Arte Andino : agriculture et artisanat, main dans la main

Lors de notre voyage en Bolivie, nous avons fait étape à Aramasi, un village de la région montagneuse de Cochabamba, pour rencontrer des membres d’Arte Andino, une association d’artisans membres de notre partenaire Bolivien, la Red Oepaic. Notre but : prendre la mesure de l’intérêt et la complémentarité de l’artisanat dans les revenus des agriculteurs. Nous avons été étonnées de constater que l’artisanat était, en fait, leur revenu principal.

Artisane en Bolivie

Une agriculture de subsistance

Certains paysans peuvent se permettre de commercialiser une partie de leur production. Pour d’autres, c’est impossible. Cela mettrait en péril leur sécurité alimentaire. En effet, les récoltes suffisent à peine à nourrir les familles et la production est peu diversifiée. L’agriculture est donc insuffisante pour assurer tous les frais d’un ménage (éducation, santé, etc.).

Là où le bât blesse

Comment expliquer ces productions en quantité limitée ? Le climat participe pour beaucoup. De plus en plus aride, il ne permet pas une production suffisante pour dégager un surplus. Quant aux infrastructures d’acheminement ou de stockage d’eau, elles ne parviennent à pallier le manque d’eau. La vétusté, voir l’inexistence des infrastructures routières constitue un frein supplémentaire au développement du commerce agricole. Sans compter les moyens financiers qui font défaut pour l’achat de terres ou de matériel agricole. De même pour la main-d’oeuvre qui déserte les campagnes et gagne les villes pour travailler ou étudier.

Agricultrice en Bolivie tient une pomme de terre

L’artisanat, une source de revenu fixe et sûre

C’est là qu’intervient Arte Andino. L’association forme les paysans et les paysannes au tissage. Cela leur permet de vendre leur production dans un magasin à Cochabamba à un prix juste. Arte Andino leur vend une laine de bonne qualité, à 5% de plus que le prix de gros, ce qui alimente le fonds de matières premières de l’association. Les artisans sont payés pour leur production chaque mois à date fixe. Et ce, que celle-ci ait été vendue ou pas. Une sécurité financière précieuse pour des paysans qui ne sont jamais sûrs de leurs revenus agricole.

Artisane en Bolive qui tisse la laine de mouton

Bien qu’ils aimeraient diversifier leur production pour leur consommation propre, les paysans d’Aramasi n’envisagent pas de développer davantage leur activité agricole. L’artisanat leur semble être une réponse adaptée à leurs besoins.

Cette solution leur paraît plus facile et plus prudente ; elle ne dépend ni du climat, ni de la bonne volonté de l’État, éléments centraux de la vie des paysans boliviens.

Justyna Dunin-W
Bénévole

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