Les femmes sont responsables de la moitié de la production alimentaire mondiale et pourtant…

Les femmes sont responsables de la moitié de la production alimentaire mondiale et pourtant…

Les femmes assument une multitude de rôles dans le milieu agricole dont certains sont essentiels à la sécurité alimentaire et au bien être de la famille. Pourtant leur contribution au développement de l’exploitation familiale est entravée par de nombreuses discriminations.

 

Un des enjeux majeurs pour améliorer le bien être familial et la sécurité alimentaire serait donc de renforcer les droits de la femme et les mettre en application !

Les principales contributions de la femme dans le milieu agricole

Dans les pays en développement, le travail des femmes est essentiellement voué à l’agriculture vivrière. Elles fournissent 60 à 80% de la production alimentaire familiale. Elles jouent ainsi un rôle prépondérant dans la sécurité alimentaire mais également, de par leur savoir, dans la préservation de la biodiversité et des cultures ancestrales. Elles se consacrent également beaucoup aux activités de transformation de la production (huile, décorticage du riz, fromages, etc.) ou à l’artisanat. Pourtant, malgré l’importance de leur fonction, les femmes sont confrontées à de nombreux obstacles qui nuisent au bien être de leur famille et de la société en général.

Les droits bafoués des femmes

Dans leur rôle d’agricultrice

•Les femmes ne détiennent que 2% des terres •Seulement 5% de tous les services de vulgarisation agricole à l’échelle mondiale sont dispensés aux femmes •En Afrique, seuls 10% des crédits agricoles sont octroyés aux femmes

•Les femmes ne détiennent que 2% des terres
•Seulement 5% de tous les services de vulgarisation agricole à l’échelle mondiale sont dispensés aux femmes
•En Afrique, seuls 10% des crédits agricoles sont octroyés aux femmes

Les femmes représentent 43% de la main d’œuvre agricole dans les pays en développement. Pourtant elles ne disposent pas des mêmes moyens de production que les hommes (semences, terre, formation, crédit…) et cette discrimination n’est pas sans conséquence. Selon l’organisation des Nations Unies, le rendement agricole des exploitations familiales pourrait être augmenté de 20 à 30% si les femmes avaient le même accès aux ressources productives que les hommes. Cela permettrait de réduire de 12 à 17% le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Et ces chiffres pourraient certainement être revus à la hausse si les programmes de recherche s’intéressaient à l’amélioration des techniques pour les cultures vivrières, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Les femmes endurent par ailleurs de pénibles conditions de travail. En Asie et en Afrique, des études ont montré qu’elles travaillent jusqu’à 13h de plus par semaine que les hommes. Et ceci pour des revenus nettement inférieurs, jusqu’à 50% de différence. Elles ne bénéficient pas non plus d’un bon accès au marché. Car, ce sont souvent les hommes qui sont responsables de la commercialisation. Il n’est pas rare de voir que dans une famille les animaux élevés par la femme sont exclusivement vendus par l’homme…

Dans leur rôle de mère de famille

Très investies et dévouées dans leur rôle de mère et d’épouse, les femmes sont prêtes à de nombreux sacrifices pour le bien-être de leur famille :

• A l’inverse des hommes, les femmes consacrent l’essentiel de leurs revenus agricoles et artisanaux aux besoins du ménage.

• Elles sont prêtes à renoncer à certaines denrées au profit des enfants ou du mari comme le démontre ce témoignage d’une femme bolivienne : « Moi, je peux me passer de viande, mais les enfants et mon mari, ils m’en réclament, alors j’en achète un peu, je leur en donne moins… Moi ? Je me sers plutôt de la salade, du riz, ou je ne mange pas ».

• La femme gère également de nombreuses tâches ménagères : en moyenne, les femmes et les filles consacrent plus d’une heure par jour à ramasser des combustibles et à transporter l’eau nécessaire pour la préparation des repas. Et, en fonction des communautés et de la localisation, cela peut même représenter jusqu’à 4 heures par jour.

Le constat est évident : renforcer les droits de la femme constitue un moyen essentiel pour améliorer le bien être familial et la sécurité alimentaire. Alors, il est temps d’agir pour la reconnaissance du statut des femmes dans le milieu agricole et leur implication dans les processus décisionnels. Les résultats n’en seront que positifs, pour tous !

En savoir plus 

Découvrez le numéro du Dajaloo « Elles assurent » consacré entièrement aux femmes.

Découvrez le portrait de Ndioufa,  qui depuis le décès de son mari, est devenue chef de l’exploitation familiale.

 

 

 

Article publié dans : News