Our Land, Our Business : stop aux accaparements des terres !

Planter des légumes dans les bureaux (fictifs) de la Banque mondiale, voilà la drôle d’idée réalisée le 25 mars dernier par des citoyens et des ONG – dont SOS Faim – devant la Tour des Finances à Bruxelles. Objectif ? Dénoncer l’accaparement des terres encouragé par la Banque mondiale à travers son étude «Benchmarking the Business of Agriculture – BBA».

Un classement scandaleux

Il existe des milliers de classement absurdes ou néfastes dans le monde, mais certains sont carrément scandaleux de la part d’institutions censées s’occuper de développement. C’est le cas du BBA réalisé actuellement par la Banque mondiale.

Le BBA, c’est l’élaboration d’une grille d’analyse permettant de répertorier les pays en fonction de la facilité d’y faire des affaires dans l’agriculture. Ce projet doit permettre d’identifier et de comparer les politiques et réglementations qui favorisent le « climat des affaires » pour les investisseurs étrangers dans le secteur agricole : baisse du taux d’imposition, suppression des taxes sur les exportations, réduction des procédures administratives, limitation des régulations environnementales et sociales… En résumé, moins le cadre réglementaire est strict, meilleur est le score du pays ! En cours de réalisation, le BBA devrait évaluer et classer 80 à 100 pays d’ici fin 2015.

Malgré l’emploi d’une rhétorique favorable aux petits paysans, le but de ce nouveau classement centré sur l’agriculture est bien clair : mettre les États en concurrence en vue d’être toujours plus favorables aux investissements étrangers dans les secteurs agricoles. Or, les mesures prises en faveur des investisseurs de l’agrobusiness coïncident rarement avec les préoccupations locales et particulièrement celles des agriculteurs familiaux dans les pays du Sud. Au contraire, elles encouragent les accaparements de terres, déjà largement répandus dans les pays les plus pauvres, qui sont aussi ceux les plus peuplés d’agriculteurs. Elles détricotent également toutes les normes environnementales, sociales ou fiscales…

Our land texte

Conférence annuelle de la Banque Mondiale « Terre et pauvreté »

Fin mars, quelques technocrates de la Banque mondiale se réunissaient pour discuter des politiques foncières mondiales, à l’occasion des la conférence annuelle « Terre et Pauvreté ».

Des organisations du monde entier ont voulu dénoncer cette imposture en organisant des actions de mobilisation partout dans le monde : « ces discussions se tiennent de manière opaques et non démocratiques, dans une vision de marchandisation des terres agricoles mondiales et alors que chaque année des nouveaux cas démontrent l’implication de la Banque mondiale dans les accaparements de terres ».

En Belgique, l’action symbolique menée a voulu illustrer la résistance des paysans, mouvements sociaux et autres organisations de la société civile : « Vous faites du business avec l’agriculture, nous allons faire de l’agriculture sur votre business ! ». Des kilos de terre ont ainsi été déversés sur des bureaux de la Banque mondiale et de représentants effrayés. Découvrez la vidéo de l’action

En savoir plus? 

Sur la campagne internationale « Our land, our business »

Lancée à l’initiative de l’Oakland Institute, cette campagne rassemble plus de 235 organisations signataires de par le monde. Indignées, celles-ci demandent que la Banque mondiale mette fin aux indicateurs Doing Business et BBA, des outils qui ne servent qu’à faciliter l’accès et l’exploitation des ressources naturelles à des fins industrielles.

 

Le cas  Senhuile-Sénéthanol, un exemple concret d’accaparement des terres :

La vidéo du Cas Senhuile-Sénéthanol

L’étude Sénuile-Sénéthanol