Nourrir et s’unir pour résister et s’adapter

À la question, « pourquoi les agriculteurs peuvent-ils être fiers ? », la réponse de SOS Faim est :  « parce qu’ils nourrissent le monde ».

Ils peuvent l’être parce qu’ils résistent à un contexte qui n’est favorable ni au Nord, ni au Sud. Ils ne font pas que résister d’ailleurs, ils s’adaptent avec beaucoup d’humilité pour trouver des solutions à leurs problèmes et continuer leur activité. 

Chez nous, on parle d’agriculteurs. En Afrique et en Amérique du Sud, ce sont des paysans, des campesinos et des producteurs que SOS Faim accompagne. Quel que soit le terme utilisé, on retrouve un dénominateur commun qui indique que des personnes produisent des denrées alimentaires. Et derrière ces personnes c’est finalement tout un modèle de production que l’on retrouve : l’agriculture familiale.

L’agriculture familiale à la base de 60 à 80% de notre alimentation

L’agriculture familiale produit 60% de l’alimentation consommée dans le monde. Dans les pays du Sud, cela représente même jusqu’à 80%.

Dans ces pays, on produit d’abord et avant tout pour se nourrir. Les surplus sont ensuite vendus pour dégager un revenu et subvenir aux autres besoins de la famille: santé, éducation, etc.

Produire mais aussi gagner sa vie

Aliou, producteur de riz malien, espère tirer un revenu en vendant une partie de sa production. Un revenu au caractère incertain car il n’est pas seul sur le marché. Aujourd’hui, la concurrence est mondiale et c’est le prix le plus bas qui dicte sa loi. Parviendra-t-il à vendre son unique sac de riz à un prix décent, sachant que le riz thaïlandais est moins cher ?

Aliou s’est affilié à un syndicat de riziculteurs pour défendre ses droits mais aussi mettre en commun sa production avec d’autres. Ensemble, ils disposent d’une marge de manœuvre plus importante pour négocier les prix.

Sécuriser sa ressource première : la terre

Ndioufa dispose d’un droit d’usage sur sa terre, comme la plupart de ses concitoyens sénégalais. L’État peut à tout moment reprendre la terre qu’elle cultive depuis des décennies.

En tant que membre d’une organisation paysanne, Ndioufa a réussi à faire reconnaître les terres sur lesquelles elle travaille auprès des autorités locales et ainsi sécuriser son périmètre foncier.

L’accès aux services financiers est tout aussi incertain pour cette cheffe d’exploitation. Les banques ne prêtent pas aux paysans, ils ont des revenus trop instables. Elles sont aussi peu présentes en zone rurale. Heureusement, des institutions de microfinance pallient ces manques. Avec un micro-crédit, Ndioufa peut investir dans ses prochaines cultures de mil, d’oignon et d’arachide. Autre avantage, la caisse rurale est installée dans son village, c’est donc aussi un gain de temps et d’argent.

Environnement pas très amical

Quant à Mireille, productrice de bananes en République démocratique du Congo, l’enjeu pour elle est plutôt d’acheminer sa production vers les villes sans dégrader sa marchandise. Une tâche difficile sans moyen de transport et étant donné l’état des routes.

Avec son organisation de base, Mireille et les autres producteurs de sa zone ont mutualisé leurs moyens et ont contractualisé un camion qui achemine à présent leur production vers la ville voisine.

Unir leurs forces pour résister

Les paysans ont de tout temps fait preuve d’une énorme résilience. S’adapter à un environnement en mutation, trouver des solutions pour pallier le manque d’infrastructures et de services financiers, s’organiser pour être plus forts et bénéficier de services sont autant de stratégies qu’ils ont mis en place pour résister à un contexte difficile et poursuivre leur activité agricole.

Dans notre travail d’accompagnement auprès des producteurs africains et sud-américains, nous mesurons l’importance et la nécessité de cette union pour être plus forts. Les agriculteurs du Nord et du Sud l’ont compris, c’est ensemble qu’ils s’en sortiront et continueront leur beau métier.

Rédaction : Clémentine Rasquin (SOS Faim)

Retrouvez plus d’infographies, témoignages et capsules vidéo sur notre plate-forme de l’agriculture familiale : www.agriculturefamiliale.org

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