Le point sur les accords de partenariat économique entre l’UE et l’Afrique

L’UE a conclu en 2014 des accords de partenariat économique (APE) avec trois régions d’Afrique subsaharienne. Ces accords régionaux ou bilatéraux concernent 44 pays d’Afrique subsaharienne. L’UE se positionne ainsi comme le premier partenaire commercial de l’Afrique de l’Ouest, le premier fournisseur de l’East African Community (EAC) et le premier client de la Communauté économique pour le développement de l’Afrique australe (SADC).

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Concrètement …

Ces accords de partenariat économique sont censés combiner libre échange et développement. Dans les faits, ils garantissent aux firmes européennes les mêmes avantages en termes d’accès au marché que ceux dont bénéficient les pays asiatiques. En revanche, ils ne garantissent pas un meilleur accès au marché européen que l’Accord de Cotonou pour les Africains.

Pression maximale de la part de l’UE

Les Etats africains ont été mis au pied du mur par Karel De Gucht, qui a averti que ceux qui ne conclueraient pas d’accord avant le 1er octobre 2014, tomberaient sous le régime plus défavorable (par rapport au régime de Cotonou) du Système des préférences généralisées (SPG). Résultats des courses : l’UE a obtenu que l’EAC s’engage à éliminer ses droits de douane sur 80% des lignes tarifaires en 15 ans.

Prendre d’une main et donner de l’autre

En ce qui concerne les Ouest-Africains, ils ont 20 ans pour ouvrir leur marché à 75% obtenant un démantèlement des protections douanières moindre et moins rapide que celui qu’exigeait la Commission (80% sur 15 ans). La baisse des droits de douane aura un impact négatif sur les budgets des pays de la Cedeao. Les recettes fiscales pourraient baisser de 30%. En contrepartie, l’UE a promis d’accompagner ses partenaires durant cette phase de libéralisation pour éviter les effets pervers de la réforme et prévoit une aide de 6,5 milliards d’euros.

L’Agriculture ouest-africaine menacée

Même si les subventions européennes à l’exportation sont supprimées, l’agriculture européenne reçoit d’autres aides qui diminuent les coûts fixes et rendent ses produits plus compétitifs sur les marchés internationaux.

ape-roppaAutre conséquence de ces APE : le remplacement d’importations en provenance de pays tiers passibles de droits de douane, par des produits européens non taxés. Ce qui va occasionner des pertes de recettes tarifaires pour les Etats ouest-africains.

Les prévisions vont toutes dans le même sens : les exportations européennes vont augmenter et les effets de croissance positifs enregistrés par la CEDEAO vont décroître à mesure que leur marché s’ouvre aux produits européens. « Plus on libéralise les produits qui sont compétitifs avec la production locale, plus l’effet est négatif » avertit Fatou Cissé (Economiste du Consortium pour la recherche économique et sociale de Dakar). Selon lui, on assistera, après une baisse de la pauvreté les premières années d’application de l’accord, à une augmentation de la pauvreté par la suite.

En savoir plus?

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