SOS Faim et EXKi s’associent pour soutenir les producteurs de café boliviens

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Depuis 2003, SOS Faim appuie l’Association des Organisations de Producteurs Biologiques de Bolivie (AOPEB), une fédération d’envergure nationale qui regroupe 85 organisations (principalement des organisations de producteurs biologiques), pour environ 70 000 membres. La nature des appuis de SOS Faim à l’AOPEB a évolué au fil des années et depuis début 2014, dans le cadre de notre programme actuel cofinancé par le ministère de la coopération au développement (DGD), ils sont de 2 types :

– activités de plaidoyer pour des mesures favorables à la production et à la consommation de produits biologiques en Bolivie (activités menées depuis La Paz) ; et

– accompagnement de producteurs de café de Caranavi vers une transition Agroécologique.

C’est dans le cadre de cette 2e activité que s’inscrit le partenariat entre SOS Faim, EXKi et Coffee Team.

cafe2La province de Caranavi (nord du département de La Paz) concentre 90% de la production de café en Bolivie. SOS Faim, en partenariat avec AOPEB, y mène un programme d’accompagnement de producteurs vers le renouvellement de plants de café de manière agroécologique :

– 49 producteurs de café provenant de 11 organisations de producteurs de la zone 1 sont accompagnés par l’AOPEB (agence régionale de Caranavi) durant 3 ans (2014 à 2016) ;

– essentiellement des jeunes et des femmes, avec un esprit « entrepreneur » et prêts à s’investir à moyen terme pour renouveler leurs plants de café avec une approche agroécologique ;

– l’appui de l’AOPEB consiste en une combinaison de formations sur des champs-écoles, et d’assistance technique sur la parcelle des producteurs ; et

– par ailleurs, parmi les 49 producteurs, 30 suivent, en plus, une formation à l’économie solidaire et la gestion de coopérative, constituée de 8 modules de formation.

Zoom sur le Système d’Agro-Foresterie

cafe3La technique utilisée est le Système d’Agro-Foresterie (SAF), une pratique agroécologique traditionnelle caractérisée par l’association de cultures : les plants de café sont combinés à des cultures vivrières telles que le maïs, les fèves, l’ananas ou les agrumes (selon l’altitude et les caractéristiques du terrain). Le café étant une culture sous couvert qui a besoin d’ombrage, la combinaison avec d’autres espèces arborées associées lui est naturellement favorable : elle permet l’apport de nutriments pour améliorer la fertilité du sol, et vient réguler le micro-climat.

Au final, le projet vise à répondre à plusieurs enjeux :

– économique : il vise à augmenter la productivité des plants de café et donc, à améliorer les revenus des producteurs et en même temps la capacité à alimenter le marché de café certifié. Les sources de revenus sont également diversifiées, par l’association avec d’autres cultures qui peuvent être commercialisées. Cette diversification vise dans le même temps à réduire les risques agricoles et financiers liés à la monoculture ;

– social : dans une zone fortement touchée par l’exode rural, il vise à maintenir les jeunes dans la zone en redonnant du sens à une activité agricole et entrepreneuriale rémunératrice ;

– alimentaire et nutritionnel: les cultures associées au café (maïs, Fèves, etc.) sont consommées par les producteurs et leur famille, et le surplus est vendu sur le marché local. Dans un contexte où la culture de la coca est plus séduisante pour les producteurs parce que plus rémunératrice et qu’elle donne plusieurs récoltes par an, le fait d’associer des cultures vivrières peut concurrencer la culture de la coca et améliorer la disponibilité d’aliments de qualité au niveau local ; et

écologique : dans une zone vulnérable au changement climatique qui connaît des dérèglements et l’apparition de nouvelles maladies, le système d’agroforesterie permet de pallier ces effets en protégeant la parcelle de ces phénomènes.

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