Après 10 ans d’alternatives à l’agrobusiness, où en est-on ?

Après 10 ans d’alternatives à l’agrobusiness, où en est-on ?

C’est indéniable, depuis quelques années s’opère une réelle prise de conscience des limites et conséquences négatives du modèle agroindustriel. On peut l’observer régulièrement dans notre vie de tous les jours : les initiatives citoyennes fleurissent, bon nombre d’associations en ont fait une de leurs missions principales et même les grandes enseignes industrielles semblent essayer de surfer sur cette vague…

Mais concrètement, où en est-on ? Qu’est-ce qui a réellement évolué ? Quels sont les obstacles qui subsistent ? Et quels sont les leviers sur lesquels on peut agir ?

C’est à ces questions qu’ont tenté de répondre les intervenants et participants du grand débat du Forum des alternatives qui s’est déroulé le samedi 13 octobre, dans le cadre de la 10e édition du Festival Alimenterre.

Les 10 ans du festival Alimenterre, l’occasion de faire le point !

En 10 ans, le festival Alimenterre est devenu le rendez-vous incontournable pour tous ceux qui s’intéressent aux enjeux alimentaires et agricoles dans le monde. Le festival propose une sélection de films documentaires qui mettent en évidence les désordres agricoles et alimentaires et proposent des alternatives pour relever ces défis à l’échelle locale et mondiale. Après 10 ans, il était logique, voire nécessaire de faire le point.

Le grand débat du forum des alternatives

Le forum des alternatives, quant à lui, en est à sa 5e édition. Coorganisé par SOS Faim, Rencontre des Continents, Quinoa, Fian et Oxfam Magasins du Monde, le Forum vous propose de découvrir, débattre et agir avec des acteurs impliqués en faveur d’un autre système alimentaire. C’est dans le cadre du Forum qu’a lieu le grand débat avec, cette année, pour thème « Après 10 ans d’alternatives à l’agrobusiness, où en est-on ? ». Pour tenter de répondre à cette question, 3 intervenants étaient présents avec chacun un regard différent et complémentaire :

  • le regard scientifique avec Pierre Stassart, président et membre du GIRAF, le groupe interdisciplinaire de recherche en agroécologie du FNRS ;
  • le regard associatif avec Daniel Cauchy, membre actif de nombreuses asbl et réseaux ;
  • le regard du monde agricole avec Vanessa Martin, agricultrice et éleveuse engagée pour la défense de l’agriculture familiale et durable.

Les 3 intervenants étaient d’accord pour dire qu’en 10 ans, les mentalités ont réellement changé et cela a eu des effets concrets et visibles : très forte implication citoyenne dans le secteur agricole, il y a de plus en plus de jeunes agriculteurs, le bio a littéralement explosé, etc.

Malheureusement, les agriculteurs pratiquant une agriculture familiale rencontrent toujours autant d’obstacles. Le plus important est sans nul doute celui de la rémunération. Alors que les revenus des petits agriculteurs ont très peu augmenté ces dernières années, le prix des intrants et des terres ne cessent de croître. Par exemple, le revenu moyen d’un agriculteur maraîcher est de 8€ par heure.

Mais pourquoi ces freins alors que l’agriculture familiale et durable est de plus en plus considérée comme la solution aux défis alimentaire, social et environnemental ? Le problème reste politique. Tant que les décisions politiques continuent à soutenir et encourager l’agrobusiness et le secteur privé, la petite agriculture à taille humaine devra faire face à de nombreux obstacles.

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Article publié dans : News