SOS Faim
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Face à un Etat qui se désengage, les organisations paysannes se structurent

Au Mali, le secteur agricole emploie la majeure partie de la population active, mais contribue faiblement à l’économie nationale. Les causes des mauvaises performances du secteur agricole sont principalement les aléas climatiques, la mauvaise organisation des filières, le manque d’équipements des paysans ou encore à l’accès insuffisant à l’information et au crédit.

C’est pourquoi, dans les années 90, un mouvement associatif rural s’est mis en place au Mali afin de relayer l’Etat dans l’encadrement des paysans.

S’unir pour renforcer l’activité agricole

Pour pouvoir se positionner comme interlocuteur unique et légitime face à l’Etat, les organisations paysannes devaient s’unir, d’où la création de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP). Reconnue depuis 2004, la CNOP se veut un espace de réflexion et de concertation, afin de renforcer la collaboration et les échanges entre les organisations paysannes du Mali.

L’objectif de la CNOP est de faire de l’agriculture malienne le levier du développement économique, social et culturel du pays. Elle exerce un important travail de plaidoyer (promotion des Exploitations Familiales Agricoles, de l’agroécologie) et d’information (mise en place d’un observatoire des Exploitations Familiales Agricoles).

CNOP & SOS FAIM

Le partenariat entre la CNOP et SOS Faim a débuté en 2006. SOS Faim apporte un soutien technique et financier à la mise en place et au fonctionnement de l’observatoire de la CNOP sur les Exploitations Agricoles Familiales (EAF). Nous contribuons également financièrement au fonctionnement de la CNOP (salaires, location de bâtiment, frais de fonctionnement) et soutenons les activités liées à la diffusion des pratiques agroécologiques.

Des résultats encourageants

La loi foncière agricole, promulguée en 2017, témoigne de l’efficacité de l’action de la CNOP. En effet, cette loi a renforcé les aides agricoles qui avait été définies par la loi d’orientation agricole en 2006 :

  • Mettre en place des commissions foncières pour décentraliser la gestion foncière agricole et impliquer les populations
  • Délivrer des attestations de possession foncière pour sécuriser les droits fonciers, individuels et collectifs, des fermes familiales et des entreprises agricoles

La CNOP organise aussi chaque année une rencontre des relais paysans qui sont formés à l’agroécologie et qui promeuvent ces méthodes de production respectueuses de l’environnement. En 2017, 578 relais paysans faisaient partie du réseau.

Enfin, la CNOP organise deux fois par an les rencontres de la plateforme nationale sur l’agroécologie paysanne. Elle dispose d’un Centre International de Formation en Agroécologie Paysanne Nyeleni de Selingué (CIFAN).

Quelles perspectives ?

Dans les années à venir, la CNOP a pour objectif de renforcer son plaidoyer en faveur de la prise en compte des exploitations familiales agricoles dans les politiques agricoles. Elle souhaite assurer le suivi des décrets d’application de la loi foncière agricole, notamment sur la constitution des commissions foncières villageoises.

Enfin, la CNOP souhaite former de nouveaux relais paysans en agroécologie.

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