyer et du genre pour l’APESS (Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane ) et coordinatrice de la plateforme ouest-africaine de la campagne « Mon lait est local », répond à nos questions.

Pourquoi cette campagne ?

De nombreuses familles pastorales d’Afrique de l’Ouest sont dépendantes de la filière lait mais font face à la concurrence déloyale des importations européennes ainsi qu’à des défis climatiques et politiques. La campagne vise d’une part à sensibiliser les consommateurs afin qu’ils soutiennent les producteurs locaux en informant sur le produit local, le lait en poudre, et surtout le lait en poudre ré-engraissé. D’autre part, il s’agit d’une campagne de plaidoyer pour la mise en œuvre de l’offensive lait issue de la politique agricole de la CEDEAO (Communauté Economique Des États de l’Afrique de l’Ouest ) votée en 2015-2016. L’offensive vise à promouvoir le potentiel de la filière lait mais, depuis son lancement, elle a été peu réalisée.

Comment la campagne est-elle organisée ?

La campagne se concentre sur six pays : Burkina Faso, Mali, Sénégal, Niger, Mauritanie et Tchad. Nous avons des objectifs et des actions communes, pilotées par un « comité de pilotage » dont je suis la coordinatrice. Mais chaque coalition nationale a également fixé ses propres objectifs et a développé son propre plan d’action.

Quels objectifs visez-vous à travers le plaidoyer commun ?

Les actions de plaidoyer concernent les autorités mais également les multinationales installées en Afrique, qui utilisent du lait en poudre pour augmenter leur marge.

Nous visons la révision de certaines politiques pour :

  • rehausser la taxation de la poudre de lait,
  • encourager les transformateurs à s’approvisionner en lait local,
  • assurer un meilleur étiquetage des produits laitiers.

Avez-vous déjà atteint certains résultats dans ce sens?

Aujourd’hui, la priorité de chaque coalition nationale est de toucher les ministres des ressources animales pour qu’ils portent le plaidoyer au sein de l’État et qu’ils soient des influenceurs au sein de la CEDEAO. Le Ministre mauritanien a déjà officiellement apporté son soutien à la campagne et d’autres vont certainement le rejoindre.

Rédaction : Florence Haumann, Volontaire

Lire sur le sujet l’article du GRET : Des solutions politiques durables pour soutenir la filière « lait local» en Afrique de l’Ouest

 

EN SAVOIR PLUS

Cet article est tiré du Supporterres n°7 de mars 2019 « N’exportons pas nos problèmes : surproduction de lait, ici et ailleurs les éleveurs boivent la tasse. »

Pour en savoir plus sur notre campagne de sensibilisation et sur les enjeux du lait, consultez le numéro complet et suivez nous sur la page dédiée à notre campagne.

N’exportons pas nos problèmes! Surproduction de lait : ici et ailleurs, les éleveurs boivent la tasse.