Le riz, ce grand consommateur d’eau

Le riz, ce grand consommateur d’eau

Le lien entre l’agriculture et l’eau est fondamental. Avec une consommation de 70% du volume d’eau douce prélevée dans le monde, elle est la principale utilisatrice de cette précieuse ressource. Et quoi de mieux pour illustrer ce lien complexe que la culture du riz (riziculture), qui consomme bien plus d’eau que celle de n’importe quelle autre céréale.

L’agriculture et l’eau

Toutes les plantes ont besoin d’eau, et lorsque, dans certaines régions, les précipitations ne suffisent pas, c’est l’irrigation qui prend le relais. La gestion de la ressource hydrique dans le domaine agricole mérite dès lors une attention toute particulière. Sa bonne maîtrise peut notamment permettre une augmentation importante de la productivité, alors qu’une irrigation mal conduite peut générer, entre autres, la surexploitation et l’épuisement des ressources disponibles.

Afin d’éviter cela, il est primordial de considérer les quantités d’eau disponibles localement (via les précipitations et les rivières par exemple) et choisir les espèces à cultiver et les modes de production en fonction.

Pour illustrer ce lien fondamental, la culture de riz, seule céréale capable de survivre dans des conditions d’inondation, est un très bon exemple.

Les rizicultures, au pluriel

Timbre rwandais de 1982 représentant la riziculture en terrasse et soulignant son rôle dans la lutte contre l’érosion.

Timbre rwandais de 1982 représentant la riziculture en terrasse et soulignant son rôle dans la lutte contre l’érosion.

Le riz est la seconde céréale alimentaire cultivée dans le monde, et sa production est pratiquée dans un large éventail de conditions climatiques et hydrologiques, depuis le bord de la mer dans les mangroves de Guinée, jusqu’au flanc des montagnes chinoises ou péruviennes. Cette diversité de conditions s’accompagne d’une large gamme de pratiques culturales, comme la riziculture inondée ou celle pratiquée sans submersion.

La riziculture irriguée, quant à elle, représente 75% de la production mondiale de riz et couvre 55% des superficies cultivées pour le riz. Ce mode de production consiste à maîtriser les entrées et sorties, ainsi que la hauteur de la lame d’eau dans la rizière. Différents systèmes ont été imaginés pour assurer le contrôle de l’eau. Afin d’être fonctionnels, ceux-ci doivent être adaptés au contexte local et leur gestion doit être organisée de façon concertée avec tous les acteurs concernés, en respectant donc les principes de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).

Le système de terrasses dans les régions montagneuses est un bon exemple de gestion intégrée. En effet, en plus de permettre la culture sur des pentes très raides, il permet notamment de limiter l’érosion et de recharger les nappes phréatiques. Les paysans de Ruterana, au Rwanda, ont été témoins de cela, lors de la mise en œuvre d’un projet d’irrigation mené en partenariat avec l’ONG.

D’un autre côté, il existe de nombreux exemples de gestion non adaptée de la ressource hydrique. Le cas de l’Inde en fait partie : les fortes subventions attribuées depuis la Révolution verte aux forages et pompes pour la culture du riz et du blé, ont favorisé une surexploitation de l’eau, entraînant notamment l’épuisement des nappes phréatiques et des phénomènes d’engorgement des terres6.

Innovations, le SRI

Face à la rareté croissante de l’eau, de nouvelles techniques culturales sont expérimentées à travers le monde et permettraient d’économiser cette ressource. Le Syndicat des Exploitants Agricoles de la zone Office du Niger (SEXAGON), partenaire de SOS Faim au Mali, tente de diffuser l’une de ces techniques auprès des paysans avec lesquels il travaille : le « Système de Riziculture Intensive » (SRI).

Ce système est fondé sur des techniques innovantes simples et une utilisation rationnelle de l’eau et des semences. Il permet une économie de près de 40% d’eau et une augmentation du rendement d’environ 30% par rapport à la riziculture traditionnelle.

Espérons que dans le futur, les paysans de chaque région du monde pratiquent, eux aussi, des méthodes culturales adaptées à leur contexte, et puissent ainsi assurer leur sécurité alimentaire tout en protégeant cette ressource précieuse qu’est l’eau.

Fanny Warsztacki, bénévole

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Article publié dans : News