Nourrir sa famille, un enjeu de taille au Sénégal

Spéculation sur les matières premières, migration, changements climatiques, famines…autant de thèmes à la mode dans nos médias. Face à ces enjeux qui nous concernent tous, Jean-François Michaux, maître assistant à la catégorie agronomique de la Haute Ecole de la Province de Liège, a accompagné, début octobre, une délégation de l’ONG SOS Faim en mission au Sénégal afin de rencontrer les organisations paysannes qui œuvrent sur le terrain.

Huit heures du matin, le thermomètre du pick up qui nous emmène à Fiselle affiche déjà 33° ! Et pourtant, dans les champs de mil que nous traversons à perte de vue, les paysans s’affairent déjà à récolter les derniers épis. Il faut dire que la récolte de cette année a été assez longue grâce à la générosité de la saison des pluies qui a dopé les rendements. Ce qui est assez inattendu puisque cette région du Sénégal souffre de plus en plus des effets du changement climatique et particulièrement des sécheresses à répétition !

À peine arrivés au village, quelques dizaines d’enfants nous accueillent, un sourire radieux aux coins des lèvres. « Toubab, toubab » (mot utilisé en Afrique de l’Ouest pour désigner une personne à peau blanche), crient-ils en s’accrochant à notre remorque.

Dans la cour de la maison familiale le bruit du pilon augure déjà le bon thiéboudiène, plat national du Sénégal, qui nous sera offert à midi. Nous sommes chez Moussa, un agriculteur, membre de l’organisation paysanne URAPD (Union Régionales des Associations Paysannes de Diourbel). Cette association est membre de la FONGS, fédérations des ONG du Sénégal qui est un partenaire privilégié de SOS Faim Belgique.

Nourrir sa famille : un enjeu de taille en Afrique

Moussa, peut compter sur l’appui de ces organisations paysannes afin de nourrir les 38 bouches qui composent sa famille !

Moussa est de ceux qui ont compris les bienfaits de l’agroécologie et de la diversification des cultures dans le contexte actuel de la mondialisation et de l’économie de marché.

Pendant la pgraphe_budget_menageériode de soudure, période durant laquelle les stocks de la culture précédente sont épuisés, les agriculteurs dépendent énormément des produits importés, qui subissent une forte spéculation et par conséquent une envolée des prix et donc des coûts des ménages pour se nourrir.
Si chez nous en Belgique, le budget consacré à l’alimentation est de moins de 20% en Afrique il oscille entre 60 et 80%. C’est dire à quel point toute augmentation des prix peut faire basculer une famille dans la pauvreté et la faim.

 

Jean-François Michaux

Maitre-assistant Catégorie Agronomique
Haute Ecole de la Province de Liège

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