Olivier Hauglustaine, un nouvel ADN dans la famille SOS Faim

Depuis le 4 mai, Olivier Hauglustaine a pris ses fonctions en tant que nouveau Secrétaire Général de SOS Faim. Qui est-il ? Quel fut son parcours ? Quelle citation l’inspire ? Pourquoi SOS Faim ? Quels sont les enjeux du secteur de la coopération au développement ? Comment SOS Faim devrait se positionner pour se maintenir dans ce paysage ?

Peux-tu décrire ton parcours en deux mots ?

J’ai d’abord étudié les Sciences économiques puis le journalisme. Dans un second temps, je me suis formé aussi en Gestion-marketing à l’ICHEC. J’ai d’abord travaillé dans le secteur privé à la création d’entreprises et à l’augmentation des systèmes de production. J’ai ensuite décidé de changer d’activité pour être plus en cohérence avec mon ADN. Nous nous sommes ensuite installés quatre ans en famille au Sénégal. Cela fait 15 ans que j’œuvre dans le secteur de la coopération au développement. De retour en Belgique, j’ai travaillé dans les secteurs de la consultance et de la santé publique. Récemment, j’ai collaboré à la création de la revue 24h01’.

Quel proverbe te guide dans la vie ?

C’est plutôt une citation qu’un proverbe, celui de Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Cette phrase caractérise bien mon parcours depuis une vingtaine d’années.

Pourquoi as-tu choisi de t’engager aux côtés de SOS Faim ?

Ce qui me séduit dans SOS Faim c’est l’urgence de la cause défendue, cause centrale pour l’humanité. C’est permettre aux pays du Sud de se développer savamment, intelligemment. C’est aussi conscientiser et faire en sorte que les pays du Nord changent d’attitudes, de modèle. En ce sens, la société civile, incarnée par SOS Faim a un rôle à jouer.

Quel chantier souhaites-tu entreprendre ?

Un chantier lié à la communication et au positionnement de SOS Faim. Dans le prisme de changement de modèle nécessaire, il importe que notre ONG se positionne comme acteur de changement. Nous voulons donner des clés de lecture et de compréhension aux citoyens du Nord. En parallèle, le chantier consiste approfondir nos partenariats avec le Sud.

Selon toi, quels sont les grands enjeux du secteur de la coopération au développement ?

Nous ne sommes plus du tout dans un clivage nord-sud ou post colonialiste. Le monde est en constante interconnexion ; les enjeux qui en découlent sont avant tout globaux. A ce titre,  Jean Ziegler cite un exemple marquant: la multinationale Cargill décide « d’attaquer » le marché camerounais du poulet. Traditionnellement, les petits commerçants locaux y vendent du poulet grillé venant des campagnes. Cargill industrialise la production de poulets en Indonésie et les revend ensuite à grande échelle au Cameroun. Ils ont tué le marché local du poulet en 6 mois ! Voila l’impact de certaines politiques libérales. Le secteur de la coopération doit investir dans des actions de plaidoyer.

Dans un tel contexte, comment doit se positionner SOS Faim dans le paysage des ONG ?

SOS Faim doit rester une organisation non gouvernementale qui est force de proposition. Notre légitimité vient de notre position documentée, juste et cohérente dans le paysage de la coopération au développement. C’est en renforçant cette position légitime que l’opinion publique et les bailleurs de fond continueront à nous suivre.

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