Quand l’eau vient à manquer, les paysans souffrent !

Ce jeudi 22 mars, c’est la journée mondiale de l’eau dont l’objectif est d’attirer l’attention sur l’importance de l’eau et de promouvoir la gestion durable des ressources en eau douce.

L’occasion de rappeler le travail de SOS Faim et de ses partenaires face au manque d’eau en Afrique et en Amérique latine et de l’importance de vos dons pour faire face à cet enjeu majeur de l’agriculture. 

En ce jour, l’ONU rappelle que les dommages environnementaux, associés aux changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. Les inondations, la sécheresse et la pollution de l’eau sont aggravées par la dégradation de la végétation, des sols, des rivières et des lacs. Lorsque nous négligeons nos écosystèmes, il est plus difficile de fournir à tous l’eau dont nous avons besoin pour survivre et prospérer.

L’agriculture et l’eau

Le lien entre l’agriculture et l’eau est fondamental. Avec une consommation de 70% du volume d’eau douce prélevée dans le monde, elle est la principale utilisatrice de cette précieuse ressource.

Toutes les plantes ont besoin d’eau, et lorsque, dans certaines régions, les précipitations ne suffisent pas, c’est l’irrigation qui prend le relais. La gestion de la ressource hydrique dans le domaine agricole mérite dès lors une attention toute particulière. Sa bonne maîtrise peut notamment permettre une augmentation importante de la productivité, alors qu’une irrigation mal conduite peut générer, entre autres, la surexploitation et l’épuisement des ressources disponibles.

Afin d’éviter cela, il est primordial de considérer les quantités d’eau disponibles localement (via les précipitations et les rivières par exemple) et choisir les espèces à cultiver et les modes de production en fonction.

3 cas soutenus par SOS Faim

1. Le Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays enclavé et n’a pas de débouché sur la mer. Il n’existe qu’une seule saison des pluies, qui a lieu de juin à septembre et ne permet qu’une seule culture sur l’année. Même si des initiatives existent, la disponibilité en eau reste une préoccupation majeure pour le pays.

APIL (l’Association pour la Promotion des Initiatives Locales), partenaire de SOS Faim a mis en place en programme de dynamisation des cultures maraîchères pour renforcer les revenus des producteurs. C’est une activité qui vient s’ajouter à la culture du sorgho et du nié-bé, et qui se fait pendant la saison sèche. APIL aide ces maraîchers à aménager au mieux les terrains et à les irriguer à l’aide de motopompes et de tuyauteries. Ils sont également formés à une bonne utilisation des plans d’eau, à éviter les ensablements et la pollution de l’eau.

L’eau est donc un facteur essentiel dans le travail de APIL avec les communautés. Elle permet une production maraîchère qui renforce les revenus et la sécurité alimentaire. Avec l’eau, on renforce l’élevage, qui à son tour permet d’avoir du fumier pour fertiliser la terre et ne plus devoir acheter des engrais chimiques qui creusent les budgets familiaux. Avoir de l’eau à proximité des ménages, c’est également libérer les femmes rurales et développer les activités économiques.

2. La Bolivie

La Bolivie est non seulement l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud mais selon l’ONU il est également l’un des plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique. Le département de Cochabamba souffre d’un sévère déficit en eau depuis plusieurs années. Dans cette région qui a mené une « guerre de l’eau » en 2000 contre la privatisation de l’approvisionnement en eau potable, la population fait face à des rationnements et coupures courants.

Les agriculteurs familiaux doivent s’adapter à ce problème structurel par la mise en place de systèmes de collecte des eaux de pluie, la construction de petites infrastructures d’irrigation, l’installation de systèmes de micro-irrigation en gouttes à gouttes, etc.

Les cultures de la zone sont très diversifiées : légumes, fruits, céréales, légumineuses, etc. mais également de l’élevage : vaches laitières, petit élevage (volaille, cochons d’Inde). Ces cultures et activité d’élevage sont réalisées à petite échelle et contribuent à la sécurité alimentaire de la zone en étant consommées par les familles même et vendues sur les marchés locaux et régionaux.

SOS Faim, en partenariat avec l’ONG Ciudadania de Cochabamba, appuie les producteurs de la zone à la mise en place des différents systèmes d’irrigation, mais les accompagne également pour influencer davantage les élus locaux à cette problématique, qui est aussi d’ordre politique. En 2018, SOS Faim a prévu de financer 4 microprojets d’infrastructures en eau, qui bénéficieront à 100 familles (+/- 500 personnes bénéficiaires), pour un montant de 23 000 €.

3. Le Mali

L’enjeu majeur du Mali est de développer la production et la transformation nationale de riz. Seconde céréale alimentaire cultivée dans le monde, sa production est pratiquée dans un large éventail de conditions climatiques et hydrologiques. Cette diversité de conditions s’accompagne d’une large gamme de pratiques culturales, comme la riziculture inondée ou celle pratiquée sans submersion.

La riziculture irriguée, quant à elle, représente 75% de la production mondiale de riz et couvre 55% des superficies cultivées pour le riz. Ce mode de production consiste à maîtriser les entrées et sorties, ainsi que la hauteur de la lame d’eau dans la rizière. Différents systèmes ont été imaginés pour assurer le contrôle de l’eau.

Le Syndicat des Exploitants Agricoles de la zone Office du Niger (SEXAGON), partenaire de SOS Faim au Mali, tente de diffuser l’une de ces techniques auprès des paysans avec lesquels il travaille : le « Système de Riziculture Intensive » (SRI). Ce système est fondé sur des techniques innovantes simples et une utilisation rationnelle de l’eau et des semences. Il permet une économie de près de 40% d’eau et une augmentation du rendement d’environ 30% par rapport à la riziculture traditionnelle.