Les alternatives sont-elles réservées aux « riches »?

Les alternatives sont-elles réservées aux « riches »?

Depuis des années, les alternatives fleurissent un peu partout à travers le monde. Mais ces alternatives sont-elles accessibles à toute la population ?

« Seulement pour les riches! » entendt-on souvent…

En Belgique, les alternatives au sein du système alimentaire tentent de se développer. Ainsi ont vu le jour l’agriculture biologique et les GASAP pour ne citer que ces alternatives-là. Cependant, elles sont perçues comme étant réservées à une classe sociale aisée. De fait, les produits qui en sont issus sont souvent chers : ils sont produits localement, selon des modes de production plus lents, avec une plus haute utilisation de la main-d’oeuvre et avec des risques de perte plus élevés dus à la non-utilisation de pesticides. Leur commercialisation peut aussi demander plus de temps au producteur ainsi qu’au consommateur. Cependant, les alternatives développées autour du monde montrent qu’il est possible de les rendre accessibles à tous.

Alternatives agricoles démocratiques : ça existe !

Le cas du Brésil, où suite à la demande pressante de différents mouvements sociaux, les politiques ont développé un plan national d’agroécologie, est un exemple particulièrement intéressant. Ces politiques sont nées grâce à l’impulsion d’un mouvement d’opposition à une agriculture moderne qui excluait des milliers de petits agriculteurs. Au fil du temps, l’agriculture écologique fut développée par d’autres catégories de professionnels (des agriculteurs néoruraux, des petits entrepreneurs, des entreprises associatives, des coopératives de production). L’institutionnalisation de cette alternative a permis qu’un plus grand nombre de consommateurs ait accès à des produits de qualité respectueux de l’environnement. Beaucoup d’autres pays du Sud, comme le Maroc, développent des alternatives afin de permettre aux populations les plus pauvres de bénéficier d’une alimentation variée tout en garantissant un revenu décent à la petite paysannerie.

Les alternatives ne sont donc pas nécessairement réservées à une classe particulière de la population. Elles s’orientent en fonction de l’objectif visé. Ainsi, en réaction aux critiques et pour pallier l’exclusion des plus pauvres et affirmer à nouveau une rupture avec le système dominant, de nouvelles alternatives plus démocratiques et inclusives commencent à émerger, aussi en Belgique ! Ne nous arrêtons donc plus à cette critique qui semble dépassée.

Ysaline Carlier, bénévole

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