Réseau des Greniers de Sécurité Alimentaire – RGSA

Des périodes de soudure particulièrement difficiles dans le nord du Burkina Faso

Dans le nord du Burkina Faso, la saison des pluies étant si brève et les parcelles cultivables trop petites, la plupart des familles paysannes de cette région produisent de quoi se nourrir seulement pendant les premiers mois de l’année. Une fois que le stock de céréales est épuisé, elles sont confrontées à d’importantes difficultés pour se nourrir. C’est ce que l’on appelle la période de « soudure ». Dans les villages isolés, la période de soudure est une période de grande incertitude qui s’aggrave encore plus pendant la saison des pluies, qui rend les pistes impraticables et donc les déplacements très difficiles.

Une solution ? Des greniers de sécurité alimentaire

La Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN) a mis en place le Réseau des Greniers de Sécurité Alimentaire (RGSA) dont l’objectif est de soutenir les « greniers de sécurité alimentaire » (GSA) pour organiser la commercialisation de denrées de base dans les villages confrontés à l’insécurité alimentaire en période de soudure. Les GSA sont des magasins communautaires gérés bénévolement par des villageois motivés mais leur activité est souvent limitée par le manque de capital de travail. Le RGSA soutient les GSA à travers l’octroi de crédits et l’appui technique pour améliorer la gestion des approvisionnements, des stocks, de la comptabilité, etc.

RGSA centre

SOS Faim et le RGSA

SOS Faim soutient le RGSA depuis 2002. Il s’agit d’un soutien financier combiné à la participation active à la conception du mode d’intervention du RGSA, notamment à travers la mise en œuvre d’une assistance technique externe.

Des résultats encourageants !

Ces dix dernières années, le nombre de GSA est passé de 234 (dont beaucoup étaient inactifs) à 399 (dont 350 jugés « actifs »), le volume commercialisé (par an) de céréales est passé de 306 tonnes à 4.250 tonnes. Parallèlement, l’offre s’est diversifiée : les denrées autres que les céréales (huile, niébé, etc.) dont les ventes étaient insignifiantes en 2002 constituent maintenant près de 20% du chiffre d’affaires des GSA. Le nombre de bénéficiaires est estimé à environ 700.000 personnes.

Quelles perspectives ?

Le RGSA est actuellement engagé dans un processus d’institutionnalisation à l’issue duquel il doit se muer en une entité autonome, sous la forme d’une coopérative dont les membres seront les unions promotrices de GSA, la FNGN et SOS Faim. Une réflexion est également en cours pour redéfinir les modalités de l’octroi de crédits « fonds de roulement », afin de mieux s’adapter aux besoins des GSA.
Enfin, on vise à renforcer les capacités de gestion de tous les acteurs du système afin d’améliorer la qualité des services fournis tout en réduisant la dépendance du système vis-à-vis de financements extérieurs