Les femmes et la terre : union d’énergies nourricières

Les femmes et la terre : union d’énergies nourricières

Le besoin de renforcer financièrement des projets agricoles portés par des femmes est une réalité au Nord comme au Sud, avec des enjeux évidemment bien différents.

 

 

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L’appel à projet « Quand les femmes valorisent la terre » lancé par la province du Luxembourg a récompensé 21 femmes agricultrices en ce début janvier.

Une enveloppe de 15.000 euros servira à soutenir des projets très divers dont le dénominateur commun est de dynamiser les exploitations paysannes de cette province du sud du pays.

Grâce à cette aide, une des lauréates, Cindy Asselborn de Fauvillers parviendra peut-être à assurer un temps plein au sein de l’exploitation familiale. Elle souhaite en effet développer un circuit court pour la vente de viandes ovine et bovine produites par la ferme.

C’est un souffle d’espoir pour la pérennité des exploitations familiales dont le nombre ne cesse de baisser depuis 1980. À cette époque en effet, la province de Luxembourg comptait 7411 fermes. Aujourd’hui, ce chiffre est descendu à 2354.

En outre, un pas de plus est franchi vers un équilibre plus juste entre femmes et hommes dans ce contexte agricole que l’on sait majoritairement masculin.

Ailleurs

Les femmes agricultrices sont partout plus vulnérables. Elles sont rarement propriétaires des terres qu’elles cultivent. Dans les pays en développement le bien-être de la famille tout entière dépend pourtant très souvent de leur travail.

Que ce soit le PAM (Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies) en Afghanistan ou SOS Faim au Sénégal, des programmes d’aide sont en cours et se traduisent pour la plupart en formation et soutien à l’entrepreneuriat féminin.

C’est ainsi que le PDIF (Programme Intégré de Développement de Fatick) soutient des projets portés par des femmes de la région. Les femmes représentent la majorité de la population dans les zones rurales. Elles effectuent 85% des travaux agricoles et représentent deux tiers des effectifs dans le petit commerce. Pourtant, elles sont sous-représentées dans les sphères décisionnelles. D’où l’importance de les soutenir !

Ensemble

« Nous, les agricultrices du Nord et du Sud, nous devons nous informer et nous former. C’est cette bataille qu’il faut mener pour combattre les inégalités » insiste Marianne Streel, présidente de l’Union des Agricultrices Wallonnes.

Cette revendication a trouvé écho dernièrement dans la charte d’Abu Dhabi signée en 2014 lors de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale. En effet, ce texte revendique entre autres l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Si cet événement est essentiellement symbolique, on espère qu’il dépassera le stade des intentions écrites et se traduira par des actes constructifs et solidaires.

Pour en savoir plus :

Défis Sud n°121: « Genre et transformations de l’agriculture familiale »
Dajaloo n°40 : « Elles assurent! »
Dynamiques Paysannes 30-31 : « Programme de développement intégré de Fatick (Sénégal): une dynamique d’animation du territoire à renforcer« 

Article publié dans : News