Plaidoyer des organisations de producteurs d’Afrique de l’Ouest pour réformer l’OMC

Tel est l’intitulé du document de plaidoyer rédigé par les 13 plates-formes paysannes d’Afrique de l’Ouest membres du ROPPA (Réseau des Organisations & de Producteurs d’Afrique de l’Ouest) en vue de revendiquer une réforme de l’OMC et de reconstruire les politiques agricoles en fonction de la souveraineté alimentaire.

Ce document fait suite à la tenue de la dixième Conférence ministérielle de l’OMC organisée à Nairobi (Kenya) du 15 au 19 décembre 2015. Elle a abouti à l’adoption du « paquet de Nairobi », un ensemble de six décisions ministérielles sur l’agriculture, le coton et des questions relatives aux pays les moins avancés (PMA). La Conférence a été présidée par Mme Amina Mohamed, Ministre des affaires étrangères et du commerce international du Kenya.

La conférence à Naïrobi fait suite au cycle de Doha qui a pour but de libéraliser le commerce mondial en réduisant les barrières commerciales et en révisant les règles commerciales. Elle n’a abouti sur aucun accord des 162 pays membres de l’OMC.

« La sécurité alimentaire de l’Afrique de l’Ouest comme la résorption du chômage des jeunes ne seront assurés à moyen et long terme qu’en garantissant des prix agricoles rémunérateurs et stables, permettant aux agriculteurs d’autofinancer eux-mêmes la nécessaire hausse de production alimentaire. Cela suppose une hausse progressive de ces prix à la fois par des prélèvements variables à l’importation et pas des achats publics à des prix à des prix rémunérateurs dès la récolte en constituant des stocks publics qui seraient redistribués à des prix subventionnés aux consommateurs défavorisés. »

Pour que ces objectifs soient atteints, le ROPPA rappelle qu’il est indispensable que la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest, l’instance régionale) soit membre à part entière de l’OMC et parle au nom de ses 15 Etats membres et dispose de droits de douane agricoles consolidés qui lui permettent de faire varier ses droits appliqués en fonction du contexte économique.

Pour le ROPPA, il faut réformer l’OMC dans la perspective d’assurer la souveraineté alimentaire !

La souveraineté alimentaire constitue le droit de chaque pays de définir sa protection à l’importation et les niveaux et types de subventions agricoles sans dumping à l’exportation. Les pays peuvent choisir le libre-échange des produits pour lesquels ils n’ont pas le potentiel suffisant pour augmenter la production à des coûts raisonnables.

Dans cette perspective, le ROPPA revendique une révision de certaines règles de l’OMC, qui sont détaillées dans le document disponible ci-dessous.

On le voit, si on parle moins aujourd’hui de l’OMC, cette institution conditionne encore énormément l’avenir des paysans du Sud, mais aussi du Nord et sa réforme s’avère nécessaire pour dégager de réelles perspectives à l’agriculture familiale !

En savoir plus ?

Lire le document du ROPPA : Osons réformer l’OMC