SOS Faim
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L’agriculture biologique : lutter contre la pauvreté et respecter l’environnement

En Bolivie, les filières de commerce équitable et de produits biologiques commencent à se développer à partir de 1985. Afin de structurer ce secteur naissant, l’Association des Organisations de Producteurs Ecologiques de Bolivie (AOPEB) est créée en 1991. Elle a été le premier mouvement en faveur d’une agriculture agroécologique dans ce pays et est moteur dans le développement des formes d’agriculture durable.

Aujourd’hui, l’AOPEB fédère 85 membres, en majorité des associations de producteurs biologiques et des entreprises éco-sociales, regroupant un total de 70 000 producteurs biologiques répartis dans les 9 départements du pays, dont environ la moitié sont des femmes.

L'AOPEB ET SOS FAIM

SOS Faim et l’AOPEB sont partenaires depuis 2003.

L'appui actuel de SOS Faim concerne principalement deux volets du travail de l’AOPEB :
- le plaidoyer pour un cadre légal favorable à l'agroécologie et à la consommation responsable,
- l’accompagnement de producteurs de café de la zone de Caravani vers une transition agroécologique.

Cet appui consiste en un programme d’accompagnement des producteurs vers le renouvellement de plants de café en un système d'agroforesterie. Il inclut des formations sur des champs-école, des visites d’échange et de l’assistance technique in-situ.

L'AOPEB a également développé une école de formation à la culture agroécologique du café, destinée en particulier aux jeunes producteurs et incluant des modules sur l’économie solidaire et la gestion de coopératives.

Des résultats encourageants

Au fil des années, l’AOPEB a acquis une légitimité importante et se positionne comme un interlocuteur de l’état sur les questions agricoles. Elle est actuellement l’un des mouvements paysans nationaux les plus consolidés et, à ce titre, elle est un acteur de référence pour agir en faveur de la mise en place des lois favorables à l’agriculture familiale durable. En particulier, ses capacités d’influence ont réussi à redynamiser le CNAPE (Comité National de Production Ecologique), unité mixte publique-privée dépendant du gouvernement destinée à élaborer des propositions en faveur de l’agriculture durable.

Le programme de renouvellement de plants de café en système d’agro-foresterie en est à sa troisième phase et connaît un important engouement de la part des producteurs. Ce système permet d’améliorer la productivité des plants, la capacité de résilience face aux maladies et attaques, de diversifier leur alimentation par la consommation de cultures associées et d’améliorer leur revenu en en vendant l’excédent sur les marchés locaux.

Par ailleurs, grâce à un partenariat de SOS Faim noué avec Exki, Coffee Team et Café Liégeois, les producteurs, et notamment les jeunes, des zones rurales bénéficient d’un soutien dans leur volonté d’entreprendre : un concours organisé tous les deux ans récompense les producteurs les plus engagés dans leurs pratiques agroécologiques et les encourage à compléter leur activité de production de café par d’autres cultures associées pour diversifier leurs sources de revenus.

QUELLES PERSPECTIVES ?

Au niveau politique, face au poids croissant du secteur de l’agro-business, en particulier à l’est du pays, l’AOPEB devra poursuivre son travail de plaidoyer en faveur de l’agroécologie et de l’agriculture familiale durable. Ce plaidoyer est mené au niveau national mais également au niveau local par la mise en place de « communes écologiques ».

Le programme d’implémentation de systèmes d’agroforesterie dans la zone de Caranavi cherche à accroître toujours plus le nombre de producteurs impliqués dans une transition agroécologique. SOS Faim s’attachera avec l’AOPEB à dégager des enseignements sur la mise en place de ce système pour en diffuser les bonnes pratiques, étendre l’échelle d’application et alimenter le plaidoyer en faveur de l’agroécologie.