L’agroécologie face aux limites du modèle agro-industriel

L’agroécologie face aux limites du modèle agro-industriel

Un nouveau modèle agricole doit s’imposer. L’agroécologie peut-elle répondre à ce défi ?

La préservation des ressources naturelles et de la biodiversité est un principe fort de l’agroécologie. Cette agriculture est applicable partout et se pratique différemment selon les contextes. En agroécologie, l’utilisation d’intrants est délaissée au profit du recyclage, compostage ou encore de l’association de cultures pour enrichir et fertiliser le sol.

L’agroécologie encourage les pratiques visant à enrichir et protéger le sol contre l’érosion à travers, par exemple un couvert végétal permanent, des haies vives ou encore le paillage.

Elle limite également la pollution des sols, des eaux et de l’air à travers l’utilisation de traitements naturels tels que la fertilisation organique et la production d’engrais verts. L’agroécologie propose également une gestion rationnelle de l’eau via des pratiques telles que les cultures en courbes de niveau, la rétention et le stockage des eaux de pluie ou encore l’irrigation au goutte à goutte.

Ces techniques ne sont pas indépendantes les unes des autres. Au contraire, elles fonctionnent en synergie dans le but de préserver et d’optimiser les ressources naturelles.

Les performances de l’agroécologie ne doivent pas uniquement être mesurées en termes de rendement. Ce modèle a également l’avantage de valoriser l’humain et les dynamiques sociales. Les paysans gagnent en autonomie de production et sont au centre d’une production valorisée en circuits courts sur des marchés locaux.

L’agroécologie permet finalement de repenser l’ensemble du système alimentaire : de la production à la consommation. La preuve avec APIL, ONG partenaire de SOS Faim.

Un modèle qui peut nourrir la planète ?

Plusieurs études et rapports confirment le potentiel de l’agroécologie. À titre d’exemple, le rapport « De l’uniformité à la diversité. Changer de paradigme pour passer de l’agriculture industrielle à des systèmes agroécologiques diversifiés. » de l’IPES-Food (Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables) indique que dans les pays « en développement », le potentiel des pratiques agroécologiques surpasse les rendements issus du modèle conventionnel de 80%. Aux Etats-Unis une comparaison des rendements de cultures (maïs et soja) montre, qu’en période de sécheresse, les rendements des cultures agroécologiques sont plus élevés (+31%). L’agroécologie permet en outre d’accroître la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques, assurant ainsi une productivité sur le long terme.

L’exemple d’APIL au Burkina

APIL (Association pour la Promotion des Initiatives Locales) est une ONG du Burkina Faso à l’initiative d’un centre de formation en agroécologie à Bissiga qui forme des femmes et des hommes aux pratiques agroécologiques pour :

Lutter contre l’érosion du sol

Enrichir et fertiliser les sols

Compost, association agriculture/élevage, association de cultures

Créer de nouvelles sources de revenus

Production de miel, agroforesterie,…

Accroître l’autonomie de production et réduire ainsi les coûts

Compost, bio-pesticide, sélection de semences paysannes

Toutes ces pratiques convergent dans une même direction : rendre les producteurs plus autonomes et avoir des productions plus efficaces dans un contexte de grande sécheresse.

Au niveau des rendements, les pratiques agroécologiques portent leurs fruits

Réduire ses coûts de production et augmenter les rendements, telle est la promesse tenue pour les producteurs formés aux côtés de APIL.

Cerise sur le gâteau, l’ONG collabore à présent avec le CNA Bio, une structure qui a développé un système participatif de garantie (SPG). Ce label permettra aux producteurs de valoriser leurs produits issus de l’agroécologie. Via une charte partagée, les producteurs s’engagent à respecter des principes pour garantir une production agroécologique. En contrepartie, les consommateurs sont prêts à reconnaitre ces efforts et les prix fixés sont supérieurs aux prix du marché. Une valorisation qui encouragera ainsi d’autres producteurs à se lancer au vu de l’intérêt économique que cela revêt.

Margaux Van Nieuwenhove,
Stagiaire

 

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