Hundee, quand une ONG crée un projet vertueux de don en cascade

En juin, l’ONG Hundee a créé une coopérative de collecte de lait située à moins de deux heures au Nord d’Addis Abeba. Nous sommes accueillis par une vingtaine de femmes membres de la coopérative. Elles ont recouvert le sol d’herbes fraîches pour nous souhaiter la bienvenue. Les locaux sont tout nouveaux et encore en construction mais il se dégage de ce bâtiment beaucoup de chaleur.

témoignage_hundeeUne des membres plus âgée prend la parole et nous explique : « Sur le marché, le prix du litre de lait est de 9 birr (0,39€). Grâce à notre appartenance à la coopérative, nous bénéficions d’un meilleur prix : 10 birr (0,43€) le litre. Les commerçants viennent et partent sans garantie de les revoir le lendemain, avec la coopérative, nous avons la garantie de vendre notre lait aujourd’hui mais aussi tous les prochains jours. Avant, nous transportions le lait jusqu’à la ville ce qui représentait environ 3 heure de marche aller-retour. Maintenant nous pouvons le livrer à la coopérative. Celles qui habitent plus loin ont aussi accès à 4 « facility points » où elles peuvent déposer leur lait. »

Don de génisse : 40 femmes bénéficiaires

L’ONG ne s’arrête pas là. Hundee a mis sur pied également un projet de don de génisse. Pour ce faire, ils ont identifié les femmes les plus vulnérables de la communauté, notamment celles qui ne disposaient pas encore de bétail. 40 d’entre-elles bénéficient de ce projet pilote.

Ce projet s’inspire d’une tradition oromo nommée « DABAREE » qui veut qu’une personne qui dispose de ressources en suffisance puisse partager avec d’autres personnes ses biens. Hundee a répliqué cette pratique pour créer un don en cascade : lorsqu’une génisse met bas et que le veau est sevré, la propriétaire de l’animal devra en faire don à une autre femme de la communauté. Ce « don en cascade » fera bientôt l’objet d’une cérémonie puisque deux génisses ont mis bas.

Ce que ce don représente en chiffres 

Les deux génisses qui ont mis bas commencent à produire du lait, environ 7 litres par jour. Sachant qu’un litre vaut 10 birr, cela représente une rentrée financière de 70 birr par jour soit 2100 birr/mois (90 euros), un revenu considérable pour ces femmes.

hundee

Asadu Derege est l’une de ces bénéficiaires. Elle a 22 ans et est mère de 3 enfants. Elle dispose d’un peu  moins d’un hectare de terre sur lequel elle cultive du tef, des petits pois et des haricots. « Avant, mes seuls revenus étaient liés à la vente d’une partie des récoltes. Grâce à ma vache, je peux compter sur un revenu fixe. J’utilise aussi ses déjections comme source d’énergie pour cuisiner. J’espère grâce à ce revenu, pouvoir contracter un prêt pour acheter un âne car nous sommes fort isolés, à une heure de marche de l’école primaire et à deux heures du premier centre de santé ».

 

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Article publié dans : News